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Les moines redescendent dans la rue au Myanmar

1 novembre 2007, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Environ 200 moines bouddhistes ont défilé hier à Pakkoku dans le centre de l?ex-Birmanie pour la première fois depuis que l?armée a violemment réprimé le mouvement de contestation du mois dernier.

Les moines en robe safran ont manifesté à travers la ville en récitant des prières.

?Environ 200 moines ont participé à une manifestation par des prières ce matin?, a déclaré un témoin à Reuters.

Selon les médias officiels, 10 personnes ont été tuées lors du plus vaste mouvement de protestation contre la junte militaire au pouvoir organisé dans le pays depuis vingt ans. Selon certains gouvernements occidentaux, le bilan serait en réalité bien supérieur.

Les moines bouddhistes ont été à la pointe du mouvement de contestation.

L?émissaire spécial de l?Onu, Ibrahim Gambari retournera au Myanmar samedi pour tenter de convaincre les généraux d?engager un dialogue sur les réformes politiques avec l?opposante Aung San Suu Kyi, a annoncé un diplomate.

Tournée dimplomatique

?Nous avons appris que le Myanmar avait autorisé M. Gambari à venir le 3 novembre?, a déclaré à Reuters un diplomate asiatique en poste à Rangoun.

Gambari a entamé une tournée diplomatique dans six pays asiatiques pour tenter de convaincre leurs dirigeants d?accentuer la pression sur la junte.

On ne connaît pas encore le programme de Gambari pour sa visite au Myanmar, mais, lors de sa mission précédente début octobre, le diplomate nigérian avait rencontré le chef de la junte Than Shwe et Suu Kyi.

?Nous pensons qu?il sera plus occupé lors de cette visite que pendant la précédente?, a déclaré le diplomate. A l?issue du premier séjour de Gambari au Myanmar, le général à la retraite Aung Kyi avait été désigné pour jouer le rôle d?intermédiaire entre Than Shwe et Ang San Suu Kyi.

RAPPORT DE HUMAN RIGHT WATCH

Le Myanmar ?recrute? des enfants pour étoffer son armée

Le Myanmar tente d?étoffer les rangs de ses forces armées en enrôlant des enfants n?ayant parfois que dix ans, affirme mardi Human Rights Watch (HRW).

L?ex-Birmanie est, selon l?ONG, tellement pressée de gonfler les effectifs de son armée, frappée par des désertions notamment, que des enfants sont achetés et vendus par des recruteurs militaires. Ils sont battus et détenus quasiment comme des prisonniers tandis que le gouvernement nie les faits, poursuit le rapport. La junte militaire au pouvoir au Myanmar, observée de près par la communauté internationale depuis qu?elle a violemment réprimé les plus grandes manifestations pro-démocratie que le pays ait connues depuis 20 ans, soutient que ses forces armées sont composées de volontaires âgés de plus de 18 ans, peut-on lire encore dans ce document de 132 pages. Il ajoute que sur 20 anciens soldats interrogés par HRW, 19 pensent qu?au moins 30 % des nouvelles recrues formées en même temps qu?eux avaient moins de 18 ans. ?Le déploiement par le gouvernement de l?armée en septembre 2007 pour attaquer des moines bouddhistes et d?autres manifestants pacifiques pourrait encore accroître la vulnérabilité des enfants face au recrutement?, peut-on lire dans le rapport. ?Avant la répression déjà, les jeunes gens étaient souvent réticents à rejoindre l?armée (...). L?utilisation de l?armée dans des attaques, des meurtres et des arrestations de manifestants pourrait décourager davantage l?enrôlement volontaire, et pousser les recruteurs à chercher plus de recrues parmi les enfants.? De nombreux pays occidentaux ont décrété des sanctions économiques et militaires contre le Myanmar. Human Rights Watch a appelé le Conseil de sécurité de l?Onu à renforcer ces sanctions, afin qu?elles comportent notamment un embargo sur les armes. En 2005, on pouvait acheter et vendre des recrues pour 25 000 à 50 000 kyats, soit 20 à 40 dollars, ce qui représente une fois et demie à trois fois le salaire mensuel d?un soldat de base dans l?armée, écrit HRW.

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