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<B>Par Raj MEETARBHAN</B>
L?opposition s?évertue à démontrer, semaine après semaine, que la gangrène de l'affairisme s?étend dans le pays. Ses allégations reposent souvent sur des preuves fragiles mais il lui arrive aussi d?avoir des dossiers bien ficelés. Hier, le leader de l?opposition a soutenu un acte d?accusation étayé par des faits troublants concernant une ?université? privée appartenant à la famille Jeetah et affiliée à une institution indienne, l?Eastern University.
Le ministre de l?Education a esquivé les questions les plus sensibles posées autour de la filiale mauricienne. Si le gouvernement continue à ne pas répondre aux interpellations, il donnera raison à ses détracteurs qui disent que le pays sombre dans le clanisme et l?affairisme.
L?opposition allègue que les conditions dans lesquelles l?Etat mauricien a autorisé la création d?une filiale de l?Eastern University sont scandaleuses. Cette université aurait enfreint la loi indienne en ouvrant une antenne à l?étranger alors qu?il faut compter au moins cinq ans d?existence avant de pouvoir le faire. Elle n?existe que depuis un an. De plus, elle n?est pas reconnue par l?organisme d?Etat chargé de contrôler l?enseignement supérieur en Inde, l?University Grants Commission.
Si les informations dont dispose l?opposition sont exactes, la Tertiary Education Commission (Tec) a facilité le projet des Jeetah sans procéder aux vérifications d?usage. Cette institution tombant sous la tutelle du ministre Dharam Gokhool a fermé les yeux sur les irrégularités présumées de l?Eastern University en Inde.
Un sous-comité de la Tec avait relevé que ?l?université? privée des Jeetah ne peut être enregistrée que si l?Université mère, se trouvant au Sikkim, est en règle avec l?University Grants Commission de l?Inde. Cette condition a été vraisemblablement supprimée par la direction de la Tec. Mieux, par le truchement de son chef de Cabinet, le ministre s?est assuré que les procédures d?implantation chez nous de cette obscure institution de Sikkim se déroulent sans encombre.
Du reste, depuis le début, le ministère de l?Education s?est montré très souple envers les fondateurs de la filiale locale de l?établissement indien. Celle-ci a eu l?autorisation de porter le nom d?Eastern Institute for Integrated Learning in Management University alors que l?appellation ?University? est strictement réglementée. ?Aucune institution privée offrant une éducation post-secondaire n?associera le mot université à son nom ou tout nom similaire à celui d?une université sauf avec l?autorisation de la Commission? prévoit l??Education and Training Act?. Ramnath Jeetah concède lui-même que ?nous n?avons rien eu de la Tec mais, au début de l?année, nous avons eu un ?no-objection certificate? du ministère de l?Éducation nous permettant de changer notre appellation en Eastern University?.
Qu'on ne s'y méprenne pas, cette controverse ne relève pas de considérations techniques de l?enseignement supérieur. La question fondamentale est ailleurs. Il s?agit de la moralisation de la vie publique.
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