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Les premières victimes de la dégringolade du sucre
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Les premières victimes de la dégringolade du sucre
Les premières victimes de la baisse de prix du sucre à l?exportation risquent fort de se trouver dans l?ancienne zone théière de Maurice. La plupart des 2 143 producteurs recensés dans cette région sont incapables de rentrer dans leurs frais avec une chute du prix de plus d?un tiers. Et la productivité des champs a chuté de 50 % au cours des dernières années.
La zone théière reconvertie à la canne s?étend sur les hautes plaines de FUEL, Highlands, Mon-Désert-Alma, Riche-en-Eau et Rose-Belle. En 1995, l?intégration du Portugal au sein de l?Union européenne contraignait celle-ci à augmenter le quota d?exportation de sucre accordé aux pays d?Afrique, des Caraï-bes et du Pacifique. La part de cette hausse revenant à Maurice était d?environ 85 000 tonnes de sucre.
Pour produire cette quantité supplémentaire, le gouvernement de l?époque avait décidé de remplacer le thé, dont la production n?était plus très rentable, par la canne à sucre dans ces régions pourtant peu adaptées à cette culture.
<B>Une région inadaptée à la canne à sucre</B>
L?État subventionna alors l?aménagement des champs à grands frais. Depuis, les anciens planteurs de thé ont fait neuf récoltes de canne. Mais la productivité des champs n?a cessé de baisser au fil des moissons. Elle a atteint un pic d?environ 173 000 tonnes avant de chuter à 88 000 tonnes l?année dernière. La superfi-cie récoltée est aussi en régression, passant de 2 150 hectares à 1 900 durant cette période.
La richesse de la canne est également en chute libre. Un hectare produit en moyenne 46 tonnes de canne et 4,6 tonnes de sucre, contre deux fois plus en 1997. L?année dernière, la région a produit un peu moins de 8 800 tonnes de sucre contre environ 16 000 cinq ans plus tôt.
L?ex-zone à thé est une région très humide, inadaptée à la culture de la canne à sucre. De plus, les agriculteurs ne pratiquent une administration rigoureuse des cultures. Ils sont regroupés au sein d?un trust dont la bureaucratie, il faut le dire, n?aide pas. Tout cela contribue à augmenter les frais d?exploitation dans cette région.
La Sugar Productivity and Competitiveness Unit du ministère de l?Agro-industrie a envisagé trois scénarios de baisse de prix. Au moins un planteur sur deux ne pourra rentrer dans ses frais, que le sucre se vende à Rs 10 000 la tonne ou à Rs 12 000.
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