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Les premiers jalons posés

8 août 2007, 00:00

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Le gouvernement régional voit grand pour le secteur de la pêche industrielle. A cet effet, une compagnie appartenant à 100 % à l?Etat, la Rodrigues General Fishing Co. Ltd vient d?être mise sur pied pour relancer la maison des pêcheurs et veiller à ce que les normes de l?Union européenne soient respectées.

Au cours d?une brainstorming session avec des pêcheurs et des investisseurs potentiels, fin juillet à Port-Mathurin, le Chef commissaire, Johnson Roussety, a posé les jalons de la pêche hors lagon. Fort de son expérience, après une visite privée au Sri Lanka, en juin, il estime que Rodrigues peut se lancer avec succès, comme ce pays, dans une véritable industrie de la pêche.

Chenaux et port de pêche

Les Srilankais, précise-t-il, construisent eux-mêmes des bateaux de 40 à 60 pieds de long, destinés à la pêche hauturière, dans des boatyards (petit chantiers navals). ?Nous pouvons faire venir des Srilankais pour former les Rodriguais pour la construction de bateaux. Une fois que nous aurons le moule, ils pourront prendre la relève?, explique Johnson Roussety.

Le Chef commissaire précise que l?achat des bateaux peut également être financé par la Banque de développement et des banques commerciales. L?aide de l?IFAD sera aussi recherchée. Des coopératives peuvent également être créées.

Johnson Roussety précise que, malgré les contraintes budgétaires, une somme de Rs 25 millions sera investie dans l?achat d?une drague légère pour creuser les chenaux de Pointe-Monnier et de Baie-aux-Huîtres afin de permettre aux bateaux de 60 mètres de circuler. Un port de pêche sera créé à Baie-aux-Huîtres. Les travaux démarreront cette année.

Actuellement, les bateaux, engagés dans la pêche au gros comme sport doivent évacuer, de temps à autre, la zone portuaire afin de permettre au Mauritius Pride d?accoster le quai. Avec le dragage des chenaux, ces opérateurs pourront pousser vers Baie-du-Nord.

Johnson Roussety déplore cependant que les Rodriguais préfèrent investir dans l?achat d?autobus et de camions au lieu de le faire dans le secteur de la pêche. Il fait un appel aux pêcheurs et aux investisseurs potentiels d?investir dans la pêche industrielle qui est, selon lui, un secteur porteur et qui générera des emplois.

Cependant, le Chef commissaire reconnaît la nécessité de former des skippers et d?améliorer le réseau de communications marines.

Jean-Yves Thépaut, consultant de l?Union européenne en matière de pêche attaché au ministère de l?Agro-Industrie, est à Rodrigues en vue de faire une évaluation du secteur de la pêche et de soumettre des recommandations au gouvernement régional. ?Les Rodriguais se contentent de pêche ancestrale. Le lagon ne nourrit plus, mais n?est pas pollué. On peut le transformer en une ferme aquacole?, constate-t-il.

Le consultant propose deux activités rentables dans le lagon : l?élevage de concombres de mer (bambaras) et la culture d?algues marines utilisées pour la fabrication de médicaments. Il propose ensuite l?exportation du poisson et le développement de la maison des pêcheurs comme point d?ancrage. ?Si vous ne développez pas la pêche régionale, vous ouvrez la porte aux braconniers?, soutient-il.

Jean-Yves Thépaut suggère que les piqueuses d?ourites soient reclassées dans la culture et la transformation d?algues. ?J?ai remarqué que la plupart des poulpes pêchées sont des femelles. Il faut encourager une pêche sélective et fermer la pêche dans le lagon pendant deux mois?.

JOSEPH MARCELIN CESAR

Un investisseur potentiel

n Joseph Marcelin César, qui est engagé depuis dix ans dans la pêche au gros sportive, compte présenter au gouvernement régional un projet de pêche hauturière et d?exportation de poissons. Il envisage de vendre ses deux bateaux, Dorado 1 et 2, pour acheter ensuite un plus grand bateau approprié pour la pêche industrielle.

Selon lui, les bateaux destinés à la pêche hauturière sont différents de ceux utilisés pour la pêche au gros comme sport. Les cabines pour les premiers occupent beaucoup moins d?espace et permettent de stocker une importante cargaison de poisson. Mais il est un homme de la mer, ayant accompagné son père dans des parties de pêche au lagon.

A travers l?Internet, Joseph Marcelin César dit qu?il peut se procurer un bateau de Rs 3 à 7 millions d?Australie. ?Je préfère un bateau pouvant être utilisé pour les différents types de pêche, dont les crevettes et les poissons. Les poissons pélagiques s?en vont vers les eaux plus chaudes en hiver. Si on dispose d?un bateau pour la pêche au thon seulement, on ne pourra pas pêcher tout le long de l?année?, explique-t-il. L?opérateur a aussi une préférence pour des bateaux dotés d?équipements pour la fabrication de glaçons en paillettes. ?Une campagne de pêche doit durer au minimum une semaine. Les poissons recouverts de glaçons peuvent rester au frais tout le long de la campagne?, affirme-t-il. Détenteur d?un certificat de skipper, Joseph Marcelin a navigué jusqu?à 8 000 nautiques. Cela réserve bien des surprise et comporte un élément de risques. La formation est importante. En cas de mauvais temps, il ne faut pas s?aventurer en haute mer?, dit-il. Joseph Marcelin estime qu?il manque des experts dans le domaine de la pêche, surtout au niveau de l?administration. Il est confiant que le salut de Rodrigues se trouve dans ce secteur ainsi que celui du tourisme.

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