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?Les gens cherchent aujourd?hui des alternatifs au dépôt bancaire?

13 décembre 2006, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

● <B> Pouvez-vous nous expliquer brièvement les activités d?Investment Professionals ? </B>

Investment Professionals est une société de gestion de fonds. Nous gérons des actifs de plus de Rs 4,5 milliards. 50 % de nos investissements sont investis sur le marché boursier local. L?autre moitié de notre portefeuille est placé dans différents types d?actifs (actions, obligations, immobilier) dans différentes devises sur le marché international.

Nous détenons trois licences de la Financial Services Commission, notamment pour distribuer des produits financiers, pour administrer des portefeuilles et pour gérer des fonds. Ces derniers sont aujourd?hui P.O.L.I.C.Y Limited, IPRO Growth Fund et Policy Growth Fund.

Nous avons une trentaine d?employés, incluant une équipe de gestionnaires de fonds et d?analystes. Nous offrons une large gamme de produits pour tous types de clientèle. Il faut préciser toutefois que nous ne sommes pas des courtiers en Bourse.

<B> Quel a été l?impact de la nouvelle taxe sur les intérêts sur l?activité d?investissement ? </B>

Le fait de venir taxer à la source les intérêts semble avoir eu un impact notable sur l?investissement. Il semble que la bonne performance de la Bourse ces derniers mois est largement attribuable à une migration des dépôts bancaires vers le marché boursier.

Les déposants sont en train de chercher des alternatives aux dépôts bancaires traditionnels. L?investissement en devises n?est donc pas possible en raison d?un manque de monnaies étrangères sur le marché.

Les individus se sont donc tournés vers la Bourse.

Cependant, les fonds d?investissements ont souffert d?une incertitude qui a prévalu pendant quatre mois, relative au Capital gains tax. Cela a quelque peu contrarié notre stratégie de marketing. Maintenant que la situation s?est éclaircie, nous pouvons proposer nos fonds à capital variable. Ces produits offrent une meilleure liquidité qu les actions en Bourse dans la mesure où l?investisseur peut vendre son investissement à n?importe quel moment, sans frais.

?La gestion professionnelle de ces fonds permet de générer des retours intéressants d?autant plus que les frais des sociétés de gestion à Maurice sont très bas.?

● <B> Quels en sont les autres avantages ? </B>

Les investisseurs ont accès à une diversification qui apporte une certaine sécurité, tout en offrant des retours attrayants, supérieurs à 20 % en moyenne par an au cours des cinq dernières années. La gestion professionnelle de ces fonds permet de générer des retours intéressants d?autant plus que les frais des sociétés de gestion à Maurice sont très bas.

● <B> Pensez-vous que les Mauriciens sont en train de développer une nouvelle culture d?investissement ? </B>

En tout cas, les Mauriciens s?intéressent de plus en plus à ces opportunités d?investissement. Traditionnellement, la majorité de l?investissement à Maurice s?est faite à travers les banques et les compagnies d?assurance ou encore en achetant des biens immobiliers. Nous proposons une alternative par rapport à l?assurance, par exemple. Les avantages fiscaux liés aux produits d?assurance-vie n?existent plus. En termes de produits d?investissement, nous sommes maintenant sur un pied d?égalité avec les sociétés d?assurance.

La performance d?un open-ended fund est généralement supérieure à celle d?un produit d?assurance et il peut être revendu plus facilement. Je constate davantage d?intérêt de la part des Mauriciens pour les fonds d?investissement. Il y encore un travail d?explication à faire pour démontrer pourquoi les opportunités des fonds d?investissement sont intéressantes.

● <B> Le marché boursier local manque de profondeur et de diversité. Que faudrait-il faire pour améliorer la situation ? </B>

Il faut encourager à la fois l?offre et la demande des produits d?investissement. Il y a actuellement une centaine d?actions cotées sur le marché officiel et sur le Development and Enterprise Market (DEM). Il faut diversifier l?offre de produits offerts par la Bourse. En même temps, il importe d?encourager les sociétés qui sont déjà listées à augmenter leur capital sur le marché.

