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Les OGM vont-ils faire la loi à Maurice ?
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Les OGM vont-ils faire la loi à Maurice ?
UNE salade avec des gènes de pétunias ou de scorpion dans votre assiette? C?est ce qui pourrait arriver si Maurice se lançait demain dans la production et l?importation de produits génétiquement modifiés sans un encadrement législatif strict.
Un organisme génétiquement modifié (OGM) est un organisme vivant (plante ou animal) dont on a modifié le patrimoine génétique afin de le doter de propriétés que la nature ne lui a pas attribuées. C?est par manipulation et recombinaison de l?acide désoxyribo-nucléique, qui est le principal constituant des chromosomes et donc le porteur de l?hérédité, que l?on construit des OGM. Avec l?annonce de l?introduction prochaine d?un Genetically Modified Organisms Bill et l?intention du ministère de l?Agriculture d?investir dans la biotechnologie, comme stipulé dans le plan quinquennal pour le secteur non-sucre, plusieurs organisations tirent la sonnette d?alarme. Cette technologie récente risque de poser un certain nombre de problèmes pour le pays : rupture de la barrière d?espèces, pollution accrue de l?environnement, pollution génétique, disparition des agriculteurs traditionnels, apparition de nouvelles allergies.
Selon le responsable de la Mauritius Vegetable Planters Association, Devanand Lokhee, l?introduction des OGM à Maurice sera mal accueillie par les consommateurs. Cependant, il considère que pour les maraîchers, cela pourrait être positif car le rendement sera amélioré avec des plantes plus résistantes. Il ajoute aussi que la crainte existe que les petits agriculteurs qui choissent de mettre en terre des semences naturelles n?arrivent plus à être compétitifs face au transgénique et cèdent ainsi la place à un cartel de gros producteurs vivriers.
Mais quels sont les dangers des OGM ? Le premier danger, c?est le risque de la rupture de la barrière d?espèces. Car la fabrication de plantes transgéniques n?est pas que la simple poursuite des procédés d?amélioration des plantes. La manipulation génétique représente un saut qualitatif radical en permettant de s?affranchir de la ?barrière d?espèces?, laquelle empêche par exemple le croisement d?un cheval avec un chat. Les OGM sont des produits vivants manufacturés par l?homme. Grâce au génie génétique, nous avons construit des organismes qui n?auraient jamais existé dans la nature et dont le comportement est donc imprévisible.
Risque de pollution de l?environnement ? Dans le soja transgénique de la société américaine Monsanto, un gène introduit rend la plante tolérante à un herbicide dit total (car il tue toutes les plantes, bonnes ou mauvaises), le Roundup, commercialisé par la même société. Dans une culture naturelle, l?utilisation d?herbicides totaux est limitée car la plante cultivée en souffre également. Le soja étant rendu tolérant à l?herbicide Roundup, il est possible d?augmenter considérablement les doses, entraînant alors une pollution accrue des sols et des nappes phréatiques. Dans le même registre, on sait aujourd?hui que les plantes cultivées échangent, par croisements spontanés, leurs gènes avec les espèces sauvages apparentées, qui sont souvent des mauvaises herbes. On appelle cela le flux de gènes. L?herbe devient alors fertile et insensible aux herbicides, comme une super mauvaise herbe. Ce flux de gène génère une ?pollution génétique? qui, à l?inverse de la pollution chimique ou radioactive, est totalement irréversible. De plus, des insectes qui sont en contact avec un insecticide contenu dans une plante transgénique de façon quasi permanente, va très vite devenir progressivement résistante. Des allergies alimentaires peuvent aussi s?accroître avec un surplus de gènes. Les risques sont aggravés en raison de l?adjonction de gènes en provenance d?organismes n?entrant pas dans la consommation alimentaire usuelle. Par exemple, l?introduction de gènes de scorpion ou de pétunia dans des légumes.
L?Institut pour la protection des consommateurs (ICP) a communiqué au ministère concerné ses réserves sur l?introduction de l?OGM à Maurice. L?ICP considère que le projet de loi doit faire mention de l?obligation d?étiqueter les produits contenant des OGM. Actuellement, les consommateurs ne disposent pas de toutes les informations nécessaires pour choisir en connaissance de cause le contenu de leur alimentation. Les OGM peuvent se retrouver par deux voies distinctes dans la chaîne alimentaire : par le biais des produits directement destinés à l?alimentation humaine et par le biais de l?alimentation des animaux d?élevage dont nous consommons les produits. De ce fait, les amendements au Plants Act et le Genetically Modified Organisms Bill doivent rendre obligatoire l?étiquetage des produits à base d?aliments transgénique.
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