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Les lacunes du ?HIV and Aids Preventive Measures Bill?
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Les lacunes du ?HIV and Aids Preventive Measures Bill?
Certains des points saillants du HIV and Aids Preventive Measures Bill publiés par l?express, sont mal accueillis par certains organismes engagés dans la prévention du VIH/Sida, de même que dans la réhabilitation auprès des usagers de drogue par voie intraveineuse.
Dhiren Moher, président de Prévention, Information et Lutte contre le Sida (Pils), est en colère. ?Certaines provisions, purement ridicules, montrent que ceux qui sont sur le terrain n?ont pas été consultés. Comment peut-on parler de tests obligatoires pour dire ensuite que les personnes ciblées peuvent refuser ? Quand on dit obligatoire, cela comprend toute la population.?
Il ne comprend pas la signification des ?reasonnable grounds? sur lesquels se baseront le secrétaire permanent ou tout autre officier du ministère de la Santé pour obliger une personne, qu?il croit infectée, à faire un test. ?Je crois que la personne sera jugée sur son look. Et comment évaluer un comportement à risques ??
Il déplore que le texte de loi ne fasse pas mention de pre-counselling et post-counselling qui doivent accompagner tout test de dépistage. Il se demande si le ministère dispose suffisamment d?officiers formés pour ces sessions de conseils. ?La question est d?actualité car cela fait 22 ans que le sida est apparu dans le monde et Maurice n?a que trois médecins référents pour une population de près de 1.3 million de personnes.?
Il ne comprend pas pourquoi le ministère de la Santé fait l?impasse sur l?accès aux préservatifs ni comment l?échange de seringues doit être lié au traitement. ?Le chantage au traitement ne fonctionnera pas.?
Dhiren Moher estime que plusieurs de ces provisions sont répressives. ?Ce n?est pas avec de telles provisions que l?on stoppera l?avancée du sida. De plus, elles ne feront que renforcer la discrimination qui prévaut déjà à l?égard des séropositifs.?
Audrey D?Hotman, directrice du Centre de Solidarité (CS), est plus mitigée. Elle apprécie qu?il y ait enfin une loi avec des directives pour la prévention du VIH/Sida mais elle est choquée par certaines provisions ?déraisonnables? dans le contexte de la toxicomanie. ?On demande aux usagers de la drogue par voie intraveineuse d?aller chercher leurs seringues dans les institutions de santé. Ils n?iront pas car ils sont maltraités quand ils vont s?y faire soigner. Cette provision démontre une méconnaissance de la réalité des toxicomanes.?
?Un système mort-né?
L?obligation de traitement contre un échange de seringues est, pour elle, ?un chantage qui ne marchera pas?. ?Ce système est mort-né car nous savons comment fonctionnent les toxicomanes. Ce sera gaspiller de l?argent.?
La directrice du CS trouve ?aberrant? que le ministre des Droits humains puisse être en faveur du test obligatoire. ?C?est arbitraire et c?est renforcer la stigmatisation envers les séropositifs. Obligera-t-on un parlementaire, surpris en pleins ébats non protégés, à un dépistage ? J?espère que ce n?est qu?une première ébauche car si elle est votée telle quelle, elle bloquera les modèles de prévention et d?intervention efficaces.?
Imran Dhunnoo, directeur du Centre Idrice-Goomany, est également opposé au test de dépistage obligatoire. ?Imposer ce test est contraire aux droits humains. Je suis en faveur du Volontary Counselling Confidential Testing car il y a toute une préparation en amont et même après le test.? Il n?accepte le test obligatoire que dans l?univers carcéral mais il insiste sur la nécessité du counselling.
Tous s?attendent à prendre connaissance de la totalité de ce projet de loi, à être consultés. Ils souhaitent aussi que la population puisse donner son avis sur ces questions.
Le Dr Joy Backory, chargé du programme ONUSIDA, préfère repositionner le débat. Il explique que les Nations unies appuient étroitement le gouvernement mauricien pour l?élaboration d?un cadre légal qui sert à renforcer la riposte contre l?épidémie. Appui qui a pris la forme de soumission de divers documents faisant état des bonnes pratiques internationales.
?Contraire aux recommandations??
Pour le médecin, ces mesures publiées ne sont qu?une première étape. ?Cette ébauche est actuellement au Cabinet avant d?être soumise à l?opinion publique en vue d?un consensus national. A la lecture de l?article de l?express, j?ai vu plusieurs choses, contraires aux recommandations internationales, qui n?ont pas marché au niveau de la santé publique.?
Il est convaincu que le dépistage ne doit se pratiquer ?que de façon volontaire après responsabilisation de la personne. Le test obligatoire ne se pratique que dans le cadre des dons de sang, d?organes et de viols.?
Il fait aussi remarquer que la bonne pratique internationale sur le programme d?échange de seringues est qu?elle s?accompagne de l?accès à l?information, au préservatif, au traitement de substitution et à la responsabilisation. ?Lier l?échange de seringues au traitement ne marchera pas. Le débat aurait été plus sain s?il existait un comité multisectoriel pour assurer une bonne consultation au niveau de tous les partenaires concernés.? A suivre?
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