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Les planteurs veulent plus de parts dans l?industrie de la canne

26 octobre 2007, 00:00

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Les propos du Premier ministre au congrès du Parti travailliste, dimanche, galvanisent les petits planteurs. Ils disent leur satisfaction devant l?intention annoncée de Navin Ramgoolam de procéder à des changements dans la Multi Annual Adaptation Strategy (MAAS), le plan de réforme de l?industrie sucrière. Ils espèrent une plus grande participation dans les nouvelles filières de la canne à sucre, dont le secteur ?très rémunérateur? de la production énergétique.

?Nous espérons que nous allons pouvoir participer de manière significative, soit à la hauteur de 30 à 40 %, dans l?actionnariat de nouveaux clusters, en particulier celui de l?énergie qui est très rémunérateur?, affirme Salil Roy, président de la Planters Reform Association (PRA). Il animait hier un point de presse à Port-Louis, en présence de représentants d?autres groupes de petits exploitants.

Salil Roy préconise la participation directe, et non à travers le Sugar Investment Trust, par exemple. La PRA suggère au gouvernement de puiser dans les mesures d?accompagnement de l?Union européenne en vue de constituer un fonds qui permettra aux planteurs d?investir dans les centrales thermiques, les raffineries et les distilleries.

Outre la participation à l?actionnariat des nouvelles activités, les planteurs revendiquent une meilleure rémunération de leur part de bagasse et de mélasse, intrants à la production d?électricité et d?éthanol, respectivement. Les recommandations de la MAAS, selon l?association des planteurs, ne leur permettront pas de récupérer la valeur réelle de la canne. Les usiniers auront la main haute sur les sous-produits dont le potentiel de rentabilité s?avère de plus en plus intéressant avec les opportunités dans l?énergie et les distilleries.

La MAAS dans sa forme actuelle, dit Salil Roy, marginalise les 28 000 petits agriculteurs du pays. Les autorités ont là une occasion pour rectifier le tir en procédant à des modifications au plan. ?Nous avions de grandes espérances avec ce plan, qui aurait dû faire une discrimination positive en faveur des planteurs. Nous n?avons jamais opéré avec une mentalité d?assistés. Les planteurs ont toujours ?uvré dans des conditions très difficiles. Le gouvernement a un devoir moral de veiller sur nos intérêts, surtout à un moment où nous faisons face à une situation très difficile.?

<B>Nouveaux créneaux</B>

Kreepalloo Sunghoon, secrétaire de la Small Planters Association (SPA) rejoint ce point de vue. ?Il n?y a jamais eu de consultations avec les planteurs durant la préparation de la MAAS. On aurait pu éviter beaucoup de problèmes dès le départ.?

La démocratisation de l?économie devra trouver sa pleine expression dans le secteur sucre, souligne la PRA. Les nouvelles opportunités devraient aider à pallier les baisses de recettes sucrières projetées. L?ouverture de l?économie devrait permettre aux planteurs d?explorer de nouveaux créneaux hors-sucre. Encore faut-il que les marchés pour écouler les produits soient suffisamment ouverts aux nouveaux opérateurs. ?L?économie mauricienne ne peut plus se permettre d?opérer dans un circuit fermé. Les planteurs ont beaucoup de difficultés à vendre leurs fruits et légumes dans les hôtels. Les portes sont fermées. Nous devrons nous aussi bénéficier du développement touristique?, soutient Salil Roy.

Il estime qu?il faudra s?inspirer du modèle adopté par l?Integrated Resorts Scheme d?Anahita dans l?Est. Le projet consiste à permettre aux fermiers et pêcheurs de la région de vendre leurs produits directement aux futurs occupants des villas.

Le rapport MAAS ne prévoit rien pour soulager les difficultés financières des petits planteurs, estime Kreepalloo Sunghoon. Beaucoup ne pourront honorer leurs dettes, avec la baisse de 36 % du prix du sucre. ?Le rapport MAAS prévoit plusieurs soutiens financiers et encouragements fiscaux pour permettre aux sociétés sucrières d?honorer leurs engagements. Toutefois, il n?y a aucune mention en ce qui concerne nos difficultés financières.?

MAAS

<B>L?Europe attend les nouvelles propositions du gouvernement</B>

■ La Multi Annual Adaptation Strategy (MAAS) énonce les conditions à respecter pour obtenir les mesures d?accompagnement promises par l?Union européenne (UE). ?Nous avons appris que le gouvernement compte apporter des changements à la MAAS. Nous attendons les nouvelles propositions du gouvernement. Il y a des implications légales dans la mesure où il y a un contrat entre l?Etat mauricien et l?UE. Nous ne pouvons pas cependant juger la situation sur la base des discours politiques. Il nous faut des documents officiels pour cela?, indique une source de la délégation de la Commission européenne à Port-Louis.

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