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Les valeurs de l?avocat

7 février 2008, 00:00

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A nous, Eddy s?est présenté comme avocat. Avant de nous éclairer sur les autres chapeaux qu?il porte. Eddy Tong Sam est aussi un médiateur, un consultant en droit de technologies de l?informatique? et un chargé de cours en cyber law à l?université de Maurice !

Et Eddy Tong Sam n?a que 30 ans. Mais ce n?est pas tout. Président sortant de Toastmasters de Port Louis, Eddy occupera cette année le poste de secrétaire du Lions Club de Curepipe.

Autre détail - il est marié. Où trouve-t-il le temps de faire tout cela ? «Je m?organise. En fait, je n?ai pas le temps mais quand vous faites du social (à travers le Lions Club) et que vous aidez à empower ces jeunes enfants défavorisés qui ont un talent extraordinaire mais qui n?ont simplement pas eu de chance dans la vie, eh bien, on trouve le temps ! Parce que l?expérience est tellement marquante», dit Eddy avec intensité.

Pourquoi ce besoin d?aider les autres ? «Parce que mes parents viennent d?un milieu modeste et qu?ils ont ruiné leur santé pour s?assurer que leurs quatre enfants puissent réussir dans la vie. Et maintenant que j?ai réussi, je sais que je ne peux pas repayer financièrement mes parents. Ce que je peux faire par contre, c?est partager avec ceux qui n?ont pas eu ma chance.»

Oui, Eddy a 30 ans. Et il n?y a pas que cette générosité d?âme qui le caractérise. Eddy est fasciné par? l?éthique.

C?est en Grande-Bretagne qu?il «découvre» l?éthique alors qu?il faisait ses études de droit. «Ce n?est pas que je n?avais pas mes valeurs mais j?étais heureux d?avoir la confirmation que mes valeurs allaient dans le sens de l?éthique!» C?est ainsi que, quand Eddy fraîchement called to the bar, est appelé à défendre in forma pauperis (gratuitement) un meurtrier et que ce dernier «m?avoue calmement qu?il a tué sa maîtresse de sang- froid, je ne pouvais pas le défendre. Donc je suis allé dire au magistrat que je regrettais mais que je n?allais pas pouvoir assurer la défense de cet homme,» explique Eddy. Et que quelque temps plus tard, il refuse un client payant parce qu?il a un problème d?éthique par rapport à l?affaire en question.

<I>«Maintenant que j?ai réussi, je sais que je ne peux pas repayer financièrement mes parents. Ce que je peux faire par contre, c?est partager avec ceux qui n?ont pas eu ma chance.»</I>

Pourquoi alors avoir choisi d?être avocat ? Surtout, comme il le dit, lui-même, «les Chinois n?aiment pas les avocats parce qu?il s?agit de se battre et qu?il y a toujours un perdant !»

Parce que justement Eddy pense que les choses peuvent être faites différemment. Qu?au lieu de se battre en cour, on peut trouver des solutions à l?amiable. Ce qui nous amène à l?autre chapeau que porte Eddy : médiateur. De retour à Maurice après ses études en Grande-Bretagne, Eddy entend parler des cours de médiation qui venaient de démarrer ; il prend l?avion et va s?instruire. Il est aujourd?hui un médiateur accrédité. C?est à dire quand ses clients viennent le voir, il leur conseille la médiation d?abord au lieu d?aller en cour. «Mais pour que la médiation marche, il faut que les deux parties veuillent vraiment trouver une solution. Parce que en tant que médiateur, je ne trouve pas de solutions ; je pose des questions et c?est aux deux parties de trouver la solution.»

95 % de toutes les affaires légales d?Eddy ont été résolus par médiation ; cela a évité à ses clients d?aller en cour, de dépenser de l?argent «et surtout de se battre.»

«C?est ce que devraient faire les magistrats afin d?éviter que les affaires aillent en cour et c?est une des raisons pour lesquelles je veuxdevenir magistrat. Mais j?attends d?avoir plus d?expérience avant de postuler», avoue le jeune homme.

Car, pour Eddy, quand on fait les choses, il faut les faire bien. Autre exemple, il s?est marié en 2006 parce que selon son astrologue chinois «les astres allaient etre favorables à mon mariage, soit en 2006 ou en 2009. Je ne voulais pas attendre aussi longtemps !», dit-il en riant.

Superstitieux ? «Disons que je crois qu?il y a des choses que nous contrôlons et d?autres pas», réplique Eddy. Et comment est-ce qu?il allie la religion traditionnelle de sa famille ? le bouddhisme ? avec la religion qu?elle pratique maintenant- le catholicisme ?

«Ces deux religions sont complémentaires», nous assure Eddy. Il prend pour exemple le fait que «quand il y a le carême chrétien, il n?y a pas de sessions de prières bouddhistes. Nous gardons nos traditions bouddhistes et nous pratiquons la religion catholique». Eddy estime que c?est bien parce que les Mauriciens ne sont pas extrémistes dans la pratique de leur religion qui fait que toutes les religions pratiquées à Maurice sont finalement complémentaires et que les gens sont aussi tolérants les uns envers les autres.

Et s?il avait raison ?

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