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Les Hossenbakus entre désarroi et reconnaissance
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Les Hossenbakus entre désarroi et reconnaissance
ILS SONT tellement touchés par l?élan de solidarité spontané à leur égard que les Hossenbokus tentent de dissimuler leur désarroi. C?est avec philosophie qu?ils emportaient hier meubles et cartons pour aller s?installer momentanément chez des proches. L?incendie qui a dévasté le Chantier de Plaisance lundi soir a rendu leur maison inhabitable.
Vêtements, livres, objets décoratifs sont empilés pêle-mêle sous la varangue. Les murs sont recouverts des marques noires du sinistre. Et l?odeur âcre de la fumée colle encore aux narines. Ici et là, les façades exposées aux flammes se sont fissurées, rendant les murs friables comme du papier. Le circuit électrique est complètement endommagé. Les panneaux vitrés sont béants. L?une des maisons, au toit de chaume, est presque entièrement détruite.
Au milieu de ce sombre décor, se tient Amanolah Hossenbokus, la soixantaine. Cela fait près de 30 ans qu?il habite cette maison qu?il regarde aujourd?hui d?un air hébété. Il l?a agrandie au gré des mariages de ses trois garçons, aujourd?hui eux-mêmes pères de famille. Ils sont aujourd?hui 17 à occuper les quatre maisons annexes. Ils vont sans doute devoir vivre séparés le temps des travaux.
Si leurs gestes sont un peu mécaniques, c?est qu?Amanolah et les siens ont passé une nuit blanche à veiller sur leurs affaires. Les voisins ont bien voulu héberger les huit enfants. D?un geste lent, l?épouse d?Amanolah ramasse un à un les vêtements qui traînent. Bien qu?abattue, elle n?a que des mots de reconnaissance à la bouche. ?C?est un motard de la police qui nous est, d?abord, venu en aide . Il rentrait chez lui et passait par hasard sur la route Royale quand il a vu l?incendie. Il a fait le détour et n?a pas hésité à se porter volontaire?, affirme cette mère de famille.
Amanolah renchérit. A peine a-t-il eu le temps de réaliser que l?incendie pouvait représenter un danger pour lui et sa famille qu?une vingtaine de personnes, des étrangers pour la plupart, étaient chez lui et commençaient à la vider. ?En moins de vingt minutes, ils avaient évacué le gros de nos affaires?, relate-t-il d?une voix émue. ?Je craignais pour leur vie. Je leur ai dit de laisser tomber mais ils ne voulaient rien entendre. Nous leur sommes très reconnaissants.?
Inquiétude des proches
Hier encore, ils étaient cinq ou six voisins présents aux côtés des familles affligées. Les proches sont venus de loin pour s?enquérir des nouvelles et proposer leur aide. Un des neveux, Amid, compte s?organiser pour accueillir le plus possible de membres de la famille. ?Nous étions très inquiets en écoutant les nouvelles?, confie-t-il.
Leurs échelles appuyées aux colonnes, les techniciens du Central Electricity Board sont indifférents au va-et-vient entre les quatre maisons des Hossenbokus, bien trop occupés à remettre en état le système électrique. ?De nombreux câbles ont fondu à cause de la chaleur. Une partie de la région a été privée d?électricité la nuit dernière?, explique l?un d?eux. Au milieu des cendres encore fumantes, les officiers du Scene of Crime Officers tentent de recueillir des indices qui aideraient à déterminer l?origine de l?incendie.
C?est aux alentours de 19 h 30, que le feu a pris dans l?entrepôt de bois de la famille Wong Chin, le Chantier de Plaisance, situé à l?angle des rues Hugnin et France Boyer. La prompte intervention des pompiers n?a pu empêcher les flammes de gagner tout l?édifice, menaçant les habitations avoisinantes. Plusieurs unités de sapeurs-pompiers, accourues de toute l?île, ont conjugué leurs efforts. Du Chantier de Plaisance, il ne reste aujourd?hui qu?un amas de tôle et des tonnes de bois carbonisés.
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