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Les syndicalistes disent non à l?OMC

3 septembre 2003, 20:00

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Les syndicats joignent leur voix à celle de leurs homologues du monde entier. Ils sont une dizaine d?associations à s?être regroupées pour protester contre la tenue de la cinquième conférence de l?Organisation mondiale du commerce (OMC), à Cancun (Mexique) du 10 au 14 septembre. Ils tiennent une marche de protestation le 10.

La conférence de Cancun fait suite à celle qui a eu lieu le 14 novembre 2001 à Doha, Qatar, où les mandats des négociations économiques ont été établis. Ces mandats prévoient des négociations sur divers thèmes dont l?agriculture, les services, l?accès au marché des produits non agricoles, le commerce et les mesures anti-dumping.

Pendant que la forte délégation mauricienne, dirigée par le ministre de l?Industrie et du Commerce, Jayen Cuttaree, tentera de sauvegarder nos acquis préférentiels dans le textile, l?agriculture et les services financiers, ici, les syndicalistes, à Maurice et à travers le monde, se mobiliseront pour dire non à l?OMC.

Au front syndical se sont joints Lalit et un regroupement des planteurs du Nord. A l?instar des alter-mondialistes qui font campagne par le biais de l?Internet, des forums et des manifestations de rue, ils sont d?avis que le programme de l?OMC est de livrer l?ensemble des services du commerce agricole, des ressources naturelles, à une poignée de multinationales. Cela a pour résultat la délocalisation et la privatisation qui entraînent généralement la suppression d?emplois et le chômage massif. Les syndicalistes arguent aussi qu?avec l?OMC, le capitaliste va s?attaquer frontalement à la protection sociale comme cela a été le cas en France avec la révision du système de pension des personnes âgées.

Mondialisation de la pauvreté

Pour Tulsiraj Benydin, président de la National Trade Union Confederation (NTUC), l?OMC ne fait que perpétuer la politique de la mondialisation de la pauvreté . ?Les riches deviennent plus riches et les pauvres deviennent plus pauvres?. Il souligne qu?à travers l?OMC, les multinationales ont tendance à avoir une emprise sur les pays qui possèdent des ressources naturelles. Il prend l?exemple du Sierra Leone, où des capitalistes exploiteraient des ressources minières. ?Avec l?OMC, c?est la perte de la souveraineté. Sa politique de délocalisation a eu des conséquences graves dans le textile. Les licenciements massifs dans la zone franche sont un exemple concret?, affirme-t-il.

Pour Ashok Subron, l?OMC remet en question les droits sociaux. C?est cette idée que le gouvernement essaie d?introduire à Maurice dans le domaine de la santé. Elle deviendrait payante, avec un système d?assurance. Le nombre de personnes ayant droit à la pension de vieillesse serait réduit. Les syndicalistes appréhendent également la privatisation de l?électricité et de l?eau.

?Nous nous regroupons pour faire entendre notre voix qui est systématiquement étouffée par la politique néo-libérale?, affirme Ashok Subron. Il dit regretter que la délégation mauricienne qui participe à la conférence n?ait pas pris en considération le v?u du front. ?Nous voulons une clause sociale?, souligne-t-il. Il conteste le fait que le secteur privé ait fait partie de la délégation mauricienne qui a participé à la conférence de Doha. La question de leur présence aurait dû être discutée au sein du National Economic and Social Council (NESC) et au Parlement, estime-t-il.

Rajini Lallah, de Lalit, va plus loin. Pour elle, il aurait dû y avoir un audit sur ?l?étendue des dégâts causés? par la conférence de Doha avant de songer à la conférence de Cancun. ?Concrètement, nous réclamons un moratoire pour qu?on puisse saisir les effets néfastes de la globalisation sur le social?, a-t-elle déclaré.

José L?Espérance, secrétaire-général de la State Employees? Federation (SEF), regrette également que l?aspect social de tout accord commercial ne soit pas pris en considération par l?OMC. ?L?OMC exacerbe la compétition. On casse les prix. On fait du dumping au détriment des entreprises locales?, a-t-il conclu.

La consigne des dirigeants syndicaux pour le 10 septembre est la suivante : mobiliser les travailleurs dans chacun de leurs centres à travers des forums débats. Ceux de l?étranger, regroupés au sein de l?organisation Via Campesina, ont déjà leurs billets en poche pour jouer les trouble-fête mercredi prochain.

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