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Les rastas célèbrent l’épiphanie orthodoxe éthiopienne
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Les rastas célèbrent l’épiphanie orthodoxe éthiopienne
C’est à environ une dizaine de kilomètres du quartier de la rivière des Galets. À flanc de falaise, bien décalé par rapport au lit de la rivière, un rond de cour a été aménagé parmi les mauvaises herbes. Un drapeau vert, jaune, rouge aux couleurs de l’éthiopie flotte au centre du village. Quelques toiles de tente, des bâches et un petit espace fait de bois et de tôles sont plantés dans le décor, sous un gigantesque pied de jacque et un pied zévis.
C’est là que se réunissent régulièrement pour prier, Ras Joseph et une poignée de rastas. Une petite communauté qui ne jure que par “sa majesté Hailé Sélassié” qui fut empereur d’Éthiopie en 1930. Selon la légende éthiopienne, celui-ci aurait réalisé les prophéties de la bible. Descendant de la reine de Saba et du roi Salomon, dont il est le 225e successeur, Hailé Sélassié, aurait rapporté l’Arche d’alliance à Axoun à son retour de Jérusalem où il avait rendu visite à son père 1 000 ans avant Jésus-Christ. Une arche “contenant les dix commandements” dit-on.
Ainsi, chaque année le jour de Timkat (baptême en amharique, la langue nationale en Éthiopie), les églises orthodoxes éthiopiennes auxquelles sont rattachés les rastas sortent la copie de cette Sainte Alliance pour l’amener à la rivière la plus proche et célébrer le baptême du Christ. Et c’est loin de toute civilisation, au bord de la rivière des Galets, que la petite communauté réunionnaise a décidé de fêter l’événement.
“Ici, dans la nature, on est en famille”</B>
Un moment ponctué de prières rythmées par le nayabingi (chants et musiques sacrés) distillé sous les roulèr, les djembé et autres guitares. “C’est une musique sacrée, jouée déjà par Abraham, Jacob et Isaac”, affirme Ras Joseph. “En priant ainsi en musique, on rend grâce à Dieu et l’on se laisse guider par sa majesté Sélassié”. Plusieurs dizaines de “fidèles” ont fait le déplacement hier. Un système de navette effectuant des rotations depuis le village de la rivière des Galets avait été mis en place. “Ma présence ici est logique. Il faut que ma vie soit conforme avec ce que je chante”, affirme Jean-Marie, leader vocal du groupe Natty Dread. “Ici, dans ce coin de nature, on est en famille. On essaie de se structurer et de serrer les coudes”.
Fondateur du feu Kan Calix et chef de file de l’association Kan marron, Alex était là lui aussi. “C’est mon amour pour Jah et ma soif de spiritualité qui m’ont conduit ici”, explique celui-ci. La célébration devait s’achever vers 18 heures. Mais, attirés par la tranquillité de la nature, nombreux ont préféré rester sur place et y passer la nuit. Ras Joseph (qui fait un peu figure de chef de village) espère désormais pérenniser l’événement qu’il présente comme “un point de repère pour le peuple noir et plus précisément les rastas”.
<B>Clicanoo.com</B>
<B>Le chikungunya gagne du terrain</B>
Au cours des six dernières semaines, les arrêts de travail liés au chikungunya ont plus que quadruplé sur l’ensemble de l’île, passant de 5 à 22 %. C’est la région de Saint-Pierre qui détient le record, avec36 % d’arrêts de travail causés par le virus véhiculé par les moustiques. Suit l’Est, où le pourcentage est de 24, puis au même niveau Saint-Paul et Saint-Denis est à 12 %.
Ces indications sont issues du travail de recensement entamé, en novembre dernier, à l’initiative du Dr Lagacherie, médecin conseil pour la Caisse générale de la sécurité sociale (CGSS). Un moyen d’évaluer l’évolution du phénomène, de façon assez approximative, la tendance est en nette progresssion. Sur 779 arrêts de travail collectés en novembre 2005, 41 présentaient le motif du chikungunya.
<B>Un cyclone pour inverser la tendance</B>
Or, on en a dénombré 165 sur 756 arrêts, mardi, au service médical, lors de l’opération hebdomadaire de recensement. Des arrêts qui, de façon générale, durent aux alentours d’une semaine. “Ce dénombrement est basé sur du déclaratif, et on ne peut pas savoir s’il s’agit d’un nouveau cas ou d’une rechute”, précise le Dr Lagacherie.
Ce recensement nous donne seulement une d’idée de l’ampleur que prend cette maladie. Ce qui est sûr, c’est que nous nous trouvons dans un vrai contexte épidémique et que l’on observe la tendance la plus forte dans le sud. Le diagnostic est clair : “La hausse générale des arrêts de travail liés au chikungunya risque d’entraîner des conséquences sur l’activité économique de l’île, à commencer par la région de Saint-Pierre”, déclare le médecin conseil de la CGSS.
À cela s’ajoute l’asthénie chronique qui frappe les sujets pendant des mois après la piqûre. Elle ne devrait pas contribuer à l’amélioration des performances des actifs qui ont été frappés par le virus et qui ont repris le chemin du labeur. Aucune entreprise n’a encore manifesté son inquiétude ou ses difficultés à ce sujet, mais la fin proche de beaucoup de congés, ainsi que les semaines de pluie qui attendent la Réunion font craindre pour la suite. Rien, à part peut-être un cyclone, ne semble pouvoir inverser sensiblement la tendance.
Le recensement des arrêts de travail liés au chikungunya par le service médical de la Sécurité sociale sera réalisé de façon exhaustive à partir de février. L’équipe reprendra également son étude par requête des sérologies, comme elle l’avait fait entre janvier et septembre 2005.
Ce travail lui permet de comptabiliser le nombre de prescriptions d’analyses biologiques destinées à déterminer la présence ou non du virus chikungunya dans le sang d’un patient. Seul hic, les médecins, de plus en plus coutumiers des symptômes liés au virus, prescrivent de moins en moins de sérologies, très onéreuses.
<B>Sévérine D’Argent
Clicanoo.com</B>
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