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Les métiers de l?agriculture boudés malgré l?offre d?emplois
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Les métiers de l?agriculture boudés malgré l?offre d?emplois
De quelque 500 à 600 étudiants en 1998 à 300 étudiants en 2008 : le déclin des inscriptions à la faculté d?agriculture de l?université de Maurice (UoM) est notable. Sudesh Puchooa, doyen de la faculté d?agriculture, attribue cette baisse à la perception associée à l?agriculture. «Aujourd?hui, les parents veulent pour leurs enfants des white collar jobs. Et puis, eux-mêmes, mais également les jeunes, ont tendance à limiter l?agriculture au travail au champ. Et au fait de se salir les mains. Mais l?agriculture, ce n?est pas que cela», soutient Sudesh Puchooa qui est d?avis que la crise alimentaire est en partie due à ce manque d?intérêt pour l?agriculture.
Et pour démontrer que l?«agriculture ce n?est pas que cela», la faculté d?agriculture a profité de son 40e anniversaire pour organiser hier une journée portes-ouvertes. Et pour montrer l?évolution de l?agriculture au fil des années, l?accent a été mis sur l?«innovation».
Etudiant à l?UoM de 1972 à 1975, Balraj Rajkomar, Senior Lecturer au sein de la faculté d?agriculture à l?université de Maurice, confirme l?évolution des technologies mais également de la formation offerte. Sudesh Puchooa explique que les cours sont construits en fonction de la demande du marché. De la demande du pays. C?est ainsi qu?au sortir de l?université, 100 % de leurs diplômés trouvent de l?emploi. «Notre dernière tracer study en 2002 a démontré que tous nos étudiants trouvent un emploi à l?issue de leur formation.»
Alors que leur prochaine étude sera effectuée d?ici un mois, le doyen de la faculté a déjà reçu des demandes d?entreprises qui ont d?ores et déjà exprimé leur intérêt pour les diplômés de la cuvée 2008. Des diplômés qui, loin de chausser des bottes et de patauger dans la boue, revêtent plutôt une blouse de laboratoire. Réalisent des contrôles de qualité des produits alimentaires mais élaborent également de nouvelles saveurs et de nouveaux produits dans les labos des entreprises privées. Des diplômés qui vulgarisent les techniques de culture dans les villes et villages pour le compte de l?Agricultural Research and Extension Unit. Qui font des recherches sur la canne à sucre au Mauritius Sugar Industry Research Institute .
Mais aussi des diplômés qui créent leur propre entreprise. Comme cette «success story» que nous conte Navindra Boodia, lecturer. Celle d?un de ses étudiants qui après avoir appris les techniques de la culture hydroponique décida de créer ses propres serres. «Il a créé son entreprise dans le Sud et cultive des tomates et des poivrons hydroponiques. De toutes les couleurs», s?enthousiasme Navindra Boodia.
Aujourd?hui, on ne parle plus d?agriculture mais d?«agribusiness». Une réalité qui fait qu?aujourd?hui, sur les bancs des classes d?agriculture à l?université, il y a presque autant de filles que de garçons. Alors même qu?il y a encore quelques années, sur une classe de 30 étudiants, il n?y avait pas plus d?une fille. L?approche à l?agriculture n?est plus ce qu?elle était. Aujourd?hui, c?est «de la production à l?assiette», souligne Sudesh Puchooa. «On parle de produits à haute valeur ajoutée», ajoute Navindra Boodia. Il cite le cas de la Roselle qui à l?université a été transformée par une équipe multidisciplinaire composée de lecturers et d?étudiants en vin rosé, en gelée, en marmelade, en achards, en concentré de Roselle, en jus et en sirop, entre autres. La Roselle dont la couleur pourpre attire et dont le goût se rapproche, selon Navindra Boodia, de celui de la mûre.
Recherches sur les emballages </B>
Lorsque l?on parle de produits à haute valeur ajoutée et de technologies innovantes, Navindra Boodia évoque ses recherches sur les bananes vertes pré-coupées. Des recherches publiées dans le Journal of Food Processing and Preservation. «Lorsque l?on coupe une banane verte en morceau, elle noircit. A partir de nos recherches, nous avons réussi à empêcher que les morceaux ne noircissent», explique Navindra Boodia. Des recherches et des résultats qui permettent l?exportation de bananes vertes en tranches. Actuellement, il effectue des recherches sur l?emballage sous vide de moitiés d?ananas. Ce qui réduirait le coût de l?exportation vu la réduction du poids. Ils envisagent également de se lancer dans la production de «button mushroom» sur la ferme de l?université. Ces mêmes champignons que l?on consomme couramment en conserve mais qui ne sont pas cultivés à Maurice.
Et dans le contexte de la crise alimentaire, ces agriculteurs d?un nouveau genre auront un rôle plus qu?important à jouer.
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