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Les marins rescapés du ?Sea Diamond? se plaignent de leur condition difficile

12 avril 2007, 00:00

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Ils étaient partis pour faire fortune à bord d?un navire de croisière. A la place, ils ont découvert l?enfer. Ces dix marins mauriciens font partie de l?équipage du Sea Diamond, qui avait appareillé le lundi 2 avril, du Pirée, pour une croisière de cinq jours. Le bateau s?est échoué, jeudi, en mer Egée.

Mais les dix marins mauriciens employés par la société Louis Hellenic Cruise Lines vivent, disent-ils, dans des conditions difficiles à bord de l?Emirald, un navire en rénovation au Dry Dock, au Pirée, lieu de réparation pour des bateaux. Ils lancent un SOS aux autorités mauriciennes afin d?être rapatriés.

?Pour le rapatriement, nous attendons une confirmation de la compagnie Louise Cruise Lines qui emploie les marins. Cela prendra environ deux jours car la compagnie m?a informé que certains des marins ont exprimé leur souhait de continuer à travailler. J?ai pour ma part informé les autorités de la situation?, explique Edley Elliah, manager à la Méditerranée and Shipping Mauritius Ltd, agissant comme facilitateur pour le recrutement des marins.

Une semaine après le naufrage du Sea Diamond, Michael Purich, 28 ans, marin et porte-parole des marins mauriciens, nous a fait, hier, au téléphone de la Grèce, le récit de ce naufrage et des conditions ?inhumaines? dans lesquelles ils vivent. ?Nous avons tout perdu lors du naufrage. Nos vêtements, notre salaire et tous nos effets personnels. Nous vivons dans un bateau en rénovation qui est dans un état lamentable. Certains de mes camarades sont malades à cause de la poussière dans la cabine. Nous attendons toujours d?être indemnisés par la compagnie et de rentrer chez nous. Nous demandons aux autorités mauriciennes de nous venir en aide?, lâche-t-il d?une voix désespérée.

Il raconte que depuis le naufrage, ils ont reçu uniquement 200 euros pour leurs besoins personnels. Cette somme, dit-il, est insuffisante pour eux car ils ont tout perdu. Certains d?entre eux, raconte-t-il, ne peuvent pas manger ce que préparent pour eux des marins philippins. ?Pa tou dimun capav manz pork. Lerla oblize ale rod manze avek cash ki reste.?

Mais les choses devraient changer sous peu. Car hier soir, Micheal Purich a contacté Edley Elliah qui lui a expliqué qu?ils bénéficieraient chacun de £ 1000 pour leurs besoins personnels.

Mais que s?est-il passé au juste, la nuit où le Sea Diamond a sombré ? Michael Purich explique qu?à environ trois heures du matin, des cris provenant du couloir le réveillent. ?Mo ti crwar ti ena lager.? Mais, en ouvrant la porte de sa cabine, il voit des passagers affolés qui courent dans tous les sens. Certains tombent même dans les escaliers. ?C?était la panique. C?est à ce moment que j?ai compris qu?on coulait. J?étais glacé de frayeur.? Il poursuit son récit en disant qu?il a réveillé ses camarades qui dormaient. Aussitôt fait, ces derniers se sont organisés pour venir en aide aux passagers.

?Notre seule préoccupation, c?était la vie des passagers. Nous avons remis, à chacun, un gilet de sauvetage.? Quelques minutes plus tard, poursuit-il, le capitaine a ordonné aux passagers et aux membres de l?équipage de se réunir sur le pont D en attendant d?être évacués. ?Pendant ce temps, l?eau commençait à pénétrer dans le navire. Nous n?avons pas pu évacuer dans les canots de sauvetage car le navire s?était incliné d?un côté et commençait à couler.?

Il explique que c?est grâce à l?aide de quelques bateaux qui étaient dans les parages que les 1 600 passagers et les membres de l?équipage ont pu abandonner le Sea Diamond. ?Mes camarades et moi avons pu regagner la terre ferme à bord d?un ferry qui a embarqué une partie des naufragés. Nous avons débarqué au Piraeus.?

A partir de là, la compagnie a mis à leur disposition un bus pour les transporter au Dry Dock. Mais, selon leurs dires, leur condition de vie a empiré...

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