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Les syndicats votent le boycott du National Pay Council
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Les syndicats votent le boycott du National Pay Council
Il s?agit d?une ?forme déguisée? du National Wages Council (NWC). Forts de cet avis, les milieux syndicaux contestent la mise sur pied du National Pay Council (NPC). Une décision prise par le Conseil des ministres vendredi dernier.
Les dirigeants syndicaux des fédérations syndicales ont eu hier une réunion au siège de la General Workers Federation à Port-Louis. Ils ont voté une résolution pour boycotter la tenue de la prochaine réunion du NPC. La raison : ils ne veulent pas que le paiement de la compensation salariale soit lié à la productivité et à la capacité des entreprises à honorer leurs engagements financiers envers les employés.
Les syndicats estiment que le paiement de la compensation salariale devrait être lié uniquement au taux d?inflation qui, selon eux, tournerait autour de 10 % cette année. Ainsi, ils réclament une compensation salariale annuelle de Rs 800 cette année.
?Notre position n?a pas changé?
Le ministre du Travail et des relations industrielles, Vasant Bunwaree, avait de son côté engagé une série de réunions avec les dirigeants syndicaux et la Mauritius Employers? Fede-ration (MEF) au sujet de la nécessité de changer le mécanisme de détermination de la compensation salariale. Une réunion pourrait être convoquée avec les syndicalistes pour débloquer la situation car il est prévu que le NPC se réunisse à la mi-mai pour déterminer le quantum de la compensation salariale annuelle.
L?idée dernière la mise sur pied du NPC est simple, selon le ministère du Travail : il ne faut plus que le gouvernement soit ?juge et partie? car chaque année un représentant gouvernemental préside le comité tripartite. ?Le gouvernement, étant lui-même un employeur, ne peut plus continuer à présider un tel comité. En mettant sur pied le NPC, le gouvernement sera ainsi à la table des négociations au même titre que la MEF et les syndicats?, explique un haut cadre de ce ministère.
Interrogé hier, Tulsiraj Benydin, un des porte-parole du front syndical, explique que les dirigeants des fédérations syndicales s?étaient réunis la dernière fois à Port-Louis pour dire non au NWC selon la formule proposée par un expert singapourien. ?Notre position n?a pas changé, que ce soit sur le NWC ou sur le NPC. Les fédérations syndicales sont farouchement opposées au NPC. Nous allons adresser une lettre en ce sens au gouvernement?, déclare le syndicaliste. Ce dernier affirme que les dirigeants des fédérations syndicales se réuniront une nouvelle fois vendredi pour décider de la marche à suivre. Il rappelle aussi que les fédérations syndicales ont déjà protesté auprès du Bureau International du Travail (BIT) en ce qu?il s?agit de l?intention du gouvernement d?inclure le NWC dans la nouvelle version de l?Industrial Relations Act (IRA) actuellement en préparation.
?On risque de remettre en question le PRB?
Tulsiraj Benydin craint que le NPC remette en question, plus tard, le principe de fixation de salaire minimal déterminé par le National Remuneration Board. ?Si cela continue, on risque également de remettre en question le Pay Research Bureau?, lâche le syndicaliste.
Du côté de la MEF, l?on insiste sur le fait que la classe patronale est satisfaite de la décision du gouvernement pour l?institution du NWC. Moukesh-warsing Gopal, président de la MEF, est d?avis que l?ancien mécanisme qui détermine la compensation salariale annuelle a fait son temps car il se base principalement sur le taux d?inflation. ?L?économie mondiale est en train d?évoluer. On ne peut plus compter sur des filets de protection pour avancer. Il faut maintenant naviguer seul face aux géants mondiaux?, affirme le président de la MEF. Ce dernier ajoute qu?il a déjà en tête ceux qui feront partie du NPC. Notamment des présidents qui représentent les principaux secteurs de l?économie.
MIEUX-COMPRENDRE
Explication sur le NPC
Le National Pay Council est un organisme qui sera présidé par Marimootoo Sen Ramsamy, ancien directeur de l?Association des hôteliers et restaurateurs de l?île Maurice. Cet organisme qui sera composé de cinq représentants du gouvernement, cinq représentants des employeurs et cinq représentants des travailleurs a pour but d?émettre des recommandations au gouvernement sur deux points distincts. Le premier consiste à déterminer le salaire minimum qui devrait être payé à chaque salarié. Le second : déterminer la hausse salariale minimum de chaque année, la compensation salariale annuelle. Cette hausse sera basée sur l?augmentation dans l?indice des prix à la consommation, la capacité des entreprises à assurer une augmentation salariale sur le plan national, la productivité et la compétitivité nationale et le taux d?emploi et du chômage.
Le NPC se réunira chaque trois mois. Des réunions plus régulières pourront aussi être organisées. Dans une lettre adressée aux fédérations syndicales, le ministère du Travail et des Relations industrielles indique que les représentants des employeurs et ceux des travailleurs doivent être des ?personnes compétentes? en matière de statistiques, d?économie, de comptabilité ou de finances. Les dirigeants syndicaux ont jusqu?au 13 avril 2007 pour proposer les membres qui feront partie du NPC.
DÉCLARATION DU MINISTRE BUNWAREE
?Une question qui concerne tous?
Dans une déclaration, hier soir, à ?l?express?, le ministre du Travail et des Relations industrielles, Vasant Bunwaree a déclaré qu?il tient à coeur l?intérêt des salariés du pays. C?est pourquoi, il lance un appel aux dirigeants syndicaux de ne pas boycotter le comité tripartite qui, pour la première fois, sera présidé par une personnalité indépendante. Il ajoute que si les dirigeants syndicaux décident de boycotter la prochaine réunion du National Pay Council (NPC), ils auront à assumer leur responsabilité. ?Il ne faut pas blâmer le NPC s?il décide du quantum de la compensation salariale en l?absence des syndicalistes. Il faut savoir que le gouvernement travailliste a toujours été pour la stabilité sociale et il n?y a pas lieu de polémiquer sur une question qui concerne tous les salariés du pays.?
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