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Les petits États exigent un mécanisme de suivi

13 janvier 2005, 00:00

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Dix ans après la Réunion de la Barbade, les petits Etats insulaires ont retenu la leçon : sans un suivi rigoureux, les grandes déclarations, les bonnes intentions et les promesses d?aide restent lettre morte.

Pour tenter de remédier à ce travers, la déclaration politique finale de la réunion des Nations unies sur les Small Islands Development States (Sids) devrait comprendre une demande expresse pour la création d?un mécanisme de suivi.

En tout cas, les principaux concernés, les délégations des Sids, faisaient comprendre hier que c?était pour eux un des principaux enjeux de cette réunion. ?Sans un mécanisme de suivi approprié la Réunion de Maurice connaîtra le même sort que celle de la Barbade?, commentent les autorités mauriciennes qui suivent ce dossier.

Effectivement, lors des délibérations à Pailles où se tient la réunion sur les Sids, un des reproches souvent formulés est que la Réunion de la Barbade n?a débouché sur rien de concret par manque de suivi et aussi parce que les pays développés n?ont pas respecté les engagements pris, notamment sur le plan financier.

Volet commercial

Dans l?esprit des Sids, il est donc primordial cette fois d?instituer un système de suivi qui aura pour tâche de veiller à la mise en application de toutes les recommandations issues de la Réunion de Maurice. Les petites îles font donc le maximum pour que cette structure de suivi soit inscrite dans la déclaration finale.

Cette instance devrait faire partie du système des Nations unies afin de pouvoir plus efficacement effectuer un suivi périodique du progrès accompli. Si cette instance constate qu?il y a un problème dans la mise en oeuvre des décisions de la Réunion de Maurice, elle devra en faire état et faire des recommandations pour remédier à la situation.

Par ailleurs, le volet commercial ne sera pas oublié. La déclaration finale qui sera connue comme la déclaration de Maurice pourrait recommander la création d?un groupe des Sids au sein de l?Organisation mondiale du commerce (OMC). A hier, toutefois, il n?y avait pas encore de consensus sur la question. Pour de nombreux pays développés les Sids ne sont pas une entité homogène et ne méritent donc pas d?être traités comme un groupe à part entière.

Toutefois, il y a eu un développement positif important sur la question des préférences commerciales. Certains pays voulaient lier les préférences commerciales à la règle de most favoured nation qui stipule que toute faveur commerciale accordée à un pays doit être étendue à tous. Ces pays ont fait marche arrière sur cette position au soulagement des Sids.

Encadrement juridique

Si les principales divergences semblent avoir été aplanies au niveau du volet commercial de la déclaration finale, il reste encore d?autres points de désaccord, notamment au chapitre du changement climatique et à celui du transport des déchets nucléaires. Sur le premier dossier, les petits Etats insulaires les plus exposés au réchauffement du climat et à la montée des océans réclament une réduction de l?émission des gaz à effet de serre. Des pays comme la Russie s?y opposent.

Pour le transport des déchets nucléaires certains pays souhaitent que l?on mette un terme à ce trafic dans les régions où se trouvent les Sids. D?autres prônent un meilleur encadrement juridique pour accroître la sûreté, l?information, la responsabilité et la sécurité. Une formule d?indemnisation a également été suggérée.

Les discussions sur ces deux dossiers ont repris en début de soirée hier et les responsables prévoyaient de longues heures de travail jusqu?à tard dans la nuit. Le projet de déclaration finale et le strategy paper doivent effectivement être soumis aujourd?hui au comité de haute instance avant leur approbation vendredi.

Cinquante intervenants prévus

La réunion internationale de la conférence des Nations unies sur les petits états insulaires en développement au Centre de conférences à Pailles entre dans une phase cruciale aujourd?hui. Des débats de haut niveau sont prévus sur la mise en ?uvre du programme d?action pour le développement durable des petits états insulaires en développement

La journée sera marquée par les allocutions de Kofi Annan, secrétaire général des Nations unies, Paul Bérenger, Premier ministre mauricien, Jean Ping, président de l?Assemblée générale des Nations unies, et des déclarations d?au moins 50 chefs d?Etats et de gouvernement et autres chefs de délégation.

Une table ronde est prévue sur le thème : ?Pour progresser : mobiliser les ressources pour la suite de la mise en ?uvre du programme d?action de la Barbade.? Elle sera présidée par Owen Arthur, Premier ministre de la Barbade, et Louis Michel, Commissaire européen pour le développement et les affaires humanitaires. Une seconde table ronde aura lieu demain sur le renforcement des capacités et le transfert des technologies.

Autre événement de la journée: une réunion organisée par la délégation indienne sur le thème : ?Le renforcement des capacités dans les PEID pour le développement durable : une éducation moins envahissante pour la maîtrise de l?informatique.?

15 chefs d?État et de gouvernement

Une quinzaine de chefs d?Etat et de gouvernement et 25 ministres assistent à la conférence de l?Onu. Parmi les chefs d?État, on note James Michel, président de la République des Seychelles, Azali Assoumani, président de l?Union des Comores, Hadji Yahya Jammeh, président de la Gambie, Nguema Mbasogo, président de la Guinée équatoriale, Sailele Malielegaoi, Premier ministre des états indépendants du Samoa, Sir Allan Kemakeza, Premier ministre des îles Salomon, Jim Marurai, Premier ministre des îles Cook, Mari Alkatiri, Premier ministre de la République démocratique du Timor-Leste et Owen Arthur, Premier ministre de la Barbade.

Sont aussi présents Jacob G. Zuma, vice-président de la République Sud-africaine, E. Ahmed, ministre d?Etat aux Affaires extérieures de l?Inde, Jean-Louis Schiltz, ministre de la Coopération et de l?Action humanitaire du Luxembourg (qui préside depuis janvier l?Union européenne), Bill Rammell, ministre d?état britannique aux Affaires étrangères et aux Affaires du Commonwealth, Li Zhaoxing, ministre des Affaires étrangères de la Chine, et Don McKinnon, secrétaire général du Commonwealth.

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