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Les guerriers de l?ombre
La cinglante victoire de sept combats à deux contre la sélection française, samedi lors de ?La nuit des champions?, était inattendue voire inespérée, mais ô combien prometteuse. Sur le papier, les neuf tireurs de Judex Jeannot semblaient voués à l?échec face aux professionnels français tels que Takari Tounkana, champion d?Europe, Hadir Boumoula, champion du monde, ou encore Djamel Yacouben qui compte plusieurs années d?expérience.
Du courage, il en fallait pour oser monter sur le ring et affronter des adversaires qui ?pesaient? plus lourds qu?eux. La famille du kick-boxing mauricien nous a en tout cas donné une belle leçon d?abnégation et de courage. Les jeunes guerriers ont, avec l?aide de Judex Jeannot, mis l?île Maurice sur la carte mondiale du kick-boxing.
Et ça, le public l?a senti dès la première rencontre. Un public pas forcément connaisseur qui a, pourtant, su apprécier à sa juste valeur le talent et surtout le potentiel des tireurs mauriciens, dont la principale qualité est d?avoir eu le courage de vivre leurs rêves.
On a du mal à comprendre qu?un kick-boxing aussi riche peine à se frayer un chemin au panthéon du sport mauricien sous prétexte que cette discipline n?est pas olympique.
Les opportunités s?offrent rarement à cette famille qui sait se serrer les coudes et qui poursuit sa route malgré les difficultés, qui ne s?est jamais laissé gagner par la désillusion ou par la peur de l?échec. Bref, dans ce monde très particulier, il semble que l?échec n?existe pas, ou plutôt, le kick mauricien a sa propre interprétation de l?échec. L?échec pour ces guerriers c?est l?expérience, un obstacle de plus à surmonter et qui le sera d?ailleurs.
Il fallait une telle soirée pour que l?ensemble de la population réalise que les exploits internationaux ne viennent pas uniquement des Buckland, Milazar et Chimier. Que le sport de haut niveau à Maurice se conjugue au pluriel et que le kick-boxing en fait bien partie.
Ces quelque deux mille personnes présentes, samedi, à Grand-Baie, ont vécu un des plus grands moments de leur vie. Ils ont surtout découvert un univers trop souvent relégué au second plan, dans l?ombre des autres disciplines. Ils ont compris qu?il y a chez nous de grands champions, des vrais, ceux qui gravissent des montagnes à la force de leurs poings et de leurs pieds. Des hommes d?exception qui, espérons-le, seront désormais vus sous un nouveau jour.
Samedi, la population mauricienne a renoué avec cette belle sensation, celle générée par la passion. Cette chose qu?on appelle sport passion. Un merci ne suffirait pas. Il faut que les autorités concernées agissent et aident ce sport qui est promis à un bel avenir.
Grâce à cette soirée des champions, nous sommes sortis de notre rêve, c?est un retour à la réalité subi à coups de poing et de pied. On appréhendait d?affronter cette réalité de peur d?être déçu, mais ces kick-boxeurs mauriciens nous ont aidés à ôter nos visières. On s?imagine déjà dans le gratin du kick mondial, ce n?est plus qu?une question d?aide financière car tout le reste existe déjà?
Bref, ces ?petits? Mauriciens ont cloué le bec à leurs vis-à-vis français mais aussi à ceux qui n?osent pas croire en eux, car le kick-boxing reste un sport non reconnu. Et même si les adeptes du kick-boxing ne sont pas des olympiens, ils restent des sportifs de haut niveau.
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