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Les élections de 1948, un tournant dans l?histoire de la colonie de Maurice

12 juin 2005, 20:00

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Nous sommes en 1947, à peine deux ans nous séparent de la fin de la seconde Guerre Mondiale, une guerre qui a fait pas moins de 50 millions de morts et de disparus et qui a duré six longues années (1939-1945).

A cette époque, très peu de Mauriciens, en apprenant l?entrée en guerre du pays aux côtés de la Grande-Bretagne avec l?Allemagne nazie, avaient imaginé que cet événement allait avoir des conséquences insoupçonnées sur le devenir de la planète Terre et que rien ne sera plus comme avant dans le pays.

Les empires occidentaux qui, après l?âge de la découverte au XVIe siècle se sont peu à peu érigés en puissances dominantes des peuples de par le monde, sont sortis si affaiblis au point d?être contraints de se plier aux diktats de leur libérateur, les Etats Unis d?Amérique. Le maître mot pour la reconstruction de l?Europe reste la décolonisation de leurs territoires.

Les premiers concernés furent la Grande-Bretagne, la France, la Hollande et le Portugal.

Qui l?eut cru, le Royaume Uni, maître des mers et d?un empire où, dit-on, le soleil ne se couche jamais, allait décider d?accorder, le 15 août 1947, l?indépendance au Royaume des Indes, joyau de l?empire, non sans avoir créé trios nouveaux États nommément l?Inde, le Pakistan et le Shri Lanka.

A Maurice, où les deux tiers de la population sont d?origine indienne, la classe politique est en émoi. Que deviendra la colonie de Maurice, qualifiée de petit territoire de l?empire mais qui compte déjà une population de 440 000 âmes ?

D?aucuns pensent que la ?cherished colony of his Majesty that shall always be?, pour prendre une expression employée par le Secrétaire d?Etat aux Colonies en 1921, pourrait mettre fin à l?épisode de la Rétrocession, projet qui voulait que l?ancienne île de France soit troquée en échange des comptoirs français de Pondichéry, Karikal et de Yanaon aux Indes pour redevenir française.

En 1947 un vent de changement était bien dans l?air dans le pays, puis, après 62, le pays allait connaître une nouvelle Constitution. La dernière en date, qui fut promulguée le 16 septembre 1885 sous le règne de la Reine Victoria, permit la tenue des vraies élections. Mais le projet de loi, connu comme loi Pope Hennessy, avait préconisé le vote censitaire de sorte que seulement environ 3% des gens ayant atteint âge de la majorité avaient droit au vote. En effet, ne pouvait voter à ces élections qui veut, car il fallait remplir des conditions bien définies, à savoir : (a) être propriétaire d?un immeuble non grevé, produisant un revenu de Rs300 annuellement, soit Rs 25 par mois, (b) posséder des biens meubles d?une valeur de Rs3000 et, (c) toucher des salaires mensuels de Rs50 et payer une licence ou taxe de pas moins de Rs 200 annuellement.

Au vu de ce changement constitutionnel, le Conseil du gouvernement, où ne siégeaient que des officiels et sept représentants from among the chief landed proprietors and principal merchants et les ex-officio members dès 1831, était modifié pour se composer de huit ex-officio members, de dix membres élus et de neuf nominés.

La loi Pope Hennessy avait été naturellement taillée sur mesure, quoi d?étonnant donc que ces élections étaient l?affaire des franco-mauriciens, d?une élite composée des hommes de couleur et d?une classe émergente de petits planteurs d?origine indienne peu enclins à se mouiller politiquement en faveur des uns ou des autres.

?En effet, ne pouvait voter à ces élections qui veut, car il fallait remplir des conditions bien définies, à savoir :(a) être propriétaire d?un immeuble non grevé, produisant un revenu de Rs300 annuellement, soit Rs 25 par mois, (b) posséder des biens meubles d?une valeur de Rs 3000 et, (c) toucher des salaires mensuels de Rs 50 et payer une licence ou taxe de pas moins de Rs 200 annuellement.?

La loi Pope Hennessy, qui resta en vigueur de 1886 à 1947, donna lieu à des élections sans histoire qui se déroulaient dans l?indifférence de la grosse majorité des habitants, si l?on fait exception des heurts qui eurent lieu en Janvier 1911 entre les partisans d'Eugène Laurent et ceux d'Armand Esnouf. Elles auraient pu avoir d?ailleurs des conséquences graves sans l?intervention des troupes de la Hong Kong and Singapore Royal Artillery.

Hormis cet épisode, qualifié de fâcheux entres les oligarques et les libéraux, les élections tenues sous le vote censitaire étaient souvent sans opposition, alors que les députés se faisaient élire avec à peine quelques centaines de votes seulement, â l?exemple de Sir Philippe Raffray, élu député de la Rivière-Noire avec 225 votes alors que le district comprenait 11 500 habitants.

