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Les frères ennemis

20 janvier 2004, 20:00

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L?Afrique de l?Ouest est bien au rendez-vous de cette 24e Coupe d?Afrique des Nations. La poule B, composée du Sénégal, du Burkina Faso, du Mali et du Kenya est là pour l?attester. Si les Lions de la Terenga partent amplement favoris, les Aigles du Mali comptent bien montrer leurs progrès et leur disputer la suprématie régionale. Les Etalons du Burkina les suivent de peu et pourraient se révéler dangereux. Les Harambee Stars du Kenya paraissent loin des trois autres concurrents.

31 mai 2002 en Corée du Sud : 30e minute de jeu. Qui a oublié ce débordement historique de l?ex-Sang et Or El Hadji Housseini Diouf sur son aile gauche, médusant au passage Franck Leboeuf par un geste technique de haute volée, suivi d?un centre parfait, aux six mètres, pour les interminables jambes du géant sénégalais Papa Bouba Diop.

Un tacle rageur et victorieux qui a fait vaciller les Bleus, meilleure équipe du monde et tenante du trophée le plus convoité de la planète. La victoire sénégalaise face à la France a été la sensation du Mondial 2002.

C?est ainsi que s?est révélée au monde du football cette insolente et talentueuse équipe africaine ? méconnue jusque-là ? dirigée à l?époque par le Français Bruno Metsu.

C?est pourtant au terme du 10 février 2002, lors de la fameuse finale perdue aux tirs au but contre les Lions Indomptables du Cameroun à Bamako, que la légende des Sénégalais a commencé réellement à s?écrire en lettres d?or.

<B>Le Mali en outsider</B>

Les coéquipiers de Toni Sylva et d?Henri Camara avaient impressionné tous les spécialistes en marquant de leurs griffes la CAN 2002. En Afrique, on a su dès lors que le Lion de la Terenga savait rugir autant que le Lion Indomptable.

L?arrivée de Guy Stephan à la place de Metsu n?a en rien déstabilisé l?ossature et le jeu léché du Sénégal.

La ligne d?attaque a été renforcée par les arrivées de Lamine Sakho (Leeds), qui a été préféré à Souleymane Camara (Monaco), et de Mamadou Niang (Strasbourg).

Le Sénégal est l?autre favori de la compétition avec le Cameroun. Reste à savoir qui va animer l?entre-jeu des Lions, sachant que Khalilou Fadiga n?a pas été retenu par manque de compétition. L?une des autres interrogations concernant cette équipe est l?excès de confiance des joueurs.

On a entendu dire après la défaite en finale de la CAN des Lions du Sénégal, ?qu?un lion blessé dans son orgueil en valait deux?.

Les Aigles du Mali le savent bien. Des Sénégalais, ils connaissent quasiment tout et leur jeu n?est pas loin de ressembler aux leurs.

Si lors de la dernière édition de la CAN au Mali, beaucoup de supporters avaient soutenu leurs voisins, il ne fait aucun doute que cette année les Maliens n?auront d?yeux que pour les Vert et Jaune. À juste titre, leur objectif est de viser plus qu?une quatrième place comme cela a été le cas en 2002.

Le Mali, entraîné par Henri Stambouli, a désormais passé un cap : celui de la maturité.

Les Aigles, mis à part l?expérience du haut niveau, n?ont rien à envier aux grandes équipes que sont le Cameroun, le Nigeria, l?Egypte ou le Sénégal. Frédéric Kanoute (Tottenham), en pointe, va être l?arme fatale offensive des Aigles, soutenu en milieu de terrain par les très techniques et non moins besogneux Mahamadou Diarra (Lyon), Seydou Keita (Lens) ou encore du ?Français? évoluant en Liga Mohamed Sissoko ( FC Valence) qui pourvoiront les attaquants en bons ballons.

La solide défense malienne avec entre autres, le Lensois Adama Coulibaly et le très physique Niçois Sammy Traoré, devra être déterminante lors du ?derby du siècle? contre le Sénégal, le 2 février, à Tunis. Les Aigles contre les Lions. Nul ne peut prédire le vainqueur. Ce qui est certain, c?est que le match va être féroce et que les deux équipes ont des chances d?atteindre la finale.

Le Burkina Faso à l?affût </B>

Au pays des hommes intègres, le football a également droit de cité. Depuis une dizaine d?années, la Fédération burkinabaise a mis en place une politique de formation, dont le joyau est l?attaquant guingampais Moumouni Dagano. Les hommes de Jean-Paul Rabier connaissent leur limite. Le Kenya est à leur portée.

Face au Mali et au Sénégal, l?affaire est plus difficile. L?atmosphère si particulière des derbies peut néanmoins amener une surprise. N?étant pas à une surprise près, ils savent aussi qu?en football tout est possible. En 1998, les Etalons s?étaient hissés à la quatrième place de la CAN.

Le Kenya s?est qualifié pour sa 4e CAN. Des difficultés financières ont failli empêcher les Harambee Stars de participer à celle de cette année. Le fait d?être là est déjà une victoire en soi pour les joueurs.

Après douze années d?absence, le Kenya est donc de retour. La seule équipe anglophone du groupe va miser comme à l?accoutumée sur son physique et tenter de remporter enfin une victoire dans cette compétition.

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