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Les négociations sur l?agriculture se compliquent

9 novembre 2005, 20:00

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Les efforts de lobbying sucrier à Bruxelles étaient déjà très laborieux pour Maurice. Voilà maintenant qu?avec l?approche de la réunion ministérielle de l?Organisation mondiale du commerce (OMC), le mois prochain à Hong Kong, les choses se gâtent encore plus. Maurice s?inquiète de la portée des initiatives européennes et américaines pré-Hong Kong.

La Commission européenne propose une réduction de 60 % sur les tarifs douaniers frappant les produits agricoles. Les Américains mettent, eux, sur la table une baisse allant jusqu?à 90 %. Le ministre de l?Agro-industrie, Arvin Boolell, a exprimé les appréhensions du gouvernement à la suite à ces démarches, mardi dernier, à l?Assemblée nationale.

Les nouvelles propositions ambitieuses de la Commission européenne viennent s?ajouter à la menace qui pèse sur le sucre mauricien en Europe. En effet, les prix du sucre pourrait subir une baisse de 39 % (étalée sur une période de deux ans) dans le sillage de la réforme du régime sucrier européen.

Nos accès privilégiés dans les marchés européens sont plus que jamais remis en question avec cette succession de développements à la fois sur le front strictement européen et, ensuite, au niveau de l?OMC. Outre le sucre, les produits de la mer et l?agroalimentaire sont directement touchés.

Maurice et ses partenaires de l?Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) comptent faire bloc à Hong Kong en faveur d?une baisse plus modérée. La diplomatie économique ne va pas chômer durant les prochaines semaines. Les ministres du Commerce extérieur de l?Union africaine (UA) se réunissent du 21 au 24 novembre à Arusha, en Tanzanie, pour essayer de dégager une position commune de l?Afrique à Hong Kong.

?Les négociations sont entrées dans une phase très dynamique avec l?approche de la réunion de Hong Kong. A Arusha, les ministres africains pourront prendre la mesure des derniers développements intervenus ces derniers temps, et concevoir en conséquence la stratégie à adopter lors de la rencontre de l?OMC?, explique Asad Bhuglah, directeur de la Trade Policy Unit au ministère des Affaires étrangères et du Commerce international.

Une réunion élargie regroupant les ACP et le G-90 (bloc dominé par les pays africains) se tient à Bruxelles à la fin du mois pour passer en revue la situation. ?L?objectif de ces rencontres est de rassembler suffisamment de forces collectives pour pouvoir influencer les négociations à Hong Kong?, affirme Asad Bhuglah.

Mais les ACP, UA et autres G-90 ne sont pas les seuls à s?inquiéter des réductions tarifaires proposées par l?Europe et les Etats-Unis. Des grands producteurs agricoles mondiaux dont l?Inde et le Brésil ont affirmé leur opposition à ces démarches lors d?une rencontre lundi à Londres ? rencontre à laquelle participaient les Etats-Unis et l?UE.

?Les attentes de Hong Kong devraient être modérées pour correspondre aux réalités existantes?, affirmait Kamal Nath, ministre indien au Commerce à l?issue de la rencontre. ?Un Hong Kong II pourrait être nécessaire?, suggérait de son côté son homologue brésilien, Celso Amorium.

Le commissaire européen au Commerce, Peter Mandelson, veut lui, maintenir la pression sur les 148 membres de l?OMC. Il met en garde contre toute tentative pour faire reculer les objectifs recherchés.

L?agriculture risque fort de retarder (une nouvelle fois) le processus de libéralisation commerciale entamé sous le cycle de Doha. Après quatre années de négociations, l?écart entre les pays riches et les pays pauvres est toujours très grand, principalement sur la question agricole.

Lors de la dernière réunion ministérielle de l?OMC à Cancùn, au Mexique, les divergences sur les subsides accordés par les pays du Nord à leurs fermiers avaient fait dérailler les pourparlers entre pays pauvres et en voie de développement et les nations industrialisées.

Cette fois-ci, Américains et Européens veulent prendre les devants à travers les initiatives de baisse de tarifs sur les produits agricoles. Ils entendent impressionner leurs partenaires commerciaux et faire comprendre qu?ils sont, cette fois-ci, très sérieux face à l?idée d?ouvrir leurs marchés agricoles.

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