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Les importateurs prioritaires pour obtenir les devises

29 août 2006, 00:00

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De nouvelles pressions se profilent à l?horizon sur le marché des devises. Les opérateurs vont bientôt passer des commandes pour les grandes importations de fin d?année. Dans la conjoncture, l?approvisionnement en devises est contraint à des resserrements supplémentaires.

Ce marché fait déjà face à une pénurie de monnaies fortes dont l?euro, le dollar américain et la livre sterling. Les fournisseurs, tels les cambistes et les banques commerciales, ont adopté une politique de rationnement pour essayer de gérer une situation qui risque de perdurer pendant encore des mois. Aussi, les demandes des importateurs ont la priorité auprès des banques.

?Il y a un certain consensus général au sein des banques pour fournir les importateurs. Les banques ont un engagement pour honorer les lettres de crédit des opérateurs. Le cas échéant, la réputation de la banque peut souffrir au niveau international?, explique un trésorier de banque.

Mais fin août, début septembre, c?est aussi la période où de nombreux étudiants partent pour l?Europe ou les Etats-Unis pour leurs études. Il est alors constaté une forte demande de devises pour payer les frais universitaires. Les fournisseurs en tiennent compte dans leur stratégie d?approvisionnement. ?Les banques et les cambistes font preuve de considérations humaines en servant les étudiants qui partent pour l?étranger ainsi que les citoyens qui doivent se faire soigner hors du pays?, affirme un cambiste.

Mais ceux dont les enfants sont déjà en études, ou qui vont étudier, à l?étranger ne trouvent pas toujours de liquidités suffisantes. Les cambistes et les banques leur suggèrent d?étaler leurs demandes, plutôt que d?acheter un volume important de devises en une seule fois.

Même s?il y a un consensus général pour accorder la priorité aux importateurs, toutes les importations ne sont pas logées à la même enseigne. Les demandes de devises pour l?achat de produits de première nécessité et pour ceux de consommation courante sont traitées comme prioritaires.

A court de liquidités

Dans ces circonstances, l?importation de produits de luxe s?en trouve pénalisée. Les opérateurs qui font dans le haut de gamme doivent parfois attendre que les importateurs de produits de grande consommation et d?articles de première nécessité aient d?abord été servis avant d?obtenir les monnaies étrangères.

En tout cas, les gestionnaires de fonds d?investissement qui sollicitent des devises pour investir dans des produits financiers à l?étranger restent loin derrière dans la file d?attente. Leurs activités ne sont pas considérées comme stratégiquement vitales dans la conjoncture. Les fund managers déplorent cette discrimination. ?Est-ce que l?importation de bonbons est plus stratégique que notre activité ?? se demande un gestionnaire de portefeuilles.

Le marché est à court de liquidités en dépit d?un niveau de réserves (à fin juin 2006) qui nous permet de financer 34,6 semaines d?importation (Rs 61,9 milliards). Bien des entreprises et des particuliers ont des devises à leur disposition mais ne souhaitent pas les convertir pour l?instant. Les opérateurs et autres investisseurs spéculent sur une dépré- ciation continue de la roupie par rapport aux monnaies fortes. Cela met encore plus de pression sur le taux de change de la roupie, laquelle reste déjà très vulnérable aux faiblesses structurelles de notre économie.

La contraction dans le textile-habillement et la flambée des cours pétroliers (la note d?importation des produits pétroliers a presque doublé en une année) alimentent le déficit commercial de la balance des paiements. Les baisses annoncées de recettes sucrières dès cette année amèneront encore plus de stress dans le circuit forex. Par ailleurs, les investissements directs étrangers, une source de devises étrangères, n?ont pas affiché la grande forme ces dernières années.

Face à cette situation, la Banque centrale joue la prudence dans sa politique pour alimenter le marché en dollars. Tout compte fait, les spécialistes ne prévoient pas d?amélioration substantielle de la situation, aussi longtemps que les solutions aux causes fondamentales de la faiblesse de la monnaie locale ne seront pas trouvées.

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