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Les Italiens tués en Irak rapatriés dans un pays en deuil
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Les Italiens tués en Irak rapatriés dans un pays en deuil
Les corps de 16 militaires et de deux civils italiens victimes d?un attentat à la bombe dans le sud de l?Irak ont été ramenés samedi dans leur pays en deuil, qui leur réserve des funérailles nationales.
Tandis qu?un clairon jouait la sonnerie aux morts, les 18 cercueils enveloppés dans le drapeau italien rouge-blanc-vert ont été extraits d?un avion de transport militaire arrivé par temps de brume à l?aéroport de Rome-Ciampino. Des dirigeants politiques et une garde d?honneur les y attendaient. Le président du Conseil Silvio Berlusconi était présent à l?arrivée des corps avec ses principaux ministres et responsables militaires.
Un autre soldat, blessé mercredi dans l?attentat suicide contre la caserne de carabiniers de Nassiriya, a succombé samedi matin au Koweït, ce qui porte à 17 le nombre des militaires tués. Les funérailles des victimes de l?attaque la plus meurtrière qu?ait subie l?armée italienne depuis la Seconde Guerre mondiale auront lieu mardi.
Des martyrs de l?époque moderne
Un prêtre a aspergé les cercueils d?eau bénite tandis qu?ils passaient devant les familles de victimes et une garde d?honneur avant d?être placés dans des fourgons mortuaires identiques pour traverser la capitale. Les proches des disparus leur ont rendu un dernier hommage hier et les corps seront exposés aujourd?hui avant les cérémonies funéraires nationales prévues mardi.
Depuis mercredi, les autorités de la Péninsule soulignent que les morts étaient en Irak pour une mission de paix et de reconstruction. De ce fait, on les a rapatriés comme des héros et des martyrs de l?époque moderne et non comme des combattants tombés au feu. ?Les Italiens de Nassiriya ne sont morts ni pour le pétrole ni pour un projet néocolonial. Ils considéraient leur mission comme un facteur de paix?, écrit le Corriere della Sera dans un éditorial.
Au Vatican, le pape Jean Paul II a embrassé samedi matin la veuve et la fille de Giuseppe Coletta, l?un des carabiniers tués. L?attentat de Nassiriya, dans lequel ont également péri neuf Irakiens, a traumatisé l?Italie, qui se prépare aux funérailles nationales les plus solennelles de son histoire récente.
Des affiches placardées en divers points de Rome exhortent les Italiens à ?honorer ceux qui sont tombés? et un haut dignitaire catholique a jugé souhaitable qu?ils soient un jour béatifiés comme des ?martyrs de la paix?.
Le gouvernement a décrété un deuil national pour mardi, jour des obsèques qui auront lieu à la basilique Saint-Paul, l?une des plus grandes églises de Rome. Les cercueils seront exposés à l?intérieur du mémorial Victor-Emmanuel, immense édifice de marbre blanc qui domine le centre de la capitale et abrite la tombe du soldat inconnu.
Une vingtaine d?Italiens blessés dans l?attentat sont arrivés vendredi soir à Rome, où ils ont retrouvé familles et amis avant d?être conduits dans un hôpital militaire. ?Je suis fier de lui?, a déclaré Giulio Boi en parlant de son fils de 22 ans, Federico, revenu en Italie couvert de bandages. ?La première chose qu?il m?ait dite, c?est qu?il veut retourner là-bas pour y aider les gens?, a-t-il ajouté selon La Stampa.
Une minute de silence sera observée dans toute l?Italie au début des funérailles. Mardi soir, le Colisée, habituellement illuminé, restera plongé dans l?obscurité.
Rachel SANDERSON
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