Publicité
Les leaders occidentaux boudent le sommet de Genève
Par
Partager cet article
Les leaders occidentaux boudent le sommet de Genève
De hauts responsables des Nations unies ont reproché aux chefs d'Etat et de gouvernement occidentaux de bouder le Sommet mondial sur la société de l'information qui a débuté ce mercredi à Genève, alors même que les chefs d'Etat présents sont eux accusés par leurs détracteurs de vouloir brider la liberté de l'information sur Internet.
Organisé par une agence de l'Onu, l'Union internationale des télécommunications (UIT), le sommet, qui s'est achevé hier, doit notamment se pencher sur la création d'un fonds destiné à réduire le fossé numérique entre pays riches et pays pauvres, la lutte contre la pornographie et les pourriels (spam), ou encore la gestion d'Internet.
«Là où la plupart des conférences mondiales portent sur des menaces mondiales, celle-ci se penche sur la meilleure façon d'utiliser un atout mondial» a déclaré le secrétaire général de l'Onu, Kofi Annan dans son discours d'ouverture.
«Du commerce à la médecine en ligne, de l'éducation à la protection de l'environnement, nous avons dans nos mains, sur nos ordinateurs et dans les cieux au-dessus de nous, la possibilité d'améliorer le niveau de vie de millions et de millions de gens» a-t-il ajouté.
Près des neuf dixièmes de la population mondiale ne sont toujours pas raccordés à l'Internet au risque d'accroître le «fossé numérique» entre les nantis et les plus démunis. Des délégués venus de 175 pays ont pris part aux trois jours de discussions, mais parmi les 60 chefs d'Etat et de gouvernement présents à Genève, très peu venaient d'Europe ou d'Amérique du Nord.
«Tout ce que je peux dire à ceux qui ne sont pas venus, c'est : ?vous avez manqué une occasion?», a regretté Shasi Tharoor, sous-secrétaire général de l?ONU pour la communication et l'information et l'un des principaux organisateurs de l'événement.
«L'objectif de ce sommet est d'examiner les problèmes à un niveau politique, pas à un niveau technique», a-t-il ajouté. Vu l'importance de l'Internet comme vecteur d'informations et d'opinions, la question de la liberté de la presse sur le réseau est devenu l'un des enjeux majeurs du sommet.
Or, de nombreux gouvernements présents à Genève sont accusés par de nombreux observateurs de tenir les médias de leurs pays sous contrôle et de restreindre l'accès à Internet. Parmi les leaders qui ont pris la parole lors de la session inaugurale, on a retrouvé ainsi le président du Zimbabwe, Robert Mugabe, qui a fait fermer le principal quotidien à capitaux privés de son pays sous prétexte qu'il était exploité de manière illégale.
«La plupart des barrières et des obstacles au développement d'Internet comme une plate-forme de libre expression ont justement été érigée par les gouvernements qui sont présents dans la salle à Genève», déplore Timothy Balding, directeur de l'Association mondiale des journaux, basée à Paris.
Les défenseurs des droits de l'Homme sont furieux que la deuxième édition du sommet se tienne en 2005 en Tunisie, dont le président Zine Ben Ali a été particulièrement critiqué par les ONG, qui l'accusent de violer la liberté de la presse et la liberté d'expression sur Internet dans son pays.
par Bernhard Warner
Publicité
Publicité
Les plus récents