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Les rastas dans l?attente de la «véritable abolition»
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Les rastas dans l?attente de la «véritable abolition»
Choisir Le Morne comme symbole fort pour crier leurs revendications. Venir pour célébrer la «résistance à l?esclavage» et non son abolition. Le message de l?association socio-culturelle Rastafari est on ne peut plus clair en cette journée marquant le 173e anniversaire de l?abolition de l?esclavage. Les rastas affirment qu?ils continueront à lutter pour l?égalité et le droit de célébrer leur culte dans le respect et la liberté, ainsi que pour la dépénalisation du gandia. Alors seulement pourra-t-on parler de véritable abolition de l?esclavage, disent-ils.
Loin de la foule présente à la plage publique du Morne pour la cérémonie et la fête culturelle organisée par le ministère de la Culture, les frères et s?urs de la communauté rasta de même que ceux venus rendre hommage à leurs ancêtres ont préféré venir à Trou-Chenille, au pied de la montagne Le Morne Brabant. C?est là qu?ils déposeront des fleurs à la mémoire de ceux qui y ont laissé la vie.
Joanita et Claudia, de Grand-Baie ont fait spécialement le déplacement. «Il y a cette partie de moi qui me pousse à venir même si je suis une métisse», dit Claudia. Et cela fait sept ans que les deux jeunes femmes célèbrent cette journée, même si elles ne font pas partie de l?association. Un geste de remerciement aux ancêtres.
Et, tiennent-elles à faire ressortir, ce lieu est ouvert à tous ceux qui se sentent créoles, peu importe leur appartenance ethnique ou religieuse. «C?est une occasion de partager notre culture avec tous ceux qui le veulent bien et de célébrer l?esprit de mauricianisme dans la fraternité?»
Les quadricolores se marient avec les drapeaux rouge, jaune et vert dans l?un des sites naturels du pays. «Frères et s?urs» sont venus saluer le courage de leurs ancêtres qui ont refusé le système de l?esclavage, le «sistem Babylone», «Ils ont préféré se jeter du haut de la montagne que d?accepter la domination coloniale», fait ressortir un membre de l?association.
Mais en ce jour de commémoration, il s?agit davantage de souligner la résistance à l?esclavage et d?entendre la voix de ceux qui vivent encore dans les cités. Et de dénoncer l?injustice, le communalisme et le favoritisme dont les rastas et les membres de la communauté créole affirment être victimes. Ceux-là réclament leur part du «gâteau national» dans une forme de compensation, soit de l?argent soit de la terre pour la culture?
L?éducation, à leurs yeux, demeure la seule voie de sortie pour les enfants. D?ailleurs, ces derniers venus en nombre, sont appelés à ne plus être les esclaves des autres? Et «grâce à la force et au courage» que Jah leur donnera, les membres de l?association vont continuer à résister «jusqu?à ce que liberté s?ensuive», à l?image de leurs ancêtres marrons?
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