Publicité

Les premiers diplômés du SSR Medical College

17 octobre 2006, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Visage juvéniles mais affichant toujours une détermination proche de la passion, la trentaine de médecins de formation locale inspire confiance. Au terme de leur formation au SSR Medical College, et de leur internat pendant lequel ils auront eu un aperçu du noble métier qui les attend, ils n?ont qu?un mot à la bouche : c?est un rêve d?enfant qu?ils réalisent. Un mot qui revient systématiquement chez ces jeunes réunis hier soir pour un dîner des anciens du SSR Medical College. Ils s?agit de la toute première promotion de médecins.

Leur internat d?une année, qui se termine pour certains en novembre et d?autres en janvier, leur a permis de travailler sous la supervision de spécialistes et de constater que leur formation a été à la hauteur de leurs attentes. Ces jeunes hommes et femmes qui ont endossé la blouse blanche ont investi gros pour apprendre à soigner.

Le rêve de soigner? ?Ni le comportement en général négatif du public, ni le risque de commettre une faute professionnelle ne me font peur?, lance Kaminee Balloo, 24 ans. Elle sera un médecin autonome en janvier prochain. Elle aura alors terminé son internat et travaillera seule. Prendra ses décisions seule. ?Ni la possibilité d?une négligence médicale, ni de l?hostilité du public ne briseront mon rêve de soigner les autres avec compassion. Une année d?internat et ma formation de cinq ans au SSR Medical College m?ont donné suffisamment de bagage et de confiance?, dit cette jeune femme qui compte ultérieurement se spécialiser en pathologie. Ses plus grandes satisfactions, elle les tire aujourd?hui non de ses salaires de médecin, mais du travail bien accompli malgré la grande fatigue ressentie après une longue journée de travail à l?hôpital.

Harsha Patak, 24 ans, qui terminera son internat en janvier prochain, vit son métier avec la même passion et la même énergie. ?Quand je regarde les infections de peau et les plaies purulentes, je ne vois pas le côté entre guillemets dégoûtant de la chose. Je ne vois qu?un patient qu?il faut traiter.? Elle compte d?ailleurs se spécialiser en dermatologie. ?Mon internat m?a amenée à travailler sous supervision dans la section dermatologie de Candos, et j?ai été marquée par l?atmosphère, la façon de travailler et l?approche qu?ils ont vis-à-vis des malades?, nous dit-elle. Ses parents et elle ont lutté pour qu?elle arrive à faire de son rêve une réalité. Un investissement de Rs 700 000 et cinq années d?études très dures. ?Mais je n?ai jamais pensé à abandonner. J?ai tenu le coup pour pouvoir exercer ce métier et je compte poursuivre plus loin dans cette voie?, dit elle.

Longues heures de travail

Sewin Sungkur, 24 ans, travaillera en autonome l?année prochaine après la fin de son internat. Il sait ce qui l?attend mais cela ne l?effraie pas. Il a confiance dans sa formation et dans son internat, mais sait aussi que le métier qu?il a choisi implique qu?il doit continuellement apprendre et mettre à jour ses connaissances. L?attitude ?souvent hostile du public? ou les longues heures de travail, surtout quand il est de garde, ne l?ont jamais découragé.

?Je crois que le désir d?aider les autres est très fort chez tous les médecins et permet de surmonter tous les contre-coups de ce métier?, dit ce jeune médecin qui compte se spécialiser en ophtalmologie, impressionné par les ophtalmologues lors d?une partie de son internat à l?hôpital de Moka.

Jory Dushanraj, 25 ans, a lui des difficultés pour choisir sa spécialisation. Il terminera son internat le mois prochain. ?J?ai aimé tous les départements spécialisés des hôpitaux où j?ai été posté. Je ne sais pas lequel choisir. Ils sont tous passionnants?, dit-il. Ce fils de policier a en fait refusé une bourse pour des études en informatique pour investir Rs 800 000 dans sa formation de médecin au SSR Medical College.

Il ne regrette pas ce choix. Son internat lui a prouvé qu?il a l?étoffe d?un bon médecin. ?J?estime que je suis bon, et avec de l?expérience, je serai meilleur.? Une confiance en soi et en ses capacités qui n?a rien de la vanité ou de l?arrogance, mais qui est celle de jeunes médecins pleins de fougue et d?énergie. Il faudra juste espérer que rien n?entamera leur ténacité.

CÉRÉMONIE

Ramgoolam aux futurs médecins : ?Souvenez-vous d?Hippocrate...?

■ Le SSR Medical College a fêté hier ses premiers diplômés. Ils étaient une cinquantaine, hier, au centre Swami Vivekananda, parés de leurs plus beaux atours et visiblement fiers d?en être arrivés là. ?Une éducation de qualité à un prix abordable?, a résumé un des jeunes médecins.

Le Premier ministre, présenté comme celui sans lequel le projet n?aurait pas abouti, s?est dit satisfait de voir l?école médicale SSR, un projet qu?il avait inauguré en 1999, décerner ses premiers diplômes. Navin Ramgoolam parle de la résistance qui a entouré le projet dès le tout début, alors que l?idée de l?école médicale se matérialisait. ?Le succès de cette école illustre très bien le point que leadership veut dire prendre des décisions difficiles même face à la résistance. Cette opposition peut quelque fois se matérialiser parce que les gens ont des intérêts particuliers mais quelquefois parce que les gens ont vraiment peur du changement. Leadership veut dire courage, perséverance et surtout de la conviction?, a affirmé le PM. Le PM a demandé aux futurs médecins mauriciens ?de faire de votre mieux pour sauver des vies.? Il les a aussi poussés à toujours tenir en compte les mots d?Hippocrate dans l?exercice de leur fonction, ?D?abord ne faites pas de mal. Pour être un bon médecin, vous devez avoir à c?ur l?intérêt de l?humanité. Pour soigner un patient, il faut le traiter comme un être humain, pas comme une statistique.? Le PM leur demande aussi de toujours se tenir à l?affût de tous les développements dans le monde de la médecine car la ?négligence médicale est désormais un nouveau créneau.? Les ministres Satish Faugoo, Arvin Boolell, Vasant Bunwaree, Dharam Gokhool, Sylvio Tang et Madun Dulloo ont aussi assisté au dîner offert par la SSR Medical College.

Publicité