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L?escale réunionnaise de Jean Renat Anamah
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L?escale réunionnaise de Jean Renat Anamah
Enthousiasme renouvelé pour le danseur Jean Renat Anamah. Sa voix fait littéralement des bonds quand il nous parle de sa dernière expérience chorégraphique, celle de Saint-Denis Danses, festival qui s?est tenu du 28 novembre au 10 décembre à l?île s?ur.
? Aux USA, c?était l?aboutissement, à la Réunion, c?était un extraordinaire défi.? Ce dont il se souvient le plus : le regard de Carolyn Carlson, qui a animé la master class. ?Elle avait les yeux sur nous tout le temps. Elle ne nous a fait que des compliments, a parlé de nos qualités en danse, du travail qu?elle a trouvé épuré et juste. Cela fait du bien d?avoir une oreille pour parler de danse contemporaine, un créneau où nous sommes déconnectés à Maurice. Un mot est revenu souvent ?courageux?.
De la douzaine de troupes qui ont participé au festival, Jean Renat Anamah affirme que c?est avec celle du Burkina Faso, qu?il a établi le lien le plus fort. ?La compagnie Salia nï Seydou a remporté le prix Afrique Création en 1992, l?année de la création du prix?.
C?est avec Weelenii, l?appel que la troupe burkinabé a fait vibrer le danseur et chorégraphe mauricien. Sans doute a-t-il été sensible à une sorte d?effet miroir. Tout comme Salia nï Seydou, la troupe Anamah, ce sont trois corps sur scène. Tous livrés aux impératifs du mouvement.
C?est avec Natasha Petit et Steeve Rambhaujun, qu?il a participé à Saint-Denis Danses, où ils ont présenté Monts et Amonts le lundi 5 décembre au théâtre Vladimir Kanter à Saint-Denis. Pièce créée en août 2004 à l?île de la Réunion même, Monts et Amonts a déjà été présentée au théâtre du Séchoir à St-Leu, ainsi qu?au théâtre du Bambous à St-Benoît.
Interrogé sur son choix, Jean Renat Anamah a déclaré : ?Saint-Denis ne connaissait pas encore la pièce. L?idée vient des organisateurs du festival, qui a vu des extraits de Monts et Amonts à Maurice. Un public de festival est différent de celui d?un théâtre spécifique?.
Au contact des chorégraphes de l?île s?ur, le Mauricien a dit sans détour : ?Combien je les envie de bénéficier d?un encadrement important, notamment du programme pédagogique du conservatoire de danse de St-Denis, et des échanges avec la France. J?ai eu le sentiment que l?État soutient réellement ces initiatives, à travers les subventions à l?année et les résidences à l?étranger.?
Monts et Amonts a d?abord été présentée par bribes au public mauricien avant d?être dansée dans son intégralité en avril dernier, à l?occasion de la Journée internationale de la danse. Le festival Saint-Denis Danses s?est voulu un événement décentralisé aux quatre coins de la ville. Une manifestation ?éclectique, de qualité et accessible à tous?, avec une programmation ?riche et variée?. Le tout pour rehausser une discipline ?peu diffusée? à La Réunion.
Présence d?une étoile
Outre les expositions, conférences et projections de films et documentaires tournés autour de la danse, les participants ont pu profiter de cinq master classes destinées aux danseurs professionnels. Ces rendez-vous prisés étaient animés par Carolyn Carlson, Pascal Montrouge (récemment venu présenter L?histoire de Melody Nelson chez nous) et la compagnie burkinaise, Salia nï Seydou.
Pour sa part, la très attendue Carolyn Carlson est venue faire briller son titre d?étoile chorégraphe à l?Opéra de Paris, à Saint-Denis. Elle est également récipiendaire du prix Fenice de Venise.
Le déplacement de Jean Renat Anamah et de ses deux danseurs a été rendu possible grâce à une allocation du ministère des Arts et de la Culture, ainsi que du soutien du centre culturel Charles Baudelaire.
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