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Les patrons africains pensent compétitivité

4 mars 2004, 20:00

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DES employeurs d?Afrique orientale, australe et centrale se réunissent pour partager leurs expériences. Leur objectif : coordonner leur position pour en faire part d?une seule voix à l?Organisation internationale du travail, à l?Union africaine et à d?autres instances internationales. Nombreux sont les orateurs à la conférence internationale, qui se tient depuis hier à l?hôtel Maritim, à souligner que les entreprises peuvent optimiser leurs potentiels ?si elles font du management stratégique leur credo dans un monde de compétition?.

La conférence, inaugurée par le ministre du Travail et des relations industrielles Showkutally Soodhun, accueille des représentants des 20 organisations patronales d?Etats africains. Ceux-ci se penchent sur la restructuration des entreprises, la globalisation économique et le dialogue social. Une centaine d?entreprises africaines, et mauriciennes en particulier, sont présentes. Pour cette raison, l?importance du management stratégique a été choisie comme thème central de la conférence.?Il n?y a pas de formule prédéterminée pour le succès. L?esprit de développement d?entreprise, la capacité d?innover et la faculté des employeurs de s?adapter aux changements sont mis à l?épreuve avec la globalisation et la libéralisation du commerce?, dit le ministre Soodhun. Un point de vue partagé par Frederick Muia, conseiller régional de l?IOE pour l?Afrique. Ce dernier estime d?ailleurs que l?employeur doit adapter ses stratégies d?emplois aux exigences de la compétition internationale.

Selon lui, les chefs d?entreprises doivent prendre en considération les progrès technologiques, pour pouvoir maîtriser les techniques de gestion, et avoir la capacité de mobiliser sa main-d??uvre. Cela aidera, dit-il, les entreprises à répondre aux exigences des clients au niveau de la qualité des produits.

?Strategic management involves strategic analysis, strategic planning and strategic implementation?, ajoute Frederick Muia. Un business qui pèche par manque de leadership, dit-il, a peu de chances de survie. David Arkless, un expert étranger sur la gestion des entreprises, a à ce propos épaté l?assistance hier par les nombreux arguments avancés sur les conditions essentielles à cette survie. Toute entreprise, dit-il, doit avoir une stratégie et un ?business plan?. C?est également pour une question de survie que la Compagnie mauricienne de textile (CMT) s?est fixé comme stratégie de créer ?une usine monstre?, comme l?a fait ressortir son directeur, François Woo.

La CMT emploie aujourd?hui quelque 6 000 personnes, contre seulement une trentaine en 1986 lorsqu?elle a débuté ses opérations. Elle exporte maintenant 50 millions de pièces de vêtements annuellement, au lieu de 200 000 à l?époque. Son chiffre d?affaires a également plus que doublé en trois ans, pour atteindre Rs 4 milliards. François Woo s?attend aussi à ce que les profits de l?usine atteignent Rs 900 millions pour l?année financière 2003-2004, contre Rs 470 millions pour l?exercice précédent.

Ses investissements ont continué d?augmenter pour atteindre environ Rs 1,9 milliard de 1999 à 2004, soit environ Rs 300 millions pour chacune des cinq dernières années. ?Dans le développement de la stratégie des entreprises, il y a 1 % d?inspiration et 99 % de travail acharné. La récompense pour ce travail, c?est encore plus de travail?, dit François Woo. La globalisation, continue-t-il, n?a pas de frontières. La concurrence des pays asiatiques ? de la Chine, de l?Inde et du Pakistan ? est féroce.

Le ministre Soodhun a ensuite souligné qu?un des résultats directs du processus de la libéralisation du commerce est que les entreprises ont été forcées de se restructurer et de réorganiser leurs activités, ce qui a entraîné le processus ?pénible? de diminution de la main-d??uvre. Cependant, dit-il, les objectifs de la productivité et de la profitabilité, alliés aux stratégies visant à créer des emplois, peuvent promouvoir la cohésion sociale et l?intégration.

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