Publicité

Les frères Rabaude chaussent les cheveux

13 septembre 2003, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Sur une grosse porte verte, un fer à cheval est accroché. Passage obligé pour les chevaux. On est à la forge du club hippique de Guy Desmarais. Patrick et Alain Rabaude ferrent chacun un cheval. Impossible de leur parler. Penchés sous les

chevaux, ils ont des clous pleins la bouche. La posture semble dangereuse, mais nos deux compères en ont l?habitude et savent mater les chevaux récalcitrants. Lorsque les maréchaux-ferrants se lèvent un instant, c?est pour battre le fer sur une enclume, le réajuster. Le vacar-me est parfois assourdissant et quand un cheval lâche du crottin pendant qu?on le chausse, vous devinez le parfum? Les deux frères ont commencé le métier très tôt.

Ils n?avaient alors que douze ans. « Le goût du métier m?est venu en accompagnant mon oncle, qui était maréchal-ferrant », explique Alain. Depuis, tous deux sont restés fidèles aux chevaux et à leur métier. Ils ont même entraîné un cousin sur leurs traces. Leur rôle consiste en quelque sorte à veiller à ce que les chevaux aient toujours « bon pied bon ?il ». « On taille les sabots, on coupe les repousses. On nettoie les pattes des chevaux, ensuite on rectifie le fer qu?on pose à l?aide d?un marteau, de pinces et de clous », explique Patrick. Tout ça doit faire mal aux chevaux pense-t-on.

Patrick nous rassure : « Leurs sabots, c?est comme les ongles, il faut les couper. Le fer sert de chaussures, il protège leurs pattes ».

Pendant que Patrick et Alain rectifient les défauts d?aplomb, leurs assistants sont dans les box. Ils déferrent les chevaux. Parfois, ils sont là pour le finish. Jean-Gérard Antoinette, par exemple, est arrivé à temps pour passer un coup de râpe sur le sabot et enlever les pointes de clous qui dépassaient.

Il veut aussi être maréchal-ferrant.Une fois le travail terminé, les maréchaux-ferrants regardent partir les chevaux pour s?assurer que le fer est bien adapté, qu?il n?y a pas de clous mal brochés.

Le prochain rendez-vous avec ces bêtes est dans trois semaines environ. Alain aime bien avoir affaire aux mêmes « clients », car il pense que les chevaux reconnaissent leur maréchal-ferrant. Ils sont alors beaucoup plus dociles. Mais les maréchaux-ferrants n?ont pas fini leur tâche. Ils doivent ferrer huit chevaux par jour en moyenne. C?est ce qu?on appelle? ferrer le cheval.

Publicité