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Les profiteurs

17 octobre 2007, 20:00

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<B>Par Raj MEETARBHAN</B>

Ce sont des appartements de la honte qui sont au centre du scandale qui a éclaté cette semaine. Plusieurs dizaines de fonctionnaires seraient concernés. Mais aucun homme politique n?y est mêlé, pour l?instant. Pour cette raison, il y a un risque que l?opinion publique reste plutôt indifférente à l?affaire. Elle aura tort. Détourner des ressources d?un organisme public qui construit des logements sociaux devra susciter au moins autant d?indignation que les scandales impliquant des élus.

Il y a deux volets à l?affaire en question. D?abord des cadres de la NHDC et d?autres institutions connexes ont acheté, dans des circonstances suspectes, des appartements construits par cet organisme. Ces logements sont réservés à ceux qui ne sont pas déjà propriétaires d?une résidence ou d?un terrain. Or, certains acquéreurs ont pu contourner le système en achetant les appartements au nom de leurs enfants. Ensuite, des cadres de la NHDC qui s?en sont rendus propriétaires ne s?acquittent pas des mensualités prévues.

A la suite d?une enquête interne, plusieurs irrégularités susceptibles d?intéresser la commission anti-corruption ont été relevées. Il est vrai que la commission ne travaille pas avec le même enthousiasme à chaque fois qu?un dossier atterrit sur ses bureaux mais elle a démontré qu?elle peut, à l?occasion, envoyer des commandos cueillir ses suspects. Dans l?affaire NHDC, les conditions sont réunies pour qu?elle agisse avec empressement.

Le ministre de tutelle, Asraf Dulull, a pris la mesure du scandale et a promis des sanctions à l?encontre des éventuels coupables. Il faut espérer qu?il n?hésitera pas à porter plainte auprès de l?Icac ou de la police. Dans le passé, des responsables politiques ont renoncé à contrarier les fonctionnaires véreux qui travaillent sous leurs ordres de peur de voir leur ministère paralysé par ceux-ci. Un fonctionnaire traqué peut aller jusqu?à saboter son département et son ministre.

Le politique et le fonctionnaire corrompus peuvent, tous deux, nuire au bon fonctionnement de notre démocratie et de notre économie. Mais la masse des citoyens a tendance à s?intéresser uniquement aux affaires mettant en cause des personnalités connues. Pourtant, l?agent de l?Etat qui cherche à obtenir un pourboire, ?la moné dité?, avant de délivrer le moindre document est tout autant corrompu que le ministre qui pille la trésorerie. Seulement, le bakchich est plus ou moins important selon le pouvoir dont dispose l?homme véreux.

En tout cas, les hautes sphères de la fonction publique doivent considérer comme un signal important l?aboutissement de l?affaire du policier Oozageer Sunneechurra, aujourd?hui derrière les barreaux. Cet ancien responsable du CCID, arrêté le 17 octobre 2003, avait été accusé de corruption et trouvé coupable par la cour. Il a été condamné à trois mois de prison.

Les autorités sont prévenues. Nous sommes sur un terrain glissant. Maurice vient de chuter au tableau de Transparency International. Une occasion est maintenant offerte d?arrêter la dégringolade.

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