C?est dire que le changement constitutionnel tant annoncé allait donner à la colonie de Maurice un nouveau paysage politique qui allait tout remettre en question. Mais nous n?en sommes pas encore là.

S?agissant de l?administration de la colonie, il convient de souligner que le gouverneur, a bien des égards, était le seul maître à bord. Il pouvait rejeter tout projet de loi, ou faire avorter toute motion au Conseil Législatif, qui serait contre la politique coloniale de l?Empire ou contre les intérêts supérieurs de la colonie, grâce à la présence des ex-officio et des nominés.

D?ailleurs, à la veille d?importants changements constitutionnels, la composition du Conseil Législatif se présentait ainsi (Source Blue Book 1947):-

Officiels : Président : Sir Charles Makenzie Kennedy (Gouverneur), Sydney Moody (Secrétaire Colonial), P.O. Sherwood (Commandant des Troupes), Francis Herchenroder (Procureur Général), Thomas Stephends Hinds (Contrôleur des Dounes), Adolphe Vallet (Directeur des Travaux Publics), Major Adam Rankine (Directeur des Services de Santé).

Membres élus : (1) Edgard Laurent, (2) Raoul Rivet, (3) Jules Leclézio, (4) Pierre Hugnin, (5) Philippe Leguen, (6) André Joseph Raffray, (7) Tristan Mallac, (8) Raymond Mallac, (9) Jules Koenig, Aucbar Gajhudar.

Membres nommés : (1) Henry Robinson, (2) Goolam Atchia, (3) Alfred Gellé, (4) Abdullatif Osman, (5) Seewoosagur Ramgoolam, (6) André de Chazal, (7) Renganaden Seeneesaven, (8) Maurice Curé, (9) André Nairac.

Fort d?un plus grand élargissement du champ démocratique accordé à certaines colonies, telles l?Australie, le Canada et la Nouvelle-Zélande, et au vu de la demande pour une plus grande représentativité au Conseil Législatif dans les affaires du pays, une proposition fut faite en 1932 par le Secrétaire d?Etat aux Colonies à l?effet que : (a) le vote pluraliste soit maintenu, (b) le droit de vote soit étendu au détenteur du brevet élémentaire, (c) la location soit rabaissée de Rs 300 à Rs 240 dans le but de couvrir un plus grand nombre de votants, (d) le pouvoir discrétionnaire du Gouverneur soit maintenu, et (e) la nomination d?un président au Conseil Législatif.

Mais l?ensemble de ces propositions fut rejeté sous prétexte que : (a) le vote pluraliste allait perpétuer le pouvoir de l?oligarchie et (b) le droit de vote aux femmes n?allait profiter qu?à une élite, compte tenu de l?analphabétisme dans le milieu de la classe laborieuse.

Le Dr Maurice Curé, un des militants du mouvement de rétrocession devait, à partir des années 1933, changer de vocation pour émouvoir la classe politico-syndicale, aidé dans sa démarche par Emmanuel Anquetil. Quelque temps après, le mouvement prit du poil de la bête et parvint à mobiliser la classe des travailleurs à travers le pays pour des meilleures conditions de travail, au point de culminer en des troubles dans l?industrie sucrière, faisant des morts et des blessés à Union-Flacq en 1937. Pendant tout ce temps, la classe politique affiche une quasi-indifférence aux problèmes du prolétariat, seule la classe syndicale restera mobilisée dans ses revendications, avec Anquetil et ses colistiers. Les négociations pour une plus grande démocratisation du champ électoral restèrent toutefois en veilleuse après le déclenchement des hostilités en 1939.

Mais sur le front syndical, les leaders devaient continuer à mener le combat, compte tenu de la hausse sans précédent du coût de la vie. En 1938, la revendication syndicale aboutit en une grève générale dans l?industrie sucrière et dans le port, l?économie du pays se trouva paralysée. Emmanuel Anquetil fut déporté à l?île Rodrigues et le mouvement de grève avorta. Cependant, l?agitation syndicale devait se poursuivre et donner lieu à d?autres heurts avec les forces de l?ordre en 1943, quand Anjalay Coopen et trois autres personnes périrent sous les balles à Belle Vue Harel.

S?agissant des changements constitutionnels, une ultime proposition du Gouverneur Sir Bede Clifford, en 1939, fut rejetée par la classe politique : il s?agissait de constituer un conseil de 21 membres élus selon une proportionnelle de sept sièges à chacune des trois composantes de la société mauricienne (franco-mauricienne, population générale et indienne).

En 1940, une nomination au Conseil Législatif ne passera pas inaperçue, lorsque le Dr. Sewoosagur Ramgoolam sera appelé à remplacer Rajcoomar Gajadhur, démissionnaire. Ce dernier ne sera pas un inconditionnel, mais se savait prédestiné à assumer d?autres responsabilités, vu ses bonnes relations avec le pouvoir colonial. Il jouera donc la carte d?un modéré en rejoignant le parti Travailliste aux côtés de Anquetil, de Rosemont et de Seeneevasen.

