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Les progrès dans la lutte anti-drogue évalués
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Les progrès dans la lutte anti-drogue évalués
La lutte contre la drogue risque d?être longue et ardue, mais le continent noir n?entend pas baisser les bras. Les délégués de 53 pays de l?Union africaine, réunis depuis hier à l?hôtel Le Méridien, à Pointe-aux-Piments, ont pour tâche de mettre leurs compétences en commun et de réfléchir à l??Intégration de la lutte contre la drogue au développement socio-économique en Afrique?, thème majeur des débats.
Cette conférence, qui fait suite à celle organisée il y a deux ans, vise aussi à évaluer la politique commune mise en place par les états membres dans le but de réduire la production et le trafic de drogue en Afrique.
Face au sida, la lutte contre le fléau de la drogue devient une priorités des gouvernements. ?Le virus est une des conséquences dramatiques de l?abus de drogue à travers le monde?, note Samioullah Lauthan, le ministre de la Sécurité sociale, affichant par là même son inquiétude en ce qui concerne le nombre croissant de personnes infectées par le VIH parmi les drogués et la population carcérale à Maurice.
D?où, rappelle-t-il, la nécessité d?une approche holistique face au fléau. ?Le problème de la drogue constitue, de part ses ramifications, un obstacle majeur au développement social et économique des pays touchés.? Les organisations non gouvernementales de même que les organismes gouvernementaux, explique-t-il, se doivent de prendre des mesures à leurs niveaux respectifs dans le but de rendre la lutte anti-drogue plus effective.
Evoquant l?expérience locale dans cette lutte, le ministre de la Sécurité sociale se réfère au Plan d?action, qui a reçu le feu vert du gouvernement mauricien : ?Cela nous a pris un peu de temps pour le finaliser mais il contient des informations concrètes. Il nous fallait un document qui reflète la réalité.?
La première conférence ministérielle sur la lutte contre la drogue en Afrique s?est tenue à Yamoussoukro, Côte d?Ivoire, en mai 2002. Elle avait pour objectif d?adopter le Plan d?action révisé pour la lutte anti-drogue, qui a également été adopté par les organes politiques de l?Union.
Deux ans après cette première rencontre entre les états membres de l?Union africaine, une évaluation de la situation en Afrique s?impose. ?Contrairement à ce qui est souvent dit, nous ne sommes pas là seulement pour rédiger des rapports mais pour identifier des mesures concrètes qui seront prises par les pays de l?Union africaine pour combattre la drogue?, affirme Chris van der Burg, chargé du United Nations Office on Drugs and Crime (UNODC).
Une demande avait été faite aux Etats membres de soumettre un rapport concernant la mise en ?uvre des Plans d?action. Toutefois, seuls 12 pays, dont Maurice, avaient soumis leurs rapports à juillet 2004.
Selon lui, même si la lutte anti-drogue s?annonce longue, il demeure important d?identifier les secteurs de réussite et de mesurer leur impact sur la lutte anti-drogue.
S?adressant aux délégués présents, Chris van der Burg a réitéré la détermination des Nations unies à lutter contre la production et le trafic de drogue sur le continent. ?Un engagement avait été pris en 1998 pour que des mesures concrètes soient prises durant les dix années suivantes. L?échéance de 2008 est proche et je suis confiant du résultat?, souligne t-il. Et d?ajouter que la création d?une base de données est désormais impérative pour permettre un meilleur contrôle.
Cette conférence ministérielle, explique t-il, est aussi l?occasion pour les pays membres de mesurer les progrès accomplis depuis ces deux dernières années dans la lutte. ?L?île Maurice, à travers cette conférence, bénéficiera de l?expertise africaine dans ce domaine.?
Les débats, qui durent jusqu?à vendredi, seront consacrés, entre autres, à l?examen de l?ébauche du document sur la position commune africaine concernant la ?Prévention du Crime et la Justice Criminelle?. Ce document sera présenté au onzième congrès des Nations unies en avril 2005.
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