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Les hôtels mauriciens sont les plus chers au monde
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Les hôtels mauriciens sont les plus chers au monde
Maurice a les hôtels les plus chers au monde. Ce n?est plus une perception mais une réalité dévoilée dans une étude effectuée par le World Travel & Tourism Council (WTTC). Le rapport révèle qu?en 2004, le prix moyen d?une chambre à Maurice était de Rs 9 475 par nuit. Ce tarif élevé contribue à classer Maurice comme une destination la moins compétitive du monde au niveau du prix.
?Cet index n?est pas flatteur pour les hôteliers?, avait souligné Navin Ramgoolam samedi. Le Premier ministre (PM) avait évoqué le classement du WTTC, organisation regroupant les leaders des 100 plus importantes sociétés du voyage et du tourisme du globe. L?express a mis la main sur ce rapport qui explique l?irritation du PM.
Le WTTC a compilé son classement en recueillant les prix des chambres tels qu?ils sont répertoriés sur wheretostay.co.uk, un des sites de réservation en ligne les plus populaires. L?étude portait sur les tarifs pratiqués durant toute l?année 2004 et a établi une moyenne. Le site propose des hôtels de différentes gammes, allant des établissements trois-étoiles aux palaces.
En pratiquant un tarif moyen de Rs 9 475 par nuit, les hôteliers mauriciens se permettent le luxe de devancer leurs homologues de Monaco. Ils sont également plus chers que leurs rivaux des Caraïbes ou d?Asie. à Trinité-et-Tobago, la chambre d?hôtel se vend à une moyenne de Rs 2 856 par nuit alors qu?en Thaïlande le tarif est de Rs 1 719. Le rapport du WTTC ne couvre pas les Maldives et les Seychelles, autres concurrents directs de Maurice.
Le WTTC vient relancer la polémique autour du tarif des établissements hôteliers. Les compagnies aériennes, dont Air Mauritius, ont longtemps dit que Maurice n?était plus une destination compétitive à cause du prix des hôtels. Le rapport des Netherlands Airports Consultants (NACO) avait d?ailleurs souligné que le prix des chambres a augmenté de 31% au cours des trois dernières années alors que le taux d?occupation est en baisse. Le WTTC confirme en classant Maurice comme la destination la moins compétitive du monde, principalement à cause du prix des hôtels. L?autre facteur contribuant à l?index de la compétitivité est le coût de la vie.
Le rapport du WTTC ne fait pas l?unanimité chez les hôteliers. Ils soutiennent que les prix des chambres sont nettement inférieurs aux chiffres cités dans l?étude. Raison : Maurice étant essentiellement un marché de forfaits, les prix offerts aux tour-opérateurs étrangers sont extrêmement compétitifs. D?ailleurs, le rapport des NACO avait précisé que le prix moyen d?une nuitée dans un hôtel mauricien était de Rs 5 569 en 2004. N?empêche que cela placerait les hôtels mauriciens à la quatrième place au tableau des établissements les plus chers au monde.
Mélanger les gammes
?Les hôteliers ne font pas assez d?efforts?, avait constaté le PM samedi. Pour beaucoup, les tarifs élevés démontrent le manque de compétition entre les hôtels, ce qui rend la destination encore plus chère dans un marché sensible aux prix. L?Etat veut que le tourisme soit moins dépendant des forfaits. La destination devra être compétitive même si un touriste achète son billet d?avion et son séjour dans un hôtel séparément. C?est d?ailleurs la tendance en Europe, le principal marché de Maurice. La plupart des voyageurs recherchent les meilleurs prix sur Internet et ?construisent? eux-mêmes leurs vacances en achetant en ligne.
L?Etat veut changer l?image de la destination. Les assises du tourisme, qui se tiendront en novembre, devraient permettre de repositionner le marketing touristique de Maurice. Le débat sera âpre. Certains veulent que Maurice demeure une destination exclusive. Avec le haut de gamme, un nombre réduit de touristes dépensent beaucoup d?argent.
D?autres désirent que Maurice mélange les gammes afin de remplir les chambres vides. Le gouvernement est de ceux-là car il veut booster les arrivées, créer des emplois et relancer l?économie. Après tout, le tourisme a un effet multiplicateur : ses résultats se répandent à travers l?économie formelle et informelle.
Les infrastructures ? dont un excédent de chambres d?hôtels ? sont déjà en place. Pour redynamiser le tourisme, l?Etat dispose de trois leviers : jouer avec le marketing, positionner l?image de la destination et libéraliser l?accès aérien. Le gouvernement s?est engagé à ouvrir le ciel graduellement afin que les forces du marché fassent baisser les billets d?avion. Le WTTC confirme donc que la balle est bel et bien dans le camp des hôteliers.
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