Pour rehausser la demande, il faut faire la démonstration aux investisseurs que l?investissement en Bourse est une opportunité intéressante sur le long terme.

Favoriser une culture d?equity investment à Maurice est le travail de toute une industrie. La démarche doit engager les autorités boursières, les gestionnaires de fonds et les courtiers, entre autres.

● <B> Quelles sont les principales raisons derrière la bonne performance de la Bourse cette année ? </B>

Il faut constater que l?année 2006 sera une des meilleures années, avec 1993 et 1994, du Stock Exchange of Mauritius (SEM) depuis la création du marché en 1989. Les indices boursiers ont été marqués par plusieurs événements majeurs cette année. La Mauritius Commercial Bank (MCB) a annoncé le rachat des parts de Lloyds. La State Bank of Mauritius (SBM) a annoncé un programme de rachat d?actions. New Mauritius Hotels (NMH) a lui aussi annoncé plusieurs projets importants. Sun Resorts procède, de son côté, à une importante restructuration.

Les initiatives de ces blue chips sont toutes très favorables aux actionnaires. Cela a une incidence positive sur le marché dans la mesure où ces annonces ont rehaussé la demande pour les actions en Bourse.

Il y a eu une bonne dynamique sur le marché cette année à travers plusieurs événements majeurs qui ont contribué à faire de 2006 une excellente année en termes de performance.

● <B> Les grosses compagnies publiques ont-elles une meilleure considération de leurs actionnaires ? </B>

Les conseils d?administration travaillent davantage pour les bénéfices des actionnaires et pour leur retourner plus de valeur.

Il y a aujourd?hui plus de transparence dans les compagnies. Les rapports annuels sont plus complets. Je constate aussi qu?il y a une meilleure communication des compagnies avec les gestionnaires de fonds.

● <B> United Docks Ltd (UDL) a eu à changer son conseil d?administration en plein mandat. Prévoyez-vous d?autres bouleversements de ce genre dans le monde du business à Maurice ? </B>

Les conseils d?administration de NMH, MCB, SBM et Sun Resorts ont démontré un certain dynamisme en annonçant cette année des projets importants. Le cas de United Docks prouve qu?une compagnie qui ne présente pas de projets régulièrement à ses actionnaires, ne joue pas le rôle que les actionnaires attendent aujourd?hui.

● <B> L?emphase sur l?actionnaire ne risque-t-il pas d?encourager une vue à court terme du développement de la société ? </B>

Il ne faut pas exagérer non plus au niveau des projets qui ont un impact à très court terme et qui font monter le prix des actions d?une compagnie pendant un certain temps. Il suffit que l?entreprise soit dynamique et qu?elle vienne chaque année avec des initiatives qui feront progresser la valeur de la compagnie de manière plus durable.

Les équipes de management sont nommées par le conseil d?administration qui est lui-même nommé par les actionnaires. Si les directeurs ne font pas leur travail correctement, ils courent le risque de se faire remplacer. Cela oblige tout le monde à travailler.

● <B>Plusieurs grosses entreprises, notamment les conglomérats, sont en train de se recentrer autour de leur corps de métiers. Dans quelle mesure cette dynamique aide-t-elle à libérer de la valeur pour l?actionnaire ?

Les actionnaires et les directeurs de ces compagnies réalisent à juste titre qu?un conglomérat trop diversifié ne peut générer une croissance très importante. Il faut se recentrer autour de certaines activités de base.

Ces compagnies ont créé des unités qui sont gérées de manière autonome. Il est plus logique de se concentrer sur deux où trois activités au lieu d?être perçu comme une entité qui investit dans tous les secteurs. Un conglomérat ne retourne généralement pas de la valeur de manière optimale à ses actionnaires.

Propos recueillis par <B> Akilesh ROOPUN</B>

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