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Les moyens de ses ambitions

24 juin 2007, 00:00

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Le budget 2007-2008, comme celui de l?année dernière, s?inscrit dans une stratégie globale qui a pour objectif de relever les défis de la mondialisation en dessinant une nouvelle architecture économique pour soutenir un modèle de développement innovateur. Ce modèle passe par un pacte historique et social à dégager pour arriver à un partenariat constructif entre l?État, le secteur privé et la société civile. L?« Empowerment Programme » (EP), lancé l?année dernière, constituera, après sa phase de mise en place et ses débuts prometteurs, un axe privilégié de ce partenariat pour un développement durable.

Aujourd?hui, pour répondre aux besoins, attentes et aspirations de la population à un développement de qualité, la priorité des priorités est, et reste, la création de richesses, mesurée par le taux de croissance. De 2,5 % en 2005-2006, ce taux est passé à 5 % en 2006-2007. Un chiffre légèrement supérieur est prévu pour la prochaine année financière. Cependant, tous les spécialistes s?accordent à dire qu?il faut une croissance de 7 à 8 % pour assurer un développement de qualité. La croissance se conjugue de plus en plus avec un triple « bottomline » : économique, social et environnemental.

L?économie mauricienne opère dans un environnement économique mondialisé, régi par les lois du marché. Ce qui signifie que la création de richesses passe par la production de biens, de services et de prestations qui obéissent à la logique du marché. En d?autres mots, nos entreprises doivent assurer le rapport qualité-prix pour être compétitives. Celles qui ignorent cette règle d?or sont vouées au dépôt de bilan, avec son lot de destruction de richesses, de pertes d?emplois et de mort sociale pour les licenciés. Ceux qui ont la responsabilité de défendre le monde du travail et les salariés doivent intégrer totalement cette nouvelle donne de la mondialisation dans le débat sur l?évolution nécessaire et l?adaptation vitale des lois du travail.

Le bons sens veut que l?on ne peut partager que ce que l?on a. Si le pays n?arrive pas à créer des richesses, la posture populo-démagogique qui ne parle que de partage de ri-chesses nous conduira à n?avoir que la misère à partager. Ce n?est pas ce à quoi aspire la population. Le budget 2007-2008, tout en faisant le pari de la croissance, ambitionne de la faire rimer avec le développement, en tablant sur une nouvelle ar-ticulation de l?économique et du social à travers l?EP.

L?EP est une idée novatrice, qui a pour but de veiller à ce que la transition socio-économique en cours se fasse dans les meilleures conditions. La philosophie qui le sous-tend consiste à faire sortir d?une logique d?assistanat pour aller vers celle qui se résume par la formule : « Aide-toi, l?État t?aidera. » Il y a dans cette nouvelle démarche un profond respect de la dignité humaine. Les différents volets de l?EP, allant du logement social à la création de villages touristiques, en passant par la formation, constituent un plan global de lutte contre la pauvreté et la précarité afin que tous nos concitoyens soient « on board » dans le processus de développement.

En raison de sa nouveauté ? con-cept, philosophie, logique ? sa mise en place et sa mise en ?uvre pour atteindre les objectifs fixés étaient, et restent, un énorme défi. Dans le budget 2007-2008, le ministre des Finances a mis la barre très haut pour l?EP. Pour pouvoir atteindre les objectifs fixés, il est vital que ceux qui sont aux postes de commande fassent un bilan critique de sa première année d?existence. Après la phase inévitable de rodage dans la mise en place, et de dentition dans la mise en ?uvre, le temps est venu pour que l?EP passe à la vitesse supérieure. Et pour cela, l?EP doit se doter des moyens de ses ambitions ? en termes de « drivers » et de « doers » pour les différents volets, d?allégement des procédures de validation, de meilleures structures de coordination et de structures décentralisées sur une base régionale.

La finalité de toutes les initiatives de l?EP est l?intégration dans toutes ses déclinaisons ? sociale, socio-économique, socio-spatiale. L?appel aux compagnies du secteur privé à donner plus de cohérence à leur politique de « corporate social responsibility » en les invitant à consacrer 1 % de leurs profits, de même que les 6 000 dollars qui seront prélevés par villa IRS pour financer des projets sociaux, créent les conditions d?un partenariat actif État ? secteur privé-ONG. Une étape décisive peut être franchie rapidement, avec le « plug in » avec l?EP, des initiatives actuelles et à venir des compagnies du secteur privé qui sont déjà engagées dans une initiative citoyenne d?intégration sur plusieurs niveaux (formation-em-ployabilité, soutien aux micro-entreprises, etc.).

Étant donné l?ampleur et la complexité de ce qui est en jeu, le moment n?est-il pas venu d?organiser des assises de l?« Empowerment Programme » ? Qui auraient comme objectif de dégager une feuille de route précise, incluant des métho-des de mise en ?uvre guidées par les principes d?efficacité ? Doré-navant, il y a obligation de résultats.

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