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Les ouvrières sri lankaises refusent le rapatriement
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Les ouvrières sri lankaises refusent le rapatriement
«Je pars en emportant avec moi un très mauvais souvenir de Maurice. Mon contrat de trois ans a été écourté en raison de cette grève», affirme Sandu. Elle fait partie de la centaine d?ouvrières sri lankaises qui devaient être rapatriées, faute d?avoir pu trouver un terrain d?entente avec la Compagnie mauricienne de textile (CMT). Et hier, l?aéroport de Plaisance, était le témoin de cris et de larmes de celles qui ne voulaient pas passer par la salle des passagers pour remplir les formalités d?usage avant l?embarquement.
Ces ouvrières sri lankaises avaient en fait entamé une grève depuis quatre jours. Elles protestaient contre leurs heures de travail qui, selon elles, ne correspondaient pas à leur contrat de départ. Malgré l?intervention des membres de la direction pour tenter de les convaincre de prendre l?avion, elles ont campé sur leur position depuis qu?elles ont quitté l?enceinte de l?usine située à Les Casernes, Curepipe, depuis 17 h 30.
Et vers minuit, munies de leurs valises, ces ouvrières s?apprêtaient à passer la nuit à l?aéroport. Avant de quitter le pays, elles veulent d?abord que la direction de la CMT leur alloue trois à six mois de salaire. Une équipe de la Special Mobile
Force était sur place pour prêter main-forte aux membres de la force régulière pour parer à toute éventualité.
Sandu affirme qu?il était convenu que toutes les ouvrières sri lankaises touchent un salaire de base de 200 dollars pour 280 heures de travail par mois. Or, affirme-t-elle, elles sont appelées à travailler au-delà des heures stipulées dans leur contrat de travail. Elles se plaignent également du manque d?aération dans leur dortoir et le langage utilisé par des surveillants à leur égard.
<B>Proposition de la cmt rejetée</B>
Le négociateur de ces ouvrières, Fayzal-Ally Beegun, a, à maintes reprises, eu des discussions avec la direction à propos de leurs conditions de travail. «Il est malheureux que ces ouvrières doivent regagner leur pays dans ces conditions. Les négociations n?ont pas abouti. Elles méritent mieux», affirme le syndicaliste.
La direction de la CMT a tenté, de son côté, de ramener ces ouvrières à la table des discussions. Sans succès. Elle a d?ailleurs proposé que les ouvrières touchent un salaire de base 200 dollars (Rs 6 800) et un dollar pour chaque heure supplémentaire. Une proposition qu?elles ont rejetée. Elles préfèrent retourner dans leur pays, tout en touchant le salaire réclamé.
«J?ai des dettes à rembourser, c?est pourquoi je suis venue travailler à Maurice. Comment je vais faire maintenant ?» confie Chandini, dans un sanglot. Et elles seraient plusieurs à avoir contracté des dettes pour venir à Maurice. D?autres expliquent que leurs parents ne savent même pas qu?elles vont prendre l?avion pour rentrer au pays avant la fin de leur contrat de travail, moins de deux ans après leur arrivée à Maurice.
Environ 900 ouvrières sri lankaises travaillent à l?usine CMT de Curepipe. Celles qui s?y trouvent encore pourraient entamer un cinquième jour de grève aujourd?hui en guise de solidarité avec leurs camarades à l?aéroport. Et hier, elles voulaient les rejoindre pour les soutenir. Car ces ouvrières qui devaient être rapatriées n?avaient rien prévu pour se nourrir et ont dû acheter des snacks à l?aéroport.
Mais déjà, ces ouvrières affirment qu?elles ne manqueront pas de faire écho de leur situation dans les médias une fois de retour dans leur pays?
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