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Les terres de la colère
La distribution des terres suscite partout des passions. Rodrigues ne fait pas exception. Le Mouvement rodriguais (MR), qui conteste les nouvelles procédures adoptées pour l?octroi de baux sur des terres de l?État, accuse l?administration régionale de favoritisme. Par le biais de son journal Ici Rodrigues, ce parti invite les mécontents à se faire connaître.
Interrogé en fin de semaine, Nicolas Von Mally, le leader du MR, confie que son parti envisage d?organiser une manifestation dans la rue d?ici un mois et d?intenter une action en justice « pour contester la façon dont ce dossier est traité par l?Assemblée régionale ». Il ajoute qu?environ 50 personnes ont déjà consigné leur mécontentement.
Nicolas Von Mally accuse le comité responsable de l?octroi des baux de favoriser les proches de l?Organisation du peuple de Rodrigues. Il est d?avis que l?administration a été mal inspirée de garder des parcelles de terre donnant sur la plage pour des projets hôteliers destinés à l?écotourisme.
« L?Assemblée régionale vient d?accorder des terres à St-François et à Fumier pour des projets d?écotourisme. Un tel choix risque d?être un handicap au développement de notre industrie touristique. À Maurice, de tels projets, comme ceux du Domaine du Chasseur ou de Chamarel, s?installent à l?intérieur de l?île et non sur la plage. » Il estime que les terres donnant sur la mer devraient être réservées pour la construction d?hôtels haut de gamme.
L?entourage du chef commissaire concède qu?il existe actuellement une certaine impatience chez ceux qui ont sollicité des baux.
« C?est vrai qu?il existe une grogne, ce n?est cependant pas une action spontanée. Elle est orchestrée par le MR. » Notre interlocuteur souligne que de tels dossiers ne peuvent pas être traités à la hâte. « Il y a inévitablement un délai entre le moment où la demande est approuvée et la signature du bail. »
Un préjudice de Rs 1 million
Depuis l?accession de l?île à l?autonomie, les demandes de location de terrains à bail sont traitées et approuvées à Rodrigues. Les dossiers sont d?abord analysés par le State Land Committee, présidé par un des chefs de département, Jean-Claude Pierre-Louis. Ils sont ensuite soumis à l?approbation du chef commissaire. Les baux sont rédigés et signés par ce chef de département.
Auparavant, les dossiers étaient épluchés à Rodrigues avant d?être référés au ministère du Logement et des terres, à Port-Louis, pour obtenir l?aval. Les baux étaient signés par le chef de cabinet au ministère du Logement et des terres.
À Rodrigues, près de 90 % des terres appartiennent à l?État. Environ 700 baux ont été régularisés depuis l?accession de l?île à l?autonomie et 2 000 squatters attendent d?être régularisés. Selon l?administration rodriguaise, le préjudice causé à l?Assemblée régionale par la non-régularisation de ces cas représente environ Rs 1 million annuellement.
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