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Les feux ardents de Bollywood
« In India, cinema is next to religion, » nous expliquait Amrira Arora, lors du tournage de Girlfriend. Cette actrice, qui n?en était qu?à ses débuts , a décrit en quelques mots, le phénomène Bollywood. En Inde, le cinéma, fait office de culte. Les films qui sortent en salles, sont codifiés et doivent répondre aux attentes du public, sinon, il n?a aucune chance de marcher au box-office. La société indienne se met en scène dans chacun de ses films et chacun d?entre eux, obéit à des règles strictes. Un film doit durer trois heures, il peut dépasser ces trois heures, mais jamais durer moins de deux heures. Chaque film, doit comporter au moins trois danses et six chansons. L?intrigue principale, qui prône à la fois l?amour vrai selon des valeurs traditionnelles et religieuses, doit comporter une sous-intrigue comique. Chaque jour, en Inde, pas moins de quatorze millions d?Indiens se rendent dans les vingt mille salles obscures du pays, et chaque année, ce sont 800 films qui sont produits.
Continent inexploré
Si en Inde, la culture cinématographique est fortement installée dans les m?urs, Bollywood s?exporte de plus en plus, depuis que Devdas, le chef-d??uvre de Sanjay Leela Bhansali, a été présenté à Cannes et que Lagaan d?Ashutosh Gowariker, a été nommé à l?Oscar du Meilleur film étranger.
« Des films comme Devdas trouvent un public de plus en plus large, en Occident et ailleurs, parce que nous sommes restés fidèles à nos principes. Nous avons tourné le même genre de films, sans nous préoccuper d?autre chose que du public. Nous n?avons pas changé, mais nous avons fortement progressé, » explique Sanjay Leela Bhansali. Depuis, Bollywood est devenu le «continent inexploré » du monde.
Jadis, le cinéma « made in Bollywood », était considéré comme un cinéma exotique, délirant, voire un peu farfelu. « Le film de Bollywood est, par définition, une expérience particulière. Tout y est codé, soumis à la loi d?une formule immuable : combats, chansons, danses et mélange des genres, quasi obligatoire et le public en veut pour son argent, » explique le critique David Chute. Dans le jargon populaire, on appelle ce mélange de genres si particulier, le « film massala ». Ces conventions bollywoodiennes, qui peuvent « déranger » certains cinéphiles, semblent aujourd?hui trouver un nouveau public. « Si le cinéma bollywoodien s?ouvre à un plus vaste public, c?est parce qu?il est aux antipodes du cinéma américain. Le cinéma indien est plus kitsch, plus drôle et toujours divertissant. Les acteurs multiplient les talents et c?est à la fois un régal pour les yeux et pour les sens, » explique Kareema, fan de cinéma indien. « Les histoires sont plus ou moins les mêmes. Ce qui fait la différence, ce sont les chansons et les chorégraphies. C?est dans l?approche des numéros dansés, qu?un réalisateur peut s?affranchir ou innover. Les nuances les plus importantes du récit, sont contenues dans le texte des chansons, souvent écrites par de grands poètes, » ajoute Neerad. « Les plaisirs intenses que me procurent les films de Bollywood, me viennent quasi exclusivement des chansons, » renchérit, Ryaz.
Chez nous, comme partout dans le monde, notamment en Afrique, au Moyen-Orient, en Amérique du Sud, mais surtout en Angleterre, où l?importante communauté indienne reste fidèle au cinéma « made in Bollywood », ce cinéma est distribué par des sociétés spécialisées.
Outre les distributeurs pour les films joués en salle, CD, VCD et/ou DVD, trouvent preneurs.
Sunil Gopee, directeur de la société Original Worldwide Movies, représentante exclusive des sociétés telles que Eros International, Venus tapes & records, World Entertainment Group, entre autres, distribue des films originaux, sur VCD et DVD, sur le marché local. Sa société a distribué, par exemple, 5000 VCD de Main Hoon Na, ainsi que 500 DVD du même film, sur le marché local. Original Worldwide Movies, première société locale à avoir sous-titré les films indiens en français, pour le marché réunionnais, distribue également des DVD sur ce marché.
Divertissement
Une fois les commandes placées auprès des sociétés indiennes, la compagnie de Sunil Gopee, récupère sa commande par avion. Le prix par VCD, s?élève parfois à trois ou quatre dollars américain, incluant la taxe et les frais d?avion. Le « wholesale price », par VCD, s?élève entre Rs 130 et Rs 135. Les coûts pour la distribution de films en salle, peuvent tourner autour de 3 à 5 millions de roupies, pour des blockbusters, avec un certain Shah Rukh Khan à l?affiche. Pour de plus « petits » films, le coût s?élèverait entre Rs 300 000 et Rs 500 000.
Si Baz Luhrman recycle l?imagerie de Bollywood dans son flamboyant Moulin Rouge !, que la musique d?A.R Rahman triomphe à Londres et déménagera bientôt pour Broadway, c?est que Bollywood est en train de conquérir quelques-uns des plus grands marchés du spectacle, du divertissement et du bon goût. Si Amitabh Bachchan, véritable dieu vivant de Bollywood, rappelait lors du dernier Festival de Deauville, que « le cinéma commercial indien a trop longtemps été méprisé et tourné en dérision, » la star du millénaire doit sans doute se réjouir de la place de plus en plus grandissante que le cinéma indien occupe désormais à l?échelle mondiale.
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