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Les inépuisables commodités de Dame Nature
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Les inépuisables commodités de Dame Nature
On se sent gauche quand on est privé de l’emploi de ses bras. Chez les oiseaux, plusieurs espèces ne paraissent nullement gênés quand ils ne peuvent se servir de leurs ailes.
Ces oiseaux, condamnés au sol, ont acquis une taille si belle qui dépasse de loin le maximum que peut se permettre un oiseau volant.
Mais pourquoi, pourrait-on dire en souvenir de Shakespeare, la grandeur leur a-t-elle été infligée ? Il est possible qu’il y ait dans le patrimoine génétique une tendance au gigantisme. Elle ne peut pas s’exprimer quand de nombreuses dents croquent les lourdauds mais s’épanouit dans un environnement vierge de voraces. Et si le corps grossit, les ailes sont de moindres importances.
On dit ces coureurs ratites, mot n’ayant rien à voir avec quelque rat. Il flirte quand même avec l’expression péjorative car il veut dire radeau et souligne que le sternum est plat. Là où l’on s’attend à des renflements corporels, n’y a-t-il pas déception de ne pas en avoir ? Préfère-t-on cette option à l’expression tipizon gro zabo ?
Deux grands disparus tenaient la vedette dans ce monde sans ailes. Le plus volumineux était le roc de Madagascar. Un savant fort impressionné l’a baptisé Aepyornis maximus. Il y a de quoi s’extasier quand on voit ses os et son oeuf au musée de Port-Louis. Il figure dans la légende de Sinbad le Marin. Les hommes qui l’avaient vu avant de l’exterminer ont donc aussi été sensibles à sa taille.
Le second est le moa de Nouvelle Zélande. Ces membres s’étaient graduellement amenuis à tel point que même les os qui le soutenaient à l’épaule avaient disparu. En pointant du doigt le premier homme du pays, on lui dirait : « c’est toa qui l’a décimé ».
“Il est bizarre ce casoar”
Après le pleur d’usage sur les disparus, poussons un vivat pour les vivants. Le plus connu et le plus célèbre est l’autruche, le plus gros oiseau existant. Elle ne se cache pas la tête dans le sable en cas de danger comme le montrent les caricatures pas très futées mais la place au ras du sol.
A l’autre extrémité du corps, les pattes possèdent la distinction de n’avoir que deux orteils, fait unique chez les oiseaux. Le mâle, plus gros que la femelle, est aussi mieux décoré. Elle est grise donc terne tandis que le compagnon arbore un bel habit noir orné de blanc à la queue.
La décoration change de postérieur en parant des danseuses de cabarets. L’espèce vit dans les plaines et déserts africains. En principe végétarienne, elle consomme un peu de tout. Le mâle plutôt macho accepte des oeufs de plusieurs femelles, pondus dans un nid assez sommaire. Il chasse ensuite ces dames pour couver tout seul.
Dans le lointain passé, l’oiseau servait de bête de somme aux Africains comme le montrent des gravures rupestres. Il porte toujours des charges, des jockeys cette fois, lors de courses sur des fermes californiennes.
Les élevages s’intéressent à l’oiseau mort plutôt que vivant. La chair bien cuite est très goûtée, tandis que le cuir, traité avec goût, est très cher. Il paraît qu’une princesse bien connue s’en était fait faire un pantalon coûtant 4 000 livres!
Les coquilles d’œufs décorées, contribuent à l’artisanat tandis que les plumes ne se contentent pas d’ornementer. Elles nettoient des voitures dans des laveries automatiques.
Faisons un bond en Australie, où vit l’émeu et le casoar. Celui-ci s’est attiré quelques lignes amusantes :
“Casoar a peur du noir Il ne voit pas le jaguar Sauter sur un renard Il a perdu sa mémoire Et ne fait plus de cauchemars, Il est bizarre ce casoar.”
Le nom s’applique aussi au plumet ornant le shako des Saint-Cyriens. Au cours des années passées, un film mettait en vedette une cérémonie au cours de laquelle on disait aux jeunes officiers : “et si ces plumes sont blanches et rouges, c’est que tombées des ailes de la gloire elles ont été ramassées dans le sang”.
Nous n’avons pu toutefois savoir si elle était authentique. En revanche, il est vrai de dire que l’oiseau a la tête revêtue d’un casque osseux permettant d’avancer tête baissée dans la forêt.
L’émeu du même pays nous rappelle une traduction qui aurait été faite par un élève. La phrase “le peuple ému répondi” était devenue the purple emu laid another egg. Le jeunot toutefois était un britannique qui avait transformé son manuel french course en french curse.
Courons vite vers le kiwi de la Nouvelle Zélande. Il ressemble à un amas de plumes plus ou moins sphérique. Son nom est une onomatopée issue du maori. Son bec est unique car il porte les narines près de la pointe. Elles doivent aider à reconnaître les bestioles dont il fait son ordinaire. Vraiment quel drôle d’oiseau !
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