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Les hôtels de thé
Mercredi 3 août, 13h37. La petite salle de l?hôtel de thé Providence, à Port-Louis, grouille de monde. Certains, affamés, jettent leur dévolu sur des gâteaux piments, des puddings, des faratas. Mais le pôle d?attraction reste cette bonne tasse de thé, à peine sortie d?une grosse théière métallique. Ce commerce, réputé pour ce breuvage, existe depuis cinquante ans. Virevoltant entre les tranches de pain beurrées et les beignets qu?il sert, Rahma Toollah Allykhan, le propriétaire, s?affaire derrière son comptoir.
Il est tombé dans le thé depuis qu?il est petit, à cause de son père, Mamood Khan, fondateur de l?hôtel de thé. « Dans cette rue, il y avait déjà cinq à six hôtels de thé. Nous nous sommes lancés à notre tour.
Nous vendons aussi d?autres boissons comme du café, du chocolat, mais la majorité des clients vient pour le thé car ils apprécient la qualité et puis cela ne coûte que Rs 8 la tasse. C?est une tradition ! », assure-t-il. La tradition des hôtels de thé a également frappé en 1945, à la porte des Veeraragoo, rue Royale à Curepipe. Dillen Veeraragoo, directeur commercial de la compagnie Ada, se souvient de son enfance passée dans l?hôtel de thé, tenu initialement par sa grand-mère, Mama Naga, puis par son père, Mougon, pendant plus de 35 ans. « Je donnais un petit coup de main à papa. À l?époque, on buvait du thé nature avec un peu de sucre, que l?on surnommait champagne. Le thé au lait s?appelait un?verre? car il était mélangé avec du lait frais livré par les marchands le matin. Le verre coûtait cinq sous », raconte-t-il.
En 1975, l?hôtel Naga est victime d?un incendie. Un autre local est aménagé à Curepipe jusqu?à l?ouverture du marché. En 1980, l?hôtel de thé déménage dans le marché. « Le thé est très apprécié car cela réchauffe. C?est ce qui explique sa popularité. »
Une popularité qui a gagné bien d?autres régions de l?île. Ces petits hôtels font partie de notre folklore. Tradition d?une bonne tasse oblige !
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