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Les quatre de Guantanamo déférés au parquet
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Les quatre de Guantanamo déférés au parquet
Les quatre détenus de Guantanamo rapatriés mardi en France seront déférés ce matin au parquet de Paris, a-t-on appris hier de source judiciaire. «Il seront déférés a priori en vue de leur mise en examen», a-t-on précisé de même source.
La garde à vue des quatre hommes dans les locaux parisiens de la Direction de la surveillance du territoire (DST) a été prolongée hier pour 24 heures.
Parallèlement, la 72e heure de garde à vue étant dépassée, leurs avocats vont pouvoir rencontrer les quatre hommes dès hier après-midi.
Me Jacques Debray, qui défend Mourad Benchellali et Nizar Sassi, a précisé avoir reçu une convocation lui demandant de se présenter à partir de 13h à la DST. Aux termes de la législation antiterroriste, les avocats peuvent rencontrer leurs clients à partir de la 72e heure de garde à vue, qui peut durer jusqu'à 96 heures.
Les quatre détenus, rapatriés mardi après plus de deux ans passés dans le camp américain de Guantanamo, à Cuba, devraient être présentés aux deux juges chargés du dossier, Jean-Louis Bruguière et Jean-François Ricard.
Les magistrats pourront demander une simple remise en liberté sans mise en examen ou procéder à une mise en examen en demandant une mise en liberté. Ils peuvent également procéder à une mise en examen assortie d'un placement en détention, une éventualité à laquelle Me Debray ne croit pas.
<B>Deux ans éprouvants</B>
«Sauf élément nouveau gravissime, je n'envisage pas qu'ils prononcent des mesures de contrainte telles qu'une incarcération», a souligné jeudi l'avocat, selon qui tous les ressortissants de l'Union européenne remis à leurs autorités nationales sont aujourd'hui libres.
«Je m'interroge vraiment sur ce qu'il peut y avoir dans leur dossier. Ils ont été arrêtés en possession de passeports qui n'étaient pas les leurs mais ce n'est pas une charge suffisante pour les placer en détention», a-t-il estimé.
De plus, «le juge qui les entendra ne doit pas perdre de vue que ceux qui lui sont présentés reviennent de deux ans éprouvants et que cette détention ne viendra jamais se déduire» d'une éventuelle peine, a-t-il insisté.
Mourad Benchellali, Imad Kanouni, Nizar Sassi et Brahim Yadel ont été faits prisonniers par l'armée américaine en Afghanistan entre fin 2001 et début 2002.
Les policiers français estiment que les ex-détenus sont des islamistes de moyenne importance. Ils doivent cependant étudier la transcription des interrogatoires transmis par les services de renseignement américains.
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