Pendant ce temps, à partir des années 30, les frères Bissondoyal enclencheront une campagne de conscientisation auprès de la communauté hindoue, la Jan Andolan voulait mobiliser cette communauté pour la préservation de son héritage culturel sur l?importance de l?éducation. Elle voulait aussi rester vigilante au vu des changements dans le champ politique a venir.

● L?île Maurice des années 40

Mais quelle était la condition économique et sociale de l?île Maurice d?en bas en ce milieu des années 40? Au terme de la seconde Guerre Mondiale, alors que ceux partis outremer défendre les intérêts de l?empire regagnent peu à peu le pays, le chômage bat son plein. C?est la grande illusion. Dans chaque famille il y a un jeune qui chôme. Le service des chemins de fer bat de l?aile. Ce département est un des plus gros employeurs avec quelque 2000 salariés, mais n?a cessé d?accumuler des pertes. Il est de plus en plus question de fermer ce service. Certains anciens combattants, dits ex-servicemen, se sont fait une petite somme rondelette et essayent de créer un emploi. Mais la plupart découvre que le marché est restreint alors que le pouvoir d?achat de la masse ne permet aucune largesse.

?Le Conseil Législatif se composerait pour la première fois d?une majorité de membres élus, soit 19 membres et seulement trois ex-officio et de 12 nommés. Compte tenu des dispositions précitées, le nombre d?électeurs qui, en 1936, date de la dernière consultation, était de 11 000, allait passer à 72 000, soit 27 % de l?électorat potentiel au lieu de 3 %.?

Sinon, les gens vivent et meurent selon la loi de la sélection naturelle d?ailleurs. Alors qu?aujourd?hui l?espérance de vie est de 70 ans pour les hommes et de 76 ans pour les femmes, elle n?était que de 33 ans pour les hommes et 34 pour le sexe dit faible. La malaria continue à faire des ravages et reste la principale killer. Elle emporte chaque année pas moins de 2500 personnes, car la DDT n?a pas encore fait son apparition. Les hôpitaux sont bien gérés mais offrent un service minimum avec très peu de remèdes disponibles contre les maladies transmissibles et non-transmissibles. Un remède qui fait des miracles est la pénicilline mise au point par le Dr. Alexander Fleming. La propriété anti-bactérienne contre nombre d?infections va révolutionner la médecine.

Les temps sont durs pour la grosse masse de travailleurs. L?industrie sucrière, qui a connu une période de vaches grasses avec les prix attrayants du sucre sur le marché de Londres durant la guerre, entre dans une période de déprime mais reste le plus gros employeur. Le secteur dit privé est à peine développé. Sauf pour l?industrie sucrière, c?est le gouvernement qui est de loin le plus grand pourvoyeur d?emploi. Sinon, il faillait faire preuve de débrouillardise pour pouvoir vivre et survivre. Les gages moyens dans l?industrie sucrière étaient de 50 à 60 sous la journée Dans le secteur public, les travailleurs manuels ou intellectuels n?étaient pas mieux lotis.

Tant de gens vivaient au jour le jour. Sans le crédit accordé avec compassion par les boutiques chinoises, combien irait dormir l?estomac creux !

L?enfer, c?était l?île Maurice d?en bas. Un Poor Law Office existe afin de venir en aide aux plus nécessiteux, tels les veuves, orphelins et autres individus dans le dénuement le plus total.

Mais pour ce qui est des vieux, aucune forme d?allocation ou de pension de vieillesse n?existe. Heureusement, les enfants n?ont pas encore perdu le sens des valeurs familiales. Ils assurent aux aînés une fin de vie dans la dignité. Dans le domaine de l?habitat, tout ce petit monde vit dans la précarité en milieu rural. On habite dans les camps sucriers, pourvus d?aménagements élémentaires, ou encore dans des cahutesenduites de bouse de vache et recouvertes de chaume. Ceux qui vivent dans la zone intra-urbaine, dans la banlieue de Port-Louis ou dans la périphérie des villes des hautes Plaines-Wilhems, ne sont pas mieux lotis. Ils logent le plus souvent dans des taudis et autres abris de fortune, juste bon pour résister aux premiers assauts des cyclones tropicaux. Ceux qui sont dans la domesticité habitent dans l?arrière-cour des nantis. Dans tous ces lieux, l?électricité est un luxe, le réseau n?alimente pas ces quartiers-là. Tout ce petit monde se retrouve à la fontaine publique pour s?approvisionner en eau, les prises individuelles sont rares. Aller à l?école est un aussi luxe pour les enfants des gens pauvres. D?ailleurs en cette fin de guerre, 70 % de la population sont encore enfouis dans les ténèbres de l?analphabétisme.

