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Les sources alternatives
Par Akilesh ROOPUN</B>
Le marché des capitaux à Maurice vient de connaître un développement de taille. Le lancement d’une nouvelle Bourse par la Stock Exchange of Mauritius (SEM) arrive à un moment où l’économie mauricienne cherche de nouveaux repères.
Une nouvelle architecture économique repose sur une nouvelle architecture financière. L’avènement du Development and Enterprise Market (DEM) représente un pas dans cette direction. Les responsables de la SEM ont voulu, disent-ils, encourager les entreprises ayant une croissance, d’utiliser les atouts d’un marché organisé pour financer leur développement. L’autre objectif est de propager une culture d’investissement boursier dans le pays et ainsi encourager les grandes sociétés à ouvrir davantage leurs actionnariats au public.
Mais il reste encore un long chemin à parcourir avant d’arriver à un marché financier diversifié. Les entreprises se fient encore trop aux prêts bancaires pour financer leur croissance. Maurice doit faire des efforts pour mettre en place de nouvelles solutions financières.
Un pays qui veut mettre les petites et moyennes entreprises (PME) dans le “driving seat” de son économie doit d’abord trouver des fournisseurs de capitaux qui répondent mieux aux attentes de celles-ci. Le “venture capital” et autres “private equity funds” sont plus à même de jouer ce rôle.
De par la nature et la philosophie de leurs opérations, ils sont beaucoup plus audacieux que les institutions financières traditionnelles. Ils sont beaucoup plus disposés à soutenir des entreprises sans de grandes références mais qui ont un “business plan” intéressant.
Il est courant pour les fonds de capital-risque d’avancer des financements aux PME sur la base de “cash-flow” projetés, même si celles-ci n’ont pas d’actifs à proposer comme collatéral.
Les “venture capital” investissent généralement sous forme de fonds propres ou de financements hybrides. En même temps, ils apportent une expertise opérationnelle et stratégique à l’entreprise dans laquelle ils investissent.
Les agences financières dédiées aux PME font défaut à Maurice. Il y a eu certes des efforts de certaines institutions traditionnelles dont la Development Bank of Mauritius pour mettre sur pied des antennes de capital-risque. Mais cela n’est guère suffisant. Nos guichets conventionnels n’ont pas encore ce “mindset” pour avancer des fonds à des entrepreneurs qui ont des idées novatrices mais qui n’ont pas encore été testées commercialement.
Si à Maurice, ces facilités ne sont pas toujours disponibles, il faut les faire venir de l’étranger. Il faut que le secteur financier s’ouvre au plus vite à des prestataires extérieurs qui ont une autre manière de concevoir et de déployer des capitaux aux entreprises.
En même temps, il faut aussi encourager nos entrepreneurs à aller chercher de l’argent sur le marché international. Beaucoup de fonds d’investissement et d’autres sociétés financières comme les fonds de capital-risque se positionnent sur les marchés émergents en quête d’opportunités de croissance forte.
Des marchés comme le DEM sont un moyen pour les investisseurs étrangers d’investir dans un plus large éventail d’entreprises mauriciennes. Il incombe aux entreprises qui pensent avoir le potentiel pour intéresser les financiers internationaux de faire l’effort de se signaler auprès du marché.
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