Publicité

Les femmes entrepreneurs exposent leurs déboires

30 août 2008, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

«Ce n?est pas aussi facile qu?on veut le faire croire. Obtenir du crédit auprès de la Development Bank of Mauritius demeure toujours aussi pénible pour les petits entrepreneurs, fussent-elles des femmes», lance Nazima Peroo, cette femme de 35 ans, entrepreneur. Son entreprise, Naz Star Trading, située à Pailles, est spécialisée dans la fabrication de sacs de tous genres. «Les femmes entrepreneurs ont cru qu?avec le nouveau budget de l?Etat, les choses deviendraient plus faciles pour elles. Surtout avec ce prétendu programme de facilités de crédit visant à encourager l?entrepreneuriat féminin. Il n?en est rien», continue cette petite femme au regard franc et intelligent. «Il faut exporter nos produits dans la sous-région, car le marché mauricien est devenu trop petit pour nous tous. J?ai alors demandé à la DBM, un crédit, entre Rs 150 000 et Rs 200 000, pour l?achat de matières premières, dans le but d?accroître ma production. La banque m?a demandé de produire deux personnes garantes, des fonctionnaires ayant un salaire minimum de Rs 10 000, avant de m?opposer un refus. Elle ne finance, essentiellement, que des achats d?équipements, m?a-t-on expliqué. Les demandes de prêt pour s?approvisionner en matières premières, ne sont financées qu?à 30 %. Mais mon problème c?est les matières premières car j?ai suffisamment de machines pour assurer la production. Quel paradoxe ! On souhaite que les entrepreneurs voient grand, qu?ils aillent à la conquête des pays de la région et on n?est pas en mesure de leur accorder un crédit de Rs 150 000», déplore Nazima Peroo de Naz Star Trading

De petits entrepreneurs désabusés comme Nazima Peroo, on en compte des dizaines. Pour d?autres femmes, celles qui sont encore à l?étape de la création de leur entreprise, l?histoire n?est pas très différente. Les programmes orientés Women Empowerment, au lendemain du discours du budget, ont en effet suscité de grands rêves au sein de la gent féminine. Plusieurs femmes, réduites au chômage, ont pensé avoir trouvé une porte de sortie. Des centaines de petits projets, tels que l?élevage de volaille, la transformation de légumes, la couture, l?artisanat, la vannerie, entre autres, ont été soumis à la DBM. Des crédits de Rs 50 000 ou de Rs 100 000, sont octroyés sans aucune garantie par la banque. Mais aujourd?hui, l?engouement de ces futures femmes entrepreneurs s?est un peu émoussé, au fil des semaines d?attente et surtout, de silence «administratif». «On ne nous appelle même pas. On ne sait pas, jusqu?à présent, si nos dossiers ont passé le test du board, s?ils sont acceptés ou rejetés», se lamente une aspirante patronne qui n?a pas voulu être nommée.

Mais pour le Directeur général de la DBM, Bennyram Chooramam, il y a parfois une mauvaise compréhension au niveau des clients. «En trois ans, nous avons déboursé Rs 893 millions pour le financement des PME. Nous avons un plan de financement de matières premières. Que cette dame vienne me voir. Je lui garantis que son projet sera financé à 100 %. Ma porte reste ouverte à tous les clients. Concernant les personnes qui sont au stade de la création d?entreprise, qu?elles sachent que nous travaillons avec l?Empowerment Programme. La DBM doit étudier avec cette institution, les projets de chaque demandeur, pour s?assurer que l?argent sera utilisé à bon escient. Comme pièces à fournir, on demande une cotation du fournisseur, afin que le crédit soit versé directement au compte de ce dernier. Mais certaines personnes ne comprennent pas cela. Elles veulent de l?argent facile. Mais nous, nous avons tiré des leçons de nos expériences», soutient Bennyram Chooramam.

Info Pratiques

La «SME Trade Fair» est ouverte jusqu?à demain. Les heures d?ouverture sont étendues jusqu?à 20 heures aujourd?hui. Le «Zoma» au Caudan prend fin pour sa part aujourd?hui. Les exposants y sont présents de 10 heures à 18 heures.

Publicité