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Les maisons des Chitrakoot reprennent le large
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Les maisons des Chitrakoot reprennent le large
Les glissements de terrain à Chitrakoot ne sont un secret pour personne. Il aura fallu que l?exaspération des habitants soit relayée par l?ensemble des médias, dans le sillage d?Hennie, pour que les autorités enlèvent leurs ?illères.
L?express-dimanche du 1er juin 2003 faisait état des problèmes causés là-bas après le passage du cyclone Kalundé en mars de la même année. Nombreux étaient ces habitants qui déploraient l?absence de réaction des élus.
Deux ans après, comme rien n?a été fait, la situation s?est empirée. Les scènes de désolation sont les mêmes. Routes éventrées, potagers troués et maisons disloquées ouvertes aux intempéries.
En débarquant à Chitrakoot, la couleur s?annonce déjà avec l?asphalte fissuré sur des dizaines de mètres. Et tout le monde vous le dira : c?est la maison des Ramdin, située dans le grand virage sur la montagne qui est la plus sinistrée.
La pauvre Savitree Ramdin est fatiguée de ressasser la même litanie à chaque grosse averse. En mars 2003, son salon et sa salle à manger étaient séparés par une énorme fissure. En se déplaçant, elle avait le mal de mer, les deux pièces penchaient chacune d?un côté.
Les murs de chacune des pièces de sa maison sont fissurés, l?eau ne cesse de s?infiltrer. « J?ai l?impression que ma maison va s?ouvrir. Extra mo dire ou, ene cote pe rentre, ene cote pe sorti », a-t-elle laissé échapper alors.
L?an dernier, résignés par le fait que l?État ne fait rien pour les aider, ses enfants ont contracté un prêt de Rs 50 000 pour reconstruire la maison familiale. Mais à quoi bon ? Revoilà la maison qui marche de nouveau vers Port-Louis.
<B>« Bizin vende aster,pa pu kapav reste »
« Loan pankor rembourse, lakaz ine fini rekasse », s?emporte Kamal. À l?instar de ses voisins, il a ignoré les conseils de la police d?évacuer les lieux en pleine alerte trois, jeudi. Pour aller où ? Dans le centre social ? La bâtisse ressemble à un jeu de Lego bon pour la poubelle.
En pleine tourmente, en y ajoutant les averses des dernières semaines, une quarantaine d?habitations, en tôle et en dur, ont été gravement endommagées.
« Mone rant dans ene lakaz, mo dir ou pa possib? Delo ine rentre partou, mem dan system eletrik. Larmwar ine incline, trou partou dan sali, nune conseil dimoun bouze mai zot pa oule ekute », soupire un policier dépêché sur place en plein cyclone.
À quelques pas des Ramdin, la maison des Sookrah ne ferme plus.
Un cadenas est utilisé pour retenir la porte d?entrée. Comme toutes les fenêtres, elles ne ferment plus. Les cadres en béton ont cédé depuis longtemps.
Plus loin, le plancher d?une très vielle maison créole s?est transformé en cuvette qui donne l?impression d?avoir survécu à un bombardement. Chez d?autres, les murs d?enceinte ont fait leurs adieux depuis belle lurette.
« Mo kwar pu ena enkor Rs 50 000 reparation pu fer. Bizin vende aster, pa pu kapav reste. Mover dangere. Tou pe aller bhai, la polis ine dire mwa alle, mais dir mwa ene tigine kot mo pou alle, boucou problem », désespère la vieille Savitree.
Le ministre de l?Environnement, Rajesh Bhagwan, s?est rendu avec ses conseillers sur les lieux hier. « Sane cou la tou sa bane dimoun minicipalité Port-louis et bane eli lokal ki noune ekrir depi si pa komier letan ine galoupe derriere li. Pou Bhagwan, sipoze aster la sa ene problem national. Line dire decizyon pu pran dan consey de minis », ironise Kamal.
Le plus drôle est que des conseillers de l?État ont dû aller sur le terrain en pleine alerte cyclonique pour se rendre compte de l?étendue des dégâts. En attendant que leurs problèmes soient résolus, les habitants de Chitrakoot n?ont pas d?eau courante depuis une semaine.
Hier, à midi, le camion citerne faisant la distribution d?eau est resté coincé entre les fissures de la route, devant la maison des Ramdin. La route s?est affaissée.
Un problème qui en entraîne un autre?
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