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Les Pays-Bas se prononcent sur la Constitution européenne
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Les Pays-Bas se prononcent sur la Constitution européenne
Les Néerlandais étaient invités à se prononcé sur le traité constitutionnel européen, les sondages prédisant une large victoire du ?non? qui aggraverait la crise de confiance déclenchée par le rejet du texte ce week-end par les Français. Les principaux partis de droite comme de gauche ont fait campagne pour le ?oui?, mais d?après les sondages le camp du ?non? est fortement majoritaire, et s?est renforcé qui plus est depuis la victoire des opposants au traité, dimanche en France. Les Pays-Bas, l?un des six pays fondateurs de l?Union européenne (UE) aux côtés de la France dans les années 1950, a vu ces dernières années une montée en puissance de l?hostilité à Bruxelles dans un contexte de tensions politiques et sociales accrues.
Multiforme comme en France, l?opposition au traité s?est appuyée sur la méfiance des Néerlandais vis-à-vis de l?euro, la crainte qu?ils ont de perdre le contrôle de leur politique d?immigration, leur hostilité à la candidature de la Turquie à l?UE et la peur de voir Bruxelles s?attaquer aux aspects les plus originaux de la législation néerlandaise sur le mariage homosexuel, les drogues douces et l?avortement. ?Ce serait un miracle si une majorité de Néerlandais disaient ?oui?, estime Maurice de Hond, un sondeur. Les partisans du texte estiment que les Pays-Bas risquent de se retrouver isolés dans l?UE en cas de vote négatif, et affirment que le traité renforcera la voix de l?Europe sur la scène internationale et permettra à l?UE d?affronter plus efficacement la concurrence économique de l?Asie.
Les bureaux de vote se sont ouverts à 07h30, et ont fermés à 21h00, heure à laquelle un sondage national de sortie des urnes devait être publié. Il s?agit de la première consultation populaire nationale jamais organisée aux Pays-Bas.
<B>Risque de paralysie</B>
Après l?électrochoc du vote français de dimanche, la plupart des dirigeants européens ont exclu toute renégociation du traité, et ont estimé que le processus de ratification devait continuer, soulignant que neuf pays représentant près de 49% des 454 millions de citoyens que compte l?UE l?avaient déjà approuvé. Un ?non? néerlandais rendra toutefois cette position difficilement tenable. Les dirigeants européens se pencheront sur la question lors de leur sommet des 16 et 17 juin.
La Grande-Bretagne pourrait annuler le référendum qu?elle prévoyait d?organiser en 2006, mais elle attendra vraisemblablement pour ce faire d?avoir l?accord des autres pays de l?UE. Le traité, destiné à faciliter les prises de décision après l?élargissement de l?UE de 15 à 25 membres l?an dernier, doit être approuvé par tous les Etats membres pour entrer en vigueur. S?il est rejeté, l?UE continuera à fonctionner avec des règles inadaptées à son nouveau format, ce qui pourrait entraîner sa paralysie.
Un ?non? néerlandais pourrait également remettre en question un futur élargissement de l?UE à une partie des Balkans, à la Turquie et à l?Ukraine, et soulever des doutes quant à la politique économique de l?UE, pesant sur l?euro, qui a reculé depuis le vote français. Il marquerait en outre une nouvelle étape dans une période de troubles sans précédent, dans l?histoire politique du pays, qui s?est ouverte avec le meurtre, en 2002, de Pim Fortuyn, chef de file d?un parti populiste prônant la fermeté face à l?immigration.
Fortuyn faisait son miel de la méfiance de la population envers le gouvernement et de la xénophobie, notamment à l?égard des immigrés musulmans, qu?est venue renforcer, il y a six mois, le meurtre d?un réalisateur aux vues critiques sur l?islam. La hausse du chômage et les restrictions budgétaires ont également fortement entamé le crédit du Premier ministre Jan Peter Balkenende, au pouvoir depuis 2002.
Si le ?non? a coûté son poste au Premier ministre français Jean-Pierre Raffarin, Balkenende a exclu de démissionner en cas de vote négatif, estimant en outre qu?il reviendrait au Parlement de décider de la suite des événements, puisque les députés ont lancé cette consultation alors qu?il y était hostile. Le ministre des Affaires étrangères, Bernard Bot, a estimé qu?une victoire du ?non? n?aurait pas d?impact sur la stabilité du gouvernement. Quant à Balkenende, il a lancé mardi un dernier appel pour le ?oui?. ?Certains disent que cela porte sur la Turquie. La Turquie n?a rien à voir avec tout cela. Certains disent que cela porte sur la politique du gouvernement.?
Emma THOMASSON </B>
RÉACTION POST-SCRUTIN
<B>Chirac confirme l?engagement européen de la France</B>
■ La France continuera à ?tenir toute sa place? au sein de l?Union européenne en dépit du rejet de la Constitution, qui ne remet ?nullement en cause? l?engagement de Paris dans la construction européenne, assure Jacques Chirac dans une lettre aux 24 dirigeants des autres pays de l?Union. Le ?non? ?ne remet nullement en cause l?engagement historique et profond de la France dans la construction européenne?, écrit le président français dans cette lettre datée du 31 mai et rendue publique hier. ?La France est un pays fondateur de l?Union.
Elle continuera à y tenir toute sa place, dans le respect de ses engagements. J?y veillerai personnellement?, souligne Jacques Chirac.
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