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Les magasins Ralph Lauren sous la menace des saisies policières
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Les magasins Ralph Lauren sous la menace des saisies policières
Les boutiques de Ralph Lauren de Belle-Mare ont failli laisser des plumes hier. La police s?apprêtait à y faire irruption pour saisir des marchandises portant la griffe américaine. Les propriétaires ont eu tout juste le temps de baisser les rideaux évitant une perquisition policière in extremis.
La Cour suprême avait émis mercredi dernier un ordre interlocutoire interdisant la commercialisation des vêtements et accessoires portant l?enseigne Ralph Lauren à Maurice. Forts de ce jugement, les représentants locaux de Polo/Lauren Co. L.P ont demandé à la police d?agir contre ceux qui continuent à exploiter le label sans l?autorisation de la maison mère.
Hier après-midi, des équipes de l?Anti-Piracy Unit, de la police régulière et de la Special Supporting Unit étaient mandées dans le village côtier de l?est pour sévir contre les magasins récalcitrants.
Un autre élément est venu s?ajouter à la controverse entourant la commercialisation des produits portant le label Ralph Lauren à Maurice. A la suite du jugement de mercredi dernier, les commerçants mauriciens ont voulu donner toutes les chances aux négociations en cours avec les propriétaires américains pour trouver une solution au problème. Les pourparlers ont pour but d?établir un moratoire qui permettrait aux magasins et fabricants d?écouler leurs stocks et de trouver des activités alternatives.
«Nous ne comprenons pas l?attitude des représentants de Ralph Lauren. D?un côté, il y a des négociations pour obtenir un moratoire et de l?autre côté, ils demandent à la police de procéder à la saisie de nos marchandises», explique Sudheer Mudhoo, un porte-parole des exploitants mauriciens.
Les négociations entre les entrepreneurs mauriciens et Polo-Lauren Co. L.P sont suivies de très près au ministère des Affaires étrangères et du Commerce international. Le commissaire commercial de Maurice à Washington, Peter Craig, a la responsabilité de faire le lien entre les parties mauriciennes et la compagnie américaine.
Le jugement de la Cour suprême souligne la nécessité de protéger les marques internationales reconnues, même si elles ne sont pas enregistrées à Maurice. Les défendeurs (les entrepreneurs mauriciens), dit le juge, ont exploité un marché très lucratif en violant les règles de la propriété intellectuelle.
La loi pour protéger les créateurs (le Patents, Industrial Designs and Trademarks Act ? PIDT Act) a déjà été votée à Maurice. Mais elle n?est pas encore entrée en vigueur car les règles nécessaires à son application sont en voie de finalisation.
Même s?il accorde un soutien conjoncturel aux exploitants mauriciens dans l?affaire Ralph Lauren, le gouvernement est déterminé à mettre en place les lois et les règles nécessaires pour protéger les droits à la propriété intellectuelle. L?Organisation mondiale du commerce (OMC) exige de tous ses membres des dispositions robustes pour lutter contre la contrefaçon. D?autre part, l?Africa Growth and Opportunity Act (AGOA) est sévère à l?encontre des pays qui tergiversent au sujet de la propriété intellectuelle.
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