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Les hôpitaux débordent de cas suspects de chikungunya

1 mars 2006, 00:00

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Les urgences doivent faire face à une hausse importante de patients présentant les symptômes du virus. Le plus touché est l’hôpital du Nord, qui en reçoit le double.

La salle d’attente de l’hôpital Victoria craque de monde. C’est à peine si l’on peut se frayer un chemin. Ils sont nombreux à avoir des douleurs, de la fièvre… bref, des symptômes ressemblant à ceux du chikungunya. Dans cet hôpital, comme dans d’autres, le personnel essaie de contrôler la situation. Inévitablement, il y a quelques cafouillages face à cette situation quelque peu exceptionnelle. A hier, 1 298 personnes ont été infectées par cette maladie, dont une trentaine de nouveaux cas pour cette seule journée.

Si les urgences de l’hôpital Victoria accueillent normalement quelque 850 patients, elles se sont retrouvées hier avec 1 071 patients. “Quand vous devez faire face à ce genre de situation, 200 patients additionnels représentent énormément de travail”, soutient un des hauts cadres de cet hôpital. Casse-tête pour les administrateurs qui doivent prévoir plus de médecins et plus d’infirmiers pour gérer le nombre additionnel de malades.

C’est dans le Nord que la situation est la plus difficile. A l’hôpital du Nord, le nombre de patients a presque doublé. Les urgences reçoivent environ 1 500 patients au lieu des 700 habituels. “Nous faisons de notre mieux pour ne pas pénaliser le patient. Car ce nombre conséquent exige que nous prenions plus de dispositions ”, indique-t-on à l’hôpital du Nord.

Scénario semblable à l’hôpital Jeetoo, qui est appelé à gérer plus de 1 500 malades quotidiennement. Il devait auparavant traiter un peu moins d’un millier de patients. Au lieu de six médecins, les urgences prévoient un médecin additionnel.

Dans le Sud, l’hôpital de Rose-Belle ne connaît pas les affres de cette maladie. Le nombre de patients a augmenté de seulement une centaine. Par contre, le personnel de l’hôpital de Mahébourg est submergé. Il doit gérer chaque jour quelque 30 % à 40 % de malades en plus que le service normal.

Il en va de même pour les dispensaires à l’instar de celui de Triolet, où il y a eu une longue attente, lundi. Les patients attendaient jusque dans la rue. Sans compter les moustiques qui ne manquaient pas de jouer les trouble-fêtes !

Sur la brèche

Si les urgences sont prises d’assaut, les admissions ne perturbent pas les hôpitaux, sauf à Victoria. La moyenne d’admissions supplémentaires est d’une trentaine par jour. “Nous avons été obligés de prévoir bien plus d’une trentaine de lits additionnels au cas où nous aurions plus de malades”, soutient-on dans cet établissement.

En attendant que la situation se décante, les professionnels de santé prévoient d’être sur la brèche pour un bon bout de temps encore, vu l’étendue de la maladie.

Par ailleurs, le ministre des Services publics, Abu Kasenally, a, lors d’une réunion lundi, demandé aux responsables du Central Electricity Board, de la Central Water Authority, de la Wastewater Management Authority et de la Water Resources Unit de participer activement à la campagne de démoustication de leurs bureaux et leurs environs. Les rivières et autres cours d’eau tombant sous la responsabilité de l’un de ces organismes seront nettoyés. Les employés travaillant dans des lieux boisés et autres endroits à risques seront pourvus de matériel de protection et de produits anti-moustiques.

CONSOMMATION

Légère baisse du prix des anti-moustiques

■ Le prix de certains produits anti-moustiques doit baisser dès aujourd’hui. Le gouvernement a décidé de les détaxer pour mieux lutter contre le chikungunya, transmis par piqûre de moustique. Le ministère du Commerce a envoyé des inspecteurs chez les commerçants pour s’assurer qu’ils n’abusent pas de la situation. La baisse ne sera pas très conséquente, car les droits de douane ont diminué, voire disparu, sur nombre de ces produits. Les plus touchés sont les diffuseurs électriques et les aérosols, taxés à 30 %. Un responsable d’EAL Man Hin affirme que le prix des diffuseurs devrait baisser d’au moins Rs 15. Quant au prix des aérosols, il devrait diminuer d’au moins Rs 5 à Rs 10. Ce que confirme Vanessa Pyndiah, responsable de marketing de Pharmacie Nouvelle. Elle ajoute que les spirales devraient connaître la même baisse. Les crèmes et lotions ne sont taxées que par la TVA. Unicorn Trading est en rupture de stock. Le directeur, Kumar Guness, affirme qu’il attend aujourd’hui une grosse cargaison d’anti-moustiques de France. Les prix, de Rs 200 à Rs 225, ne devraient pas bouger. Chez Roger Fayd’herbe, la vente d’insecticides se fait à un rythme accéléré, explique un responsable du département, Mike Pacifique. Les produits les plus recherchés qui peuvent être pulvérisés à l’intérieur et à l’extérieur des maisons, sont à nouveau disponibles depuis hier, après une rupture de stock.

PROPAGATION

Deux malades à Rodrigues

■ Une habitante de Rodrigues, revenant de la Réunion, a été atteinte du virus. Le test de cette Rodriguaise d’une cinquantaine d’année s’est revélé positif. Elle n’avait cependant pas été à l’hôpital. Les autorités ont découvert son cas dans le cadre des suivis des inspecteurs sanitaires, après son voyage. Elle est aujourd’hui rétablie. Un autre cas suspect a été admis à l’hôpital.

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