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Les possibilités se précisent

9 janvier 2008, 20:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Semer pour mieux récolter. Mais surtout planter autre chose que la canne à sucre ; innover. Dans le contexte actuel, la diversification agricole est un thème d?actualité et, au niveau stratégie, un développement d?avenir. Avec les changements qui affectent l?industrie sucrière, terres et main-d??uvre disponibles rouvrent les portes des possibilités de la diversification agricole.

Environ 7 000 travailleurs de l?industrie sucrière, dont une majorité compte une dizaine d?années d?expérience dans les champs, ont choisi de prendre une retraite anticipée. Un bon nombre d?entre eux jauge les possibilités de reconversion dans le secteur agricole.

Dans le cadre du recyclage des employés de l?industrie sucrière, des cours de formation ont été mis sur pied. Dans le secteur agricole, l?Agricultural Research and Extension Unit (AREU) est responsable des cours de jardinage, de culture vivrière, et d?élevage. Ces sujets ont été identifiés suite à une analyse des besoins en formation des travailleurs optant pour le Voluntary Retirement Scheme (VRS) 2, le Early Retirement Scheme (ERS), ou le Blue-Print. Depuis le mois de décembre dernier, 444 participants ont ainsi été initiés au jardinage, 162 à la culture de légumes, et 43 à l?élevage de bétail.

Les cours, qui reprennent à partir de ce mois-ci, sont tenus dans diverses régions de l?île, notamment à Mapou, Flacq, Plaisance, St Pierre, FUEL, Médine et à Réduit, avec le concours du Regional Training Centre.

Une première ébauche d?un plan stratégique pour la période 2007 ? 2015 du ministère de l?Agro-industrie met en exergue l?importance de la diversification agricole. Celle-ci est nécessaire afin de réduire la dépendance de Maurice sur les importations, mais également pour promouvoir la sécurité alimentaire. Une notion qui devient problématique sur la scène internationale.

Maurice importe la majeure partie de ses aliments. Selon les chiffres avancés par l?AREU, les importations de nourriture se chiffrent à Rs 18 milliards, annuellement.

Au niveau de l?AREU, on souligne la sécurité alimentaire sur le long terme. «Pour le moment, nous sommes plus ou moins autosuffisants en production agricole pour tout ce qui concerne les légumes, excepté durant certaines périodes, en temps de sécheresse ou de cyclone», soutient Shyam Bisnauthsing, Scientific Liaison Officer de l?AREU. Il insiste cependant sur trois facteurs qui impacteront sur la production agricole locale.

Le premier facteur est celui de la superficie sous culture. «Il y a, avec les changements qui affectent l?industrie sucrière, plus de surfaces de terre qui sont en train d?être libérées et qui vont l?être», fait ressortir Shyam Bisnauthsing.

Au-delà de la mutation de l?industrie sucrière en industrie cannière, les demandes des consommateurs, en pleine évolution, sont aussi à considérer. «Les choses ont évolué. De nos jours, il faut aussi prendre en considération les exigences des consommateurs, qui sont devenues plus pointues», insiste le représentant de l?AREU.

Les facteurs économiques ont également une relation très étroite avec les besoins de diversification agricole. «Avec l?objectif de deux millions de touristes d?ici 2015, cela fera deux millions de gens de plus à nourrir. Nous avons déjà autour d?un million de touristes», rappelle Shyam Bisnauthsing. Alors que la population tourne autour de 1,3 million d?habitants, le nombre d?arrivées touristiques doit aussi être pris en considération par rapport à l?alimentation.

De plus, les demandes du secteur touristique en termes de produits d?alimentation diffèrent de celles du marché local. «Les légumes que l?on consomme dans l?hôtellerie sont ceux que nous ne consommons pas traditionnellement à Maurice. Un exemple serait l?endive. De plus, l?hôtellerie consomme aussi beaucoup de fruits tropicaux», explique Shyam Bisnauthsing.

