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Les parrains de Tottenham
Côte-d?Or, village coupé du reste de Saint-Pierre, est privé d?établissement scolaire. Des parents doivent encourir les frais de transport pour envoyer leurs enfants à la maternelle attachée à l?école primaire Soo Soobiah, à Réduit. Mais n?ayant pas les moyens, certains d?entre eux ne peuvent le faire. A l?endroit appelé Camp-Auguste, cinq enfants d?âge préscolaire restent à la maison depuis janvier.
Ces parents en difficulté ont approché le bureau régional du Pre-School Trust Fund (PSTF) de Moka. Eddy Renganaden Veerasamy, le responsable, a alors pris contact avec Margarette et Colin Herbert, un couple de Tottenham, Angleterre et dont la femme est Mauricienne, pour parrainer les cinq enfants. Après une visite aux parents, ils ont décidé de mettre à leur disposition un moyen de transport aller-retour de Camp-Auguste à la maternelle de Réduit à partir de demain. ?Tout enfant a droit à l?éducation?Nous ne sommes pas riches, mais nous voulons aider?, confie Margarette, infirmière depuis 38 ans en Angleterre.
Le couple vient à Maurice tous les six mois ces treize dernières années. ?Lorsque nous avons entendu parler des ces enfants défavorisés ayant besoin de l?aide dans le domaine de l?éducation, nous avons acheté en Angleterre du matériel scolaire pour quelque 50 élèves?, précise Colin, un officier du London Transport Buses.
Vivre d?une pension d?invalide
Dans le cas d?un des enfants, Keshav, 3 ans, les Bons Samaritains de Tottenham vont prendre tous ses frais de scolarité - uniforme, chaussures, matériel scolaire et transport, entre autres ? à leur charge. Le père de Keshav, Vikash Unoop, est devenu aveugle depuis deux ans alors que sa femme, Poonam, ne travaille pas. ?Nous vivons de ma pension d?invalide. Nous n?avons pas les moyens d?envoyer Keshav à la maternelle?, se plaint Vikash.
Vikash et Poonam ont trois enfants âgés de 5, 3 et 2 ans. Ne pouvant joindre les deux bouts, ils ont envoyé l?aîné chez sa grand-mère maternelle à Isidorose.
Devianee Unoop, mère de deux enfants et dont l?époux est tailleur, n?envoie plus son fils, Bavish, 4 ans, à la maternelle depuis janvier. Les deux enfants de Premawtee Becham, Pritivi, 4 ans, et Mihir, 3 ans, ne vont pas à l?école. ?Mon époux travaille de temps à autre comme maçon. Nous avons aussi un bébé de trois mois à notre charge?, dit Premawtee.
Le problème ne se pose pas pour les enfants du primaire. Depuis la fermeture de l?école du gouvernement de Côte-d?Or, en raison d?une population estudiantine insuffisante, le ministère de l?Education a mis un moyen de transport gratuit à l?intention des 25 élèves de la région. Mais la fermeture de la seule maternelle privée du village représente un fardeau additionnel pour les parents en terme de frais de transport.
Eddy Veerasamy, qui est aussi secrétaire de l?Institute for Child Rights (ICR), dit croire dans le partenariat communautaire. ?Dans le plan de réforme de l?éducation pré-scolaire, priorité est donnée à l?équité et à l?accès à l?éducation. Le bureau du PSTF, à part sa vocation éducative, ?uvre aussi dans le social et pour le droit des enfants?, explique-t-il.
D?autres initiatives d?Eddy Veerasamy ont porté leurs fruits. Depuis janvier 2004, Courts Ltd parraine dix enfants fréquentant la maternelle attachée à l?école primaire R. Bundun à Bois-d?Oiseaux.
Le PSTF de Moka met aussi en place un programme d?encadrement des enfants hospitalisés aux hôpitaux de Flacq et de Moka. En ce faisant, le bureau régional veut assurer une politique de proximité pour défendre les droits des enfants.
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