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Les plaisanciers de l?îlot Gabriel manifestent
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Les plaisanciers de l?îlot Gabriel manifestent
Tout sauf une promenade de santé. L?itinéraire était pourtant le même pour la trentaine de catamarans qui a fait le déplacement. Avec à leur bord, à la place des touristes payants, des villageois voyageant gratis.
Grand Baie ? l?îlot Gabriel, en une heure et demie. Une traversée en signe de protestation contre l?installation du projet d?Ocean Blue Island Co. Ltd sur l?îlot depuis samedi. ?Nous avons offert ce voyage aux villageois pour leur montrer la beauté de l?îlot Gabriel, pour leur dire qu?il faut le préserver et empêcher un promoteur de faire du tort à l?environnement fragile de l?îlot?, explique Ravin Emrith, plaisancier. Pour cela, les catamarans se sont mis d?accord pour annuler les réservations prévues. Au nom de la mobilisation contre la location à bail de l?îlot Gabriel.
?Nou finn trouv enn zoizo mort?
Tout se passe hier matin. C?est l?effervescence sur la jetée de Sunset Boulevard à Grand-Baie. Des villageois qui d?habitude font salaam aux bateaux de la plage, ont eu l?occasion d?embarquer. Au retour vers 16 h, l?un d?eux ramènera le corps inanimé d?un paille-en- queue. ?Nou finn trouv zoizo mort là-bas?, dit-il.
Si les arguments des plaisanciers, du Front commun qui s?est constitué avec des pêcheurs, des opérateurs de catamaran sont écologiques (l?arrachage de plantes endémiques dont le Baume de l?île Plate et le bois matelot et la destruction de l?habitat des paille-en-queue), l?affaire de l?îlot Gabriel est surtout d?ordre économique.
En effet, le projet de Ocean Blue Island Co. Ltd, en place depuis samedi, prévoit que cet opérateur fasse payer Rs 400 par visiteur, c?est-à-dire Rs 100 plus Rs 15 de TVA, c?est-à-dire Rs 115 comme droit d?entrée sur l?îlot. Et Rs 285 pour la restauration (grillades et boissons à volonté). L?installation de toilettes est prévue ultérieurement.
Jayraj Woochit, l?homme derrière Ocean Blue Island Co. Ltd. précise : ?Les Mauriciens ne paieront pas de droit d?entrée. Nous ne pouvons pas les empêcher d?emmener leur pique-nique et s?ils veulent manger chez nous, cela coûtera Rs 295.? Une somme à ajouter aux Rs 800 réclamées par les opérateurs de plaisanciers pour l?aller-retour. Si son bail de sept ans, effectif depuis février 2007, couvre la totalité de l?île, son projet sera installé sur 10 000 mètres carrés de l?îlot Gabriel. Il prévoit qu?Ocean Blue Island Co. Ltd soit responsable du nettoyage et de l?entretien des lieux. ?Nous avons enlevé tous les siko qui blessaient les touristes qui se promènent sur l?île. On ne compte plus les sacs de détritus que nous avons enlevés. Des saletés que les opérateurs de catamarans laissent derrière eux?, affirme-t-il.
Figure atypique, Patrick Hart de Keating, propriétaire du bateau Ti Moustic, soutient les dires de Jayraj Woochit. ?Je trouve qu?il était temps de mettre de l?ordre sur l?îlot?, lance-t-il. Les plaisanciers, eux, comptent faire de nouvelles sorties gratuites demain et dimanche.
NATURE WATCH, LA FIN DU COMBAT
■ Où est passé Nature Watch ? C?est simple. Cette ONG positionnée en première ligne du combat pour la sauvegarde de la forêt de Ferney n?existe plus. Il ressort qu?Alvin Brigemohun, président de l?ONG, a émigré au Canada. John Lam, secrétaire de Nature Watch en 2005, se souvient. Au départ, c?est un groupe de jeunes, aimant le surf et la nature, qui est révolté par un article parlant de la destruction de la vallée de Ferney. ?C?était un mouvement spontané. On s?est mobilisé pour la cause. Cela n?a pas été chose facile.? John Lam raconte comment, ?on a été obligé de s?enregistrer, de passer par toutes sortes de formalités?. Nature Watch jurera plusieurs affidavits et entrera une demande d?injonction en Cour suprême pour demander que les travaux soient stoppés. Maintenant que la vallée est hors de danger, John Lam se dit ?dégoûté de devoir me justifier. J?ai l?impression que l?on a sauvé un bébé abandonné et aujourd?hui, on vient nous reprocher de ne pas sauver tout l?orphelinat?. Pour lui, l?action de Nature Watch avait pour objectif de ?montrer que des citoyens ordinaires peuvent se mobiliser. Pendant un an, les gens ont regardé d?autres faire tout le travail. C?est à eux de se mobiliser maintenant?.
■ Mais qui est Jayraj Woochit ? Dès que l?on aborde le terrain des convictions politiques, cet habitant de Pointe-aux- Piments secoue la tête. Refuse d?aborder le sujet, sans nier de quelconques affinités. Il choisit avec soin ce qu?il veut dire. Il faudra lui tirer les vers du nez pour qu?il consente à nous dire qu?il est ?enn biznessman ki travay avek tourist?. Son premier bateau, il s?en souvient, c?était une pirogue, baptisée Seagull End, achetée en 1973. Depuis, Jayraj Woochit a prospéré, a ouvert Seaquest Parasailing à Trou-aux-Biches, ?avec trois bateaux pour le moment?. Il s?est aussi associé à Achee Leung, propriétaire du Café de la plage, pour mettre sur pied Ocean Blue Island Co. Ltd, la société qui a obtenu le bail de sept ans pour l?îlot Gabriel.
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