Tel était le visage de l?île Maurice des années 40, alors que de grands changements constitutionnels pointaient à l?horizon. Ceux-ci allait permettre au pays de faire son entrée dans le club des pays indépendants.

Pour retourner à la chose politique, malgré la mobilisation, tant de la vielle garde que de la classe des politiciens avant-gardistes, il est clair que sans la volonté affichée de décolonisation prônée par la Grande-Bretagne sous le gouvernement travailliste de Clément Atlee, toutes ces revendications de la classe politique seraient restées lettre morte. Pour la Grande-Bretagne, il s?agissait de quitter Maurice en lui laissant une Constitution qui garantirait les intérêts des minorités ethniques et ceux de l?industrie sucrière. Maurice se devait par conséquent de suivre le processus de décolonisation par étapes. C?est dans cet esprit que les négociations pour une nouvelle Constitution devaient reprendre.

● Le commencement de la fin

La publication des Lettres Patentes, le 13 décembre 1947, avait été précédée de longs et passionnants débats au Conseil, sur le projet de Constitution proposé par Londres. Finalement, la promulgation de l?ordonnance n°6 de 1947 permit pour la première fois à tout citoyen Mauricien, sauf à Rodrigues, majeur de voter. Les conditions requises étaient limitées à la capacité de parler, de lire et d?écrire des phrases simples et de signer dans une des langues préconisées ? l?anglais, le français, l?hindoustani, le chinois, l?urdu, le maharati, le télégou, le tamil et le gujarati. Le vote censitaire étant de facto aboli.

Le Conseil Législatif se composerait pour la première fois d?une majorité de membres élus, soit 19 membres et seulement trois ex-officio et de 12 nommés. Compte tenu des dispositions précitées, le nombre d?électeurs qui, en 1936, date de la dernière consultation, était de 11 000, allait passer à 72 000, soit 27 % de l?électorat potentiel au lieu de 3 %.

Nul besoin de préciser que la nouvelle Constitution avait sonné le glas pour la vielle garde et que le ton était donné pour l?avènement d?une toute autre classe de politiciens.

La campagne électorale se déroula sans anicroche. Le parti Travailliste, qui avait des assises solides en régions urbaines, fit élire ses candidats sans heurts. Mais ce fut une toute autre histoire en zone rurale où les électeurs boudèrent les candidats travaillistes pour faire élire les candidats de leurs choix. Pour ce qui est de la vielle garde, seuls Jules Koenig et Raoul Rivet surent résister aux assauts de la nouvelle vague alors qu?en zone rurale, seul Fernand Leclézio à Moka-Flacq, eut un score honorable avec 72 votes en moins que le troisième candidat R. Balgobin. Au total 64758 personnes votèrent.

Les élus au nouveau Conseil Législatif étaient les suivants :

Port-Louis : (Guy Rosemont, E. Millien, R. Seeneevassen) PTr et B. Emile (I) ;

Plaines-Wilhems?Riviere-Noire: Jules Koenig, (E. Rochecoute, Raymond Rault, Mohabeer Luckneerain) et Raoul Rivet (I) ;

Pamplemouses?Rivière-du-Rampart : S. Ramgoolam (PTr) R. Vaghee, A. Beejadhur (I) ;

Moka-Flacq : S Balgobin, B. Gajhadur et B. Balgobin ;

Grand-Port?Savanne: S. Bissoondoyal, Jai Narain Roy et Beedassy.

Force est de souligner que, si environ 27% seulement de l?électorat potentiel s?était exprimé à ces élections, il faudra attendre les élections de 1958 pour voir tous les individus ayant atteint l?âge de la majorité obtenir le droit d?exprimer leur vote.

Au terme de ces élections, il est clair qu?une des pages les plus importantes de l?histoire de notre pays était tournée. En un sens, les élections du 11 août 1948 devaient marquer, dans le même temps, le commencement de la fin de l?ère coloniale : c?est après ces élections que les fonctionnaires britanniques devaient plier bagages, les uns après les autres, suivis de leurs contreparties franco-mauriciennes dans le service public. Le Gouverneur, qui fut longtemps le seul maître à bord, ne pouvait plus s?arroger le droit de rejeter toute motion approuvée par le Conseil Législatif.

Notes et références

  1. Les Constitutions de l?île Maurice D. Nepal 1962
  2. Our Contitution : Somduth Buckory1971
  3. Les Constitutions de Maurice : Maurice Leblanc
  4. Blue Book 1885, 1936, 1848
  5. Le Cernéen, Le Mauricien, Advance 1947 et 1948.
  6. L?île Maurice : Récit de son histoire contemporaine : Benjamin Moutou 2000
  7. Report on the riot of 1911 : D. Mac Donald

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