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Les services, l?avenir de Maurice

22 janvier 2005, 00:00

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La disparition graduelle mais certaine des préférences commerciales oblige Maurice à repenser sa stratégie de développement économique. Nouveau credo du gouvernement de même que celui du secteur privé : l?exportation des services.

Ce secteur représente l?activité la plus importante de l?économie du pays. Il contribue effectivement autour de 75 % au produit intérieur brut. Le tourisme y contribue à 6 % et les services financiers, 10 %. Six salariés sur dix travaillent dans le secteur des services.

Avec une croissance robuste de 7,5 % en moyenne par an, les services, en 2002, représentaient 38 % des exportations globales du pays. Ce dernier a été classé 19e parmi les pays en développement en termes de pourcentage des services dans les exportations. Les services représentent 25 % des échanges mondiaux.

Ces chiffres ont été donnés hier par le ministre de l?Industrie et des Services financiers, Sushil Khushiram, lors d?un séminaire sur l?exportation des services organisé par la Chambre de commerce et de l?industrie et la Mauritius Industrial Development Authority. Selon le ministre, ces chiffres démontrent le potentiel que représente ce secteur. Le gouvernement a déjà mené une étude dans ce secteur et a déjà identifié les créneaux les plus porteurs : les services assistés par l?informatique, l?architecture et l?ingénierie, la comptabilité, la banque, les services financiers internationaux, la santé et l?éducation.

Le développement de l?exportation des services passe aussi par une révision du cadre réglementaire. Le gouvernement a déjà adopté une approche de libéralisation dans plusieurs secteurs. A titre d?exemple, la distinction entre banque offshore et banque domestique a été éliminée.

Les services légaux qui sont essentiels pour l?avancement des services financiers internationaux seront bientôt régis par une nouvelle législation, annonce Sushil Khushiram. Selon nos informations, avec cette nouvelle législation, les cabinets d?avocats étrangers seront autorisés à s?établir et à pratiquer à Maurice.

Le ministre a fait un vibrant plaidoyer pour l?ouverture du pays aux compétences étrangères. Le parcours économique de Maurice est remarquable, mais il n?est pas unique, remarque-t-il. De nombreuses autres îles ont eu le même cheminement.

Maurice doit donc s?inspirer des modèles dont le succès est encore plus éclatant : Singapour et Dubayy. Ces derniers ont été bâtis sur deux concepts clés : ouverture et standard élevé. «Maurice doit devenir une économie des services où tous les obstacles au commerce auront été enlevés», déclare Sushil Khushiram. Sans le dire, le ministre faisait sans doute allusion aux droits de douane. « Il y a des proches de protectionnisme qui s?entêtent à résister à l?ouverture du secteur des services aux compétences étrangères mais les forces du changement sont inexorables», prévient le ministre.

Elaborer une stratégie nationale

Le séminaire sur l?exportation des services, organisé par la Mauritius Development Authority et la Chambre de commerce et de l?industrie (CCI) a pris fin hier après quatre journées de travail. L?objectif était surtout de sensibiliser la population à l?immense potentiel que représente ce secteur, indique Marday Venkatasamy, président de la CCI.

Durant les six mois à venir, une série de manifestations similaires sera organisée sur le même thème. Parallèlement, un groupe de réflexion, piloté par la CCI, a été chargé d?élaborer une stratégie nationale pour le développement du secteur des services. Elle devrait être prête dans six mois. Le ministre Sushil Khushiram a, de son côté, évoqué la nécessité de mettre sur pied un comité de haut niveau gouvernement-secteur privé pour veiller à la mise en place de la stratégie définie.

Le groupe de réflexion chargé d?élaborer cette stratégie sera accompagné dans sa démarche par l?International Trade Centre (ITC). D?ailleurs, le séminaire d?hier était animé par une consultante de l?ITC, Dorinne Conrad.

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