Autosuffisance alimentaire à hauteur de 10 %</B>

Avec de telles demandes, le besoin d?une production adaptée se fait sentir. Dans le passé, les tentatives de diversification agricole n?ont pas toutes été couronnées de succès. La production laitière locale a été l?exemple d?un échec. Le sujet revient cependant sur le tapis depuis l?année dernière. Les nouvelles donnes économiques encouragent les investisseurs à s?intéresser au secteur. Plusieurs projets ont été soumis au ministère de l?Agro-industrie. Des terrains à bail ont été identifiés pour douze d?entre eux dans les régions de Salazie, Petit Merlo et La Brasserie.

«Dans le passé, les tentatives de diversification agricole n?ont pas toutes été couronnées de succès. La production laitière locale a été l?exemple d?un échec. Le sujet revient cependant sur le tapis depuis l?année dernière. Les nouvelles donnes économiques encouragent les investisseurs à s?intéresser au secteur.»

Dans le cas de la production laitière, une production à échelle industrielle est désirée. Cependant, pour la diversification de la culture vivrière ou celle des fleurs, les petites entreprises pourraient trouver des opportunités à saisir. Un encadrement est nécessaire afin de soutenir ce genre d?acteurs. L?AREU se charge, dans cette optique, de la formation. L?organisme encourage également une production à petite échelle par des habitants de régions rurales. «Avec l?urbanisation des villages, la présence d?arbres a diminué drastiquement», explique Shyam Bisnauthsing. «Nous encadrons donc les habitants pour qu?ils cultivent certains fruits dans leur arrière cour», poursuit-il. Ainsi l?emphase est placée sur des fruits rares et dont le prix est élevé. Par exemple, le «c?ur demoiselle», qui se vend aux alentours de Rs 35 000 à Rs 40 000 la tonne.

L?Etat vise une autosuffisance alimentaire à hauteur de 10 % d?ici 2015. Des initiatives à grande échelle sont donc requises si cet objectif doit être atteint. Certaines entreprises ont réussi, de façon durable, à se développer dans des domaines agricoles innovateurs.

Les Vergers de Labourdonnais sont un exemple de développement agricole qui a su perdurer au fil des années. Lancée au début des années 70s par la Compagnie Agricole de Labourdonnais, l?entreprise a depuis, graduellement grandi. «Nous occupons actuellement environ 60 hectares», souligne Pierre Raffray, directeur général des Vergers de Labourdonnais. Il explique notamment que cette superficie a augmenté au fil des années, pour en arriver là. En 2007, 15 hectares sont venus s?ajouter à ceux où sont cultivés des arbres fruitiers, en majorité des agrumes.

On reconnaît souvent les jus de fruits frais provenant de l?entreprise, sur les étagères des grandes surfaces. La palette des produits de la compagnie est cependant plus large. «Nous faisons de la pâte de fruits, de la confiture, des jus, et des sorbets», résume Pierre Raffray. Les Vergers de Labourdonnais comptent aussi une pépinière. Si les produits de l?entreprise sont principalement destinés au marché local, l?export est aussi un créneau que tente d?exploiter la compagnie. «On essaie d?atteindre 25 % en termes d?exportation», confirme le directeur général des Vergers de Labourdonnais.

TÉMOIGNAGE

<B>Après les champs, d?autres champs</B>

■ A 52 ans, Jassoda Bhojonako, s?intéresse aux fleurs. Après 23 ans passés dans les champs de canne, cette habitante de Bramsthan souhaite entamer une autre activité. «Ce serait bien que je trouve un emploi dans le secteur agricole. Je souhaite travailler dans la culture des fleurs, surtout celle des anthuriums», soutient cette mère de deux enfants.

Suite logique : bon nombre de personnes issues des champs souhaitent rester dans le secteur de l?agricole, l?expérience aidant. «Je recherche un emploi comme jardinier. Je plante déjà des légumes et je peux aussi travailler dans ce domaine», confie Deven Nellatambee, qui a travaillé pendant 37 ans dans des champs de canne à Bel Etang.

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