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Les producteurs de sucre sondent le «road map» de Boolell

16 septembre 2005, 20:00

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Les usiniers-planteurs sont unanimes à le reconnaître. La réforme de l?industrie sucrière doit aboutir. Il y va de la survie des tous les producteurs, affirme la Mauritius Sugar Producers? Association (MSPA). Celle-ci a émis hier ses commentaires officiels sur le plan de réforme du ministre de l?Agro-industrie, Arvin Boolell.

«Les propositions contenues dans ce road map s?inscrivent dans une vision positive qui est essentielle pour le pays et les producteurs, celle du maintien d?une industrie sucrière à Maurice. De manière générale, les orientations sont bonnes mais certaines mesures méritent d?être approfondies et discutées avec les producteurs», affirme, d?emblée, la MSPA.

La réforme accélérée est une suite logique à l?annonce de la baisse de 39 % du prix garanti du sucre sur le marché européen. Ce road map, élaboré à l?issue des consultations avec les partenaires de l?industrie sucrière, montre la voie pour transformer notre industrie sucrière en celle de la canne.

Le nouveau profil en 2015 équivaut à un coût de production réduit, l?émergence et la consolidation de multiples sous-secteurs au sein même de l?industrie. Pour y parvenir, il faudrait une injection massive de capitaux, soit Rs 23,5 milliards.

«réussir la réforme»

Le road map demande la participation active de tous les partenaires. Le succès découlera de notre capacité à serrer les rangs pour faire face aux problèmes qui surgiront dans la réalisation du plan. Et la MSPA est disposée à apporter sa contribution tant au niveau de la formation, des relations avec les planteurs et à la rationalisation des institutions. Pour l?association, «il est important que tous les producteurs puissent survivre et donc réussir la réforme».

Mais des investissements massifs sont requis pour que la réforme aboutisse. A titre d?exemple, la centralisation des usines, passant de 11 à six, nécessitera un montant de Rs 2,5 milliards en deux ans. Cette somme se greffe aux dettes contractées par les usiniers-planteurs, dont Rs 3,2 milliards pour financer le plan de retraite volontaire en 2001. Et la MSPA estime que «ce problème doit être résolu au départ même, afin que l?industrie puisse assainir sa situation financière et investir davantage pour se moderniser».

La réussite est également tributaire de notre capacité à diversifier au sein même de l?industrie, à commencer par l?augmentation de la production d?éthanol. Le road map avance un volume de 30 millions de litres annuellement, avec l?option de se tourner vers l?essence sur le long terme.

Avant de se lancer dans ce sous-secteur, la MSPA évoque des directives étatiques précises. «Il y a nécessité, au départ, d?une politique et d?une stratégie gouvernementales clairement établies», souligne l?association. L?Etat devra, subséquemment, s?engager de «manière urgente» dans des consultations avec les parties prenantes, dont les propriétaires de mélasse.

La MSPA s?aligne sur la stratégie de l?Etat en ce qui concerne la production énergétique grâce à l?utilisation optimale de la bagasse. Le plan de réforme préconise une production optimale de 1 700 GWh en 2015, dont un tiers à partir de la bagasse. En 2004, les établissements sucriers ont alimenté le réseau électrique à hauteur de 40 %.

Au fil des consultations, les usiniers-planteurs ont toujours plaidé pour une contribution réduite au cess fund. Ce fonds finance les institutions oeuvrant pour l?avancement de l?industrie sucrière. Et le road map évoque sa restructuration.

mesures d?accompagnement

D?ailleurs, la MSPA affirme ? tout comme l?a précisé auparavant le ministre Arvin Boolell ? que «le fonctionnement des institutions financées par le cess, et donc les producteurs, doit être revu rapidement afin de les rendre producer driven et de réduire leur coût».

Pour mitiger les effets de la baisse, l?Union européenne mettra à la disposition des pays exportateurs tels que Maurice des mesures d?accompagnement, dont le montant final reste à être déterminé. Ces aides financières décaissées en faveur du pays figureront dans les comptes du ministère des Finances.

La MSPA affirme, de son côté, que les producteurs devront obtenir un support à leurs revenus. «Cette mesure est capitale pour garder en activité tous les producteurs qui devront investir dans les prochaines années alors même que les prix baissent rapidement et drastiquement durant la même période», affirme l?association.

La réforme entrera dans une phase cruciale et sensible en 2006 et 2008, deux années où les effets de la baisse seront ressentis des plus violemment. D?ailleurs, le ministre Arvin Boolell est en mission pour intensifier le lobbying auprès des pays qui, comme Maurice et les ACP, affirment que la baisse de 39 % sur quatre ans est trop dure.

Lors d?une rencontre majeure avec les ministres européens de l?Agriculture, lundi, à Bruxelles, les ACP et les pays les moins avancés feront cause commune pour demander une réduction plus soutenable, en phase avec les règlements de l?Organisation mondiale du commerce. Tant à Maurice qu?à Bruxelles, le temps presse?

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