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Les Français se prononcent sur la Constitution européenne

30 mai 2005, 00:00

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Quarante-deux millions d?électeurs ont été convoqués aux urnes dans 64 000 bureaux de vote hier en France pour se prononcer par référendum sur la Constitution européenne. Les français doivent répondre ?oui? ou ?non? à la question suivante : ?Approuvez-vous le projet de loi qui autorise la ratification du traité établissant une Constitution pour l?Europe ??

Et à midi hier, la participation était de 25,08 % contre 20,39 % lors du référendum sur la traité de Maastricht en 1992, à la même heure, a expliqué le ministre de l?Intérieur. A Paris, la participation à la mi-journée atteignait 18,2 %, un taux supérieur à celui enregistré à la même heure pour Maastrich en 2004 pour les européennes. Et si les pronostics des sondages se vérifient, le référendum devrait se solder par un rejet du texte et ouvrir une crise à l?échelle européenne.

Le président Jacques Chirac a voté en fin de matinée avec son épouse à Sarran, en Corrèze. Apparemment décontracté, le président, qui a appelé vendredi dernier les Français à voter ?oui?, s?est attardé à des discussions avec les électeurs et s?est prêté à une séance d?autographes sur des bulletins de vote, mais n?a pas souhaité faire de déclaration.

L?ancien Premier ministre socialiste Laurent Fabius, un des chefs de file du ?non? a voté dans sa commune du Grand-Quevilly (Seine-Maritime) ?Je serai au calme. J?écouterai et regarderai les résultats Je n?ai pas prévu de déclarations, ni d?aller sur les plateaux (de télévision) Je vote, point à la ligne?, a-t-il lancé aux journalistes.

<B>Les sondages prévoient une victoire du ?non?</B>

Il s?agit cette fois du 9e référendum organisé depuis les débuts de la Ve République en 1958. A la mi-journée des élections de 2002 et 2004, les taux étaient plus faibles : 13,62 % aux élections européennes de 2004; 18,48 % au premier tour des élections régionales de 2004; 21,4 % au premier tour des élections présidentielles de 2002. Seul le second tour des élections présidentielles de 2002 avait donné lieu à une plus forte participation à la mi-journée (26,19 %).

Samedi, 921 000 électeurs étaient appelés aux urnes hors de la métropole notamment dans l?archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon, en Guyane, en Guadeloupe, en Martinique, en Polynésie, en Nouvelle-Calédonie et à Wallis et Futuna. La participation dans les quatre premiers territoires, en moyenne de 25,12 %, était faible mais néanmoins supérieure à celle du référendum sur le traité de Maastricht en 1992 (20,34 %), a-t-on appris au ministère de l?Intérieur.

Saint-Pierre-et-Miquelon (6 300 habitants) a la palme de la participation avec 39,11 %, devant la Martinique (28,37 %), la Guyane (23,15 %) et la Guadeloupe (22,21 %).

Plusieurs centaines de milliers de Français résidant sur le continent américain ont aussi déjà voté samedi. Alors que les principales forces politiques de droite et de gauche soutiennent le ?oui?, les sondages prévoient une victoire du ?non?, défendu par l?extrême-droite, l?extrême-gauche, le PCF et quelques personnalités socialistes et de droite.

Les enquêtes le créditent d?un score allant jusqu?à 56 %. Les trois dernières enquêtes publiées vendredi ont annoncé dans deux cas une hausse des intentions de vote pour le ?non? et dans un cas une hausse du ?oui?, qui reste cependant minoritaire.

Les partisans du ?oui? espèrent une remontée de dernière minute, comme en 1992 où le ?oui? au traité de Maastricht, après une campagne incertaine, l?avait finalement emporté.

Certains partisans du ?non? prévoyaient déjà de célébrer leur victoire place de la Bastille à Paris hier soir. La secrétaire nationale du PCF Marie-George Buffet, qui appelle au vote négatif, a annoncé une déclaration au siège de son parti dès l?annonce des résultats à 22h00.

<B>Turbulences après le scrutin</B>

Le traité constitutionnel a déjà été approuvé dans neuf Etats membres, dont l?Allemagne vendredi. Il apporte de nouvelles règles de votes au sein du conseil européen destinées à faciliter les décisions, institue un président et un ministre des Affaires étrangères de l?Union et énonce une série de grands principes.

Si la France rejetait le traité, la procédure de ratification se poursuivrait dans les autres pays jusqu?au 1er novembre 2006, date à laquelle les gouvernements des 25 se réuniront pour établir un état des lieux.

Dès mercredi, les Pays-Bas, autre nation fondatrice de la communauté européenne, voteront lors d?un référendum où les sondages prédisent une victoire du ?non?.

En France, le scrutin pourrait déboucher dès la semaine prochaine, quel que soit le résultat, sur un départ du Premier ministre Jean-Pierre Raffarin. Des turbulences sont également attendues au parti socialiste, qui s?est fortement divisé sur le